Oleg Curbatov – Vision 2007

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« je vais prendre une métaphore de « Matrix » : deux parties « Matrix basique 1» et « Matrix reloading et revolution 2», et c’est tout ! Le web 2.0 doit être à la fois « reloading et revolution. »;.. »

« De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
De couleur « mauve » qui m’a donné une certaine créativité, sincérité et continuité pour développer le  Marketing ». LOleg Curbatova couleur qui se marie bien avec d’autres couleurs et approches comme l’ingénierie organisationnelle et le knowledge management, le marketing de procuration et le customer empowerment, etc. ; cette diversité multi-colorante des approches m’a amené à voir tout dans l’unité complexe des compétences émergentes.
Des rencontres intéressantes et collaboratives, des amitiés et des amours qui m’ont croisé au moment où je ne m’y attendais pas et qui ont débouché sur des projets passionnants et des publications ayant davantage de maturité et de réflexion, notamment chez Nextmodernity. Le nouveau programme d’enseignement du Knowledge Marketing dans les universités et au sein des entreprises et des institutions publiques.

« Comment voyez – vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ? »
« Tout d’abord le « Knowledge Marketing 2.0 » qui soutiendra le modèle socio-économique du web 2.0 dans une perspective « intelligence DU client ». Nous en avons parlé dans une première approche dans a perspective d’intégrer les connaissances, les compétences des clients dans les activités et la chaîne de valeur d’entreprises. Maintenant nous nous immergeons dans une phase supérieure sans négliger la participation du consommateur, lui permettant de créer des expériences intelligibles et d’apprendre en utilisant des compétences extérieures, de devenir un vrai expert, d’accepter les contradictions, de conquérir l’« inconnu », de détourner le « connu » en « nouveau », de le partager et de réagir au sein des communautés, d’élaborer les scénarios et de les mettre en pertinence dans leur blogs, dans les propositions d’offres par les entreprises, de se battre contre des illusions souvent imposées par certains acteurs économiques et politiques, etc. »

 « Quelles sont  vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ? »
« Mon espoir est de pouvoir défendre l’économie et l’Etat Français fondés sur la connaissance et l’intelligence des acteurs économiques et politiques. La crainte est toujours liée à la multiplication extrême et inutile des approches socio-économiques. C’était le cas avec le marketing (jusqu’au 200 approches) et puis le regroupement sous 15 tendances majeures par Louyot-Gallicher et Cova en 2006 (voir le schéma). Aujourd’hui il a y déjà pas mal de polémiques vis-à-vis du web 2.0, comme 3.0…etc !  Je vais prendre une métaphore de « Matrix » : deux parties « Matrix basique 1» et « Matrix reloading et revolution 2», et c’est tout ! Le web 2.0 doit être à la fois « reloading et revolution », c’est à dire assurer l’appropriation des acquis et assurer leur continuité, c’est la même chose pour le Knowledge Marketing ! Je pense que l’intelligence des acteurs va rétro-agir ici sur la perspective l’intelligence elle même, c’est-à-dire qu’il va falloir choisir l’essentiel pour pouvoir progresser dans le bon sens, et cela est mon espoir pour 2007 ! « 

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
« Oui, le projet de « Customer Empowerment » et de « Knowledge Marketing » qui est mené actuellement au sein de R&D EDF suite à l’étude Delphi « Perspective du Marketing relationnel à l’horizon de 2015 » et qui doit être achevé bientôt. Je félicite les collègues d’EDF et ses partenaires autour de ce projet pour ce développement ! Puis, un projet tutoré sur la méthode opérationnelle du « Knowledge Marketing » en 2007 avec les étudiants de TC de l’IUT de Saint-Denis qui permettra de valoriser les acquis et d’élargir la perspective 2.0 ! »

 

Bio : Oleg Curbatov est enseignant chercheur en Marketing à l’Université Paris 13, il est l’auteur d’une thèse sur le Knowledge Marketing

François Laurent – Vision 2007

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« …que demain, les consommateurs retrouvent – mutatis mutandis – les produits de leurs souhaits dans les rayons des grandes surfaces avec un petit sigle pour souligné qu’ils ont participé à leur élaboration. »

« De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
« Mon problème, pour vous répondre avec justesse, c’est que je suis… daltonien ! Je m’en suis même ouvert sur mon blog, et ça m’a permis de me faire des tas de copains de galère : normal, 10% des hommes sont daltoniens. Pas vous ? Etrange…
Sinon, je dirais que l’année a été plutôt chamarrée… pour ne pas dire bousculée ! Mais peut-être l’expérience qui m’a le plus marqué, c’est la découverte d’un groupe américain : Clap Your Hands Say Yeah. François LaurentUn peu comme leurs lointains cousins des Artic Monkeys, ils se sont hissé au sommet des hit parades simplement parce que les internautes ont aimé leur musique et l’on promu de blog en blog.
Et en plus, leur musique possède une fraîcheur qui manque aux britanniques !
Clap Your Hands Say Yeah, ou les Artic Monkeys, c’est l’émergence d’un No Marketing que les businessmen américains prennent très au sérieux – enfin certains ! C’est surtout l’idée que non seulement les citoyens ont repris le pouvoir et que certains marketers se découvrent soudain débordés et impuissants.
La musique, mon domaine de compétence ? Bien sûr : des centaines de disques à la maison, vinyles et CD, des premiers Soft Machine au premier opus des Raconteurs. Pour moi, vivre le marketing, ce n’est pas simplement réfléchir sur des séries de chiffres, c’est aussi se comporter comme un simple citoyen… comme un autre. »

« Comment voyez-vous 2007, quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine  ?« 
2007 sera en France une année politique majeure… alors on verra fleurir du buzz politique, du commentaire politique sur le Web, et les cartes de la blogosphères seront politiques. Pendant ce temps, des gens comme vous et moi prendront des initiatives, que bien évidemment les commentateurs avisés – marketers, businessmen et autres journalistes – ne verront pas vraiment, faute de regarder dans la bonne direction. Ce que seront ces initiatives ? Je n’en sais rien, mais ça va fourmiller de partout… comme en 2006, d’ailleurs. Le commerce va se réveiller avec des milliers de français moyens en train de vendre et acheter – dans cet ordre là précisément – sur eBay ou ailleurs ; et les majors avec des artistes qui renonceront à enregistrer des CD pour se consacrer uniquement à la scène…
Ça, encore, on s’y attend, les signaux faibles ont été repérés ; pour les reste, il conviendra de scruter l’horizon avec la plus grande prudence : nous voici à l’aube d’une – de plusieurs – année formidable. »

« Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ? »
« Mes espoirs, c’est qu’émergent une multitude de projets les plus incroyables… et que cela fonctionne.
Mes craintes, c’est que les papys fassent de la résistance ; que plutôt de s’adapter à un monde en mutation, les businessmen se contentent d’un lobbying de bas étage pour entraver les citoyens.
Et comme 2007 est une année électorale majeure en France, on peut espérer le meilleur comme craindre le pire… mais heureusement, le reste de la planète ne se sent que très peu concerné par la scène politique française. »

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ? »
« J’ai une multitude de projets… je ne souhaite pas passer à côté des mutations en cours.
Mais il y en a un qui me tient particulièrement à cœur : il s’agit de WeAreTheMarket, un site de consommateurs citoyens que j’ai créé avec deux copains. Pas un grand truc, non : juste un petit site où les gens peuvent venir discuter des produits qu’ils souhaiteraient voir apparaître dans les linéaires… et où les marques pourront les rejoindre, venir discuter avec eux.
En fait, on souhaite simplement recréer la place du village d’hier où l’on apostrophait le cordonnier pour lui dire que le cuir de ses chaussures n’était pas de bonne qualité, et le pâtissier pour lui demander un gâteau avec plus de fruits pour les fêtes à venir.
Ce gâteau, on le retrouvait ensuite avec plaisir dans la devanture de l’artisan : ce que je souhaiterais, c’est que demain, les consommateurs retrouvent – mutatis mutandis – les produits de leurs souhaits dans les rayons des grandes surfaces avec un petit sigle pour souligné qu’ils ont participé à leur élaboration. »

 

Bio : François Laurent est Vice Président de l’ADETEM, Membre du Conseil Scientifique de l’Irep, président de la commission études de l’UDA.  et l’auteur notamment de « La grande mutation des marques high tech »

 

Henri Kaufman – Vision 2007

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« Ce qui me frappe, c’est le succès des systèmes de marketing qui changent radicalement les modèles traditionnels plutôt que de rajouter une couche Web sur un mille feuille très sédimenté, uniquement pour faire moderne ! ». »

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
J’ai du mal à imaginer une couleur à cause de la vitesse extrême de l’évolution des techniques et des applications. J’ai plutôt l’impreshenri kaufmansion d’un fondu enchaîné, d’une photo filée comme disent les photographes. On à peine le temps de se poser ou de tourner la tête que des nouveautés apparaissent. À cet égard, le concept de « fiche d’identité numérique » qui remplace (ou complète) la fiche d’identité « analogique » est significative. Cette fiche a été diffusée par Fred Cavazza sur une bonne idée initiale de Raphaêl (U. lik). On identifie la personne en fonction de son comportement sur le net plutôt que par son comportement de consommateur ou par ses coordonnées géographiques. Le « qui se ressemble s’assemble » n’est plus d’actualité. L’apparition du pouvoir des communautés est impressionnant. Tout le monde peut désormais communiquer avec tout le monde et… changer le monde en quelques mois, comme l’ont fait les deux compères de YouTube (et que l’antérieur DailyMotion n’a pas su faire aussi vite)
 
 
« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? »
Les business models changent en privilégiant le client, le consommateur, l’autre. Ce n’est pas par hasard si la une de Time Magazine sur l’homme de l’anné a choisi « YOU ». Ce qui me frappe, c’est le succès des systèmes de marketing qui changent radicalement les modèles traditionnels plutôt que de rajouter une couche Web sur un mille feuille très sédimenté, uniquement pour faire moderne ! Il est temps que les marques, et leurs dirigeants prennent pleinement conscience de la révolution que nous vivons sur la toile. Ne pas être connecté aujourd’hui, c’est presque aussi douloureux que ne plus avoir l’éléctricité !
 
 
« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »

Rester dans le coup, dans le peloton de tête. Un mois de vacances et on est largué ! La solidarité sur la blogosphère est très utile pour partager et améliorer ses connaissances, ses relations, et élargir ses centres d’intérêt. Bien sûr, la courbe exponentielle du développement Internet va se tasser et les journalistes crieront encore à l’éclatement de la bulle…, ce qui risque peut-être de la faire éclater une deuxième fois.
 
 

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Je travaille actuellement avec des partenaires sur l’utilisation couplée des puces RFID (identification sans contact) et des téléphones mobiles. Il y a là un potentiel considérable dans le domaine du retail et de la fidélisation.
La réflexion sur les communautés, les réseaux, la communication P2P en dehors des marques me semble aussi constituer un vaste champ d’investigations intéressantes.
 
 
Bio: Henri Kaufman est un scientifique qui est devenu publicitaire – Ecole Centrale puis Ecole des Pétroles – Doctorat en Mathématiques Appliquées à l’Économie – Directeur Informatique puis Editeur aux Editions Rombaldi- Président-fondateur de l’Agence de Marketing Relationnel Communider en 1987, dans le groupe Havas – Vice Président du Cercle du Marketing Direct – Auteur de plusieurs livres dont le Lissage exponentiel (méthodes de Prévision à court terme), « Confidences en Direct », « Sciences et Communication font elles bon ménage », « Un an de Pub » et le « Marketing de l’Ego »
 
 

Rémi Sansaloni – Vision 2007

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« …que le marketing ouvre enfin les yeux sur la réalité démographique et socio-économique
et ne reste pas enfermer dans un jeunisme stérile ou dans un cartésianisme obsolète ». »

 

« De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
Pour l’heure, mon domaine de compétence est le comportement du consommateur. Et, dans celui-ci, l’année 2006 fut riche et fertile. La presse, spécialisée ou non, s’est largement fait l’écho des interrogations profondes des acteurs du marché sur ce consommateur bien difficile à cerner dans un contexte pour le moins indéterminé ! En même temps, et c’est un des côtés les plus positifs à mes yeux, le marketing s’est enrichi d’adjectifs ou de qualificatifs que l’on n’aurait pas imaginé naguère. J’ai ainsi pu lire de plus en plus fréquemment des mots tels que participation, relation, interaction, république… De nouvelles pratiques se sont plus largement déployées, principalement autour de l’ethnographie et de tous ces outils qui permettent de mieux connaître, i.e. plus concrètement, le comportement de ce consommateur. Reste que des ouvertures stratégiques majeures, vers les seniors ou vers un gender marketing par exemple, ne sont pas encore rentrées dans l’esprit des décideurs !

« Comment voyez-vous 2007, quelles évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ? »
Je crains fort que l’année 2007 s’annonce plus politique que toute autre chose. Et l’on sait qu’en France, ce genre de période correspondant à une situation d’attente. Je n’envisage guère de grandes « révolutions » dans mon domaine. Et ce d’autant plus que l’innovation est plutôt atone en France. Si évolutions majeures il y a, elles viendront très probablement du côté de la Toile et de l’amplification du déploiement des nouveaux outils de communication vers ce nouveau média.

« Quels sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ? »
Mes espoirs : que le marketing ouvre enfin les yeux sur la réalité démographique et socio-économique et ne reste pas enfermer dans un jeunisme stérile ou dans un cartésianisme obsolète. C’est une démarche qui s’amorce très lentement, encore de façon trop superficielle, mais c’est un début qu’il faut encourager.

Mes craintes : que le contexte économique, très peu favorable à l’expression de la créativité, ne vienne justement stopper un mouvement qui va dans le bon sens. Moyennant quoi, les consommateurs seront tentés d’exprimer encore un peu plus leur résistance ou leur défiance.

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ? »
Je souhaiterais pouvoir approfondir deux problématiques dans la recherche d’une meilleure compréhension du consommateur : d’une part, creuser les implications du développement d’Internet sur son comportement (notamment autour de ce que j’ai appelé la Monade cybernétique) ; d’autre part, réfléchir sur les possibles applications de l’ethnométhodologie, principalement par rapport à ce qu’on nomme la phénoménologie du quotidien. Tout cela prenant appui sur un plus large déploiement de mon hypothèse de l’émergence du non-consommateur et de la consocratie.

 

Bio : Sociologue et philosophe de formation, Rémi Sansaloni est actuellement responsable d’études marketing au sein du département TNS Media Intelligence . Il participe depuis plus de dix ans à la rédaction du Marketing Book, et est, en outre, en charge des Observatoires Marketing sur le comportement du consommateur et sur les seniors.
Il est dernièrement l’auteur du livre « Le non consommateur »