Olivier Zara – Vision 2007

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« L’intelligence collective entre dans le discours politique….La croissance du nombre de publications sur le thème de l’intelligence collective est incroyable… »


De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »

J’ai observé en 2006 des évolutions intéressantes dans mon domaine à travers mes activités de consultant et d’éditeur de logiciels web 2.0. Mes clients et prospects comprennent mieux les enjeux acOlivier Zaratuels de l’économie du savoir parce que le nombre d’experts qui s’expriment sur le sujet est plus grand qu’avant et surtout parce qu’il y a une certaine convergence dans les discours. La théorie du Centième Singe est peut-être en train de se réaliser ! (Voir l’article sur mon blog)

A travers les communautés virtuelles que j’anime, j’ai aussi remarqué que les participants s’approprient plus facilement qu’avant les technologies nécessaires pour manager l’intelligence collective. La quantité des questions envoyées au support technique de ma société diminue chaque année. Les questions sont plus pointues, les gens veulent aller plus loin dans la compréhension des outils. Il y a un début de maturité en terme de participation. Par contre, la capacité à animer des discussions virtuelles restent une épreuve pour beaucoup. Les directions ne comprennent pas encore les défis autour de l’animation de communautés virtuelles. Manager une équipe en face à face et à distance par le biais de logiciels nécessitent des compétences différentes et donc une formation spécifique.

J’observe également que les freins culturels restent très fort. Il est toujours très difficile d’aborder la question de la culture. Les directions martèlent encore que leurs employés coopèrent et que leur souhait est simplement d’être plus performant par le biais d’un logiciel, d’une formation et de méthodes. Pourtant, dès qu’on descend dans la hiérarchie, les exemples de non coopération émergent, les témoignages se multiplient dans les interviews. L’entreprise continue à vivre le rêve du « Tout le monde coopère chez nous » tandis que la réalité est souvent « Chacun pour soi ».

« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? »
Je vous propose maintenant quelques raisons d’être optimiste pour 2007 :

  • L’intelligence collective entre dans le discours politique. Dans mon billet « Marketing politique et Intelligence collective« , je cite 3 discours de dirigeants politiques : Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et Christian Blanc. Pour savoir s’il s’agit de marketing politique ou de convictions profondes, il faudra malheureusement attendre quelques années après l’élection pour juger sur des faits. Mais marketing ou pas, on peut saluer l’effort et faire la longue liste de tous les politiciens qui n’ont jamais évoqué l’intelligence collective dans leur discours.
    Les modes de gouvernance au niveau politique et au niveau économique sont culturellement liés. Si l’un bouge, il y a des chances que l’autre soit aussi obligé de bouger.
  • La croissance du nombre de publications sur le thème de l’intelligence collective est incroyable. Il s’agit de livres, d’articles de presse et bien sûr de billets dans les blogs. A ce titre, je tiens à souligner la contribution de MM2 Editions qui innove beaucoup sur le sujet aussi bien dans sa ligne éditoriale que par la création d’espaces interactifs communautaires autour de chaque livre. Malo Girod de l’Ain, fondateur de cette maison d’édition, apporte ainsi une contribution positive pour aider la société à comprendre les émergences culturelles et technologiques qui sont pour l’instant invisibles du plus grand nombre.
  • La blogosphère qui porte les valeurs de l’intelligence collective est en pleine expansion. Mais il faut quand même distinguer 2 blogosphères :

    1. La blogosphère des journaux intimes où l’on raconte sa vie. Pas besoin d’être un expert pour raconter mavie.com, ni de savoir écrire. Exhibitionnisme ou ego-trip si on veut la critiquer. Besoin de partage, d’appartenance, de reconnaissance si on veut la positiver et montrer l’utilité sociale.

    2. La blogosphère des experts, leaders d’opinion, journalistes, des “professionnels amateurs” (voir Wikipedia pour ce concept), des cybercitoyens et cyberpoliticiens, qui produisent des contenus et réfléchissent ensemble sur divers sujets. L’ego-trip n’est pas forcément absent mais il y a une dynamique collective plus marquée. Cette blogosphère contribue au développement de l’intelligence collective car il s’agit d’un espace à part entière de partage des connaissances et d’échanges à travers les commentaires fait sur les billets.

  • Le développement du nombre de centres de recherche sur l’intelligence collective commence. “The MIT Center for Collective Intelligence” a été lancé le 13 octobre 2006 au sein du MIT (Massachusetts Institute of Technology). Voici la présentation du centre (http://cci.mit.edu/index.html) : « While people have talked about collective intelligence for decades, new communication technologies—especially the Internet—now allow huge numbers of people all over the planet to work together in new ways. The recent successes of systems like Google and Wikipedia suggest that the time is now ripe for many more such systems, and the goal of the MIT Center for Collective Intelligence is to understand how to take advantage of these possibilities.
    Our basic research question is: How can people and computers be connected so that—collectively—they act more intelligently than any individuals, groups, or computers have ever done before?
    With its combination of expertise in computer science, brain sciences, and management, MIT is uniquely suited to address this question. We hope this work will lead to new scientific understanding in a variety of disciplines and practical advances in many areas of business and society. »
    Le lancement de ce centre par une des plus prestigieuses universités américaines est une très bonne nouvelle pour les ambassadeurs de l’intelligence collective. Bien que leur approche, leur discours, l’origine des contributeurs soient très universitaire, cela va ouvrir de nouvelles perspectives pour le management de l’intelligence collective dans les entreprises. A ce jour, il n’existait que la Chaire de recherche du Canada sur l’intelligence collective à l’université d’Ottawa. Nous avons maintenant 2 centres de recherche importants en Amérique du Nord qui deviendra donc probablement bientôt leader dans ce domaine.

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
En guise de conclusion, j’invite les lecteurs de NextModernity à venir apporter leurs contributions sur le management de l’intelligence sur mon blog : http://blog.axiopole.info/ et sur le portail management 2.0. J’ai commencé la rédaction de mon prochain livre à paraître fin 2007. Il s’agit d’une suite de mon livre sur le management de l’intelligence collective. Ce tome 2 sera un guide pratique qui proposera de nouveaux outils pour manager les connaissances et l’intelligence collective. Le blog et le portail rassemblent une communauté informelle qui contribue à la rédaction de ce livre comme elle l’a fait avec le précédent en 2003 et 2004 !

Bio : Olivier Zara est président et fondateur d’Axiopole, réseau spécialisé dans les solutions web 2.0 au service des communautés de pratique et des équipes. Il est l’auteur du livre « Le Management de l’Intelligence Collective »

Damien Bruté de Rémur – Vision 2007

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« …que les entreprises soient nombreuses à expérimenter la culture de l’Intelligence Economique pour une réelle révolution pacifique des relations humaines.. »

 

« De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
Un grand tournant pour l’intelligence économique qui est maintenant un chemin reconnu dans les entreprises, avec des blocages institutionnels persistants qui malheureusement pénalisent fortement les avancées en recherche. Les pionniers sont malheureusement en France facilement pénalisés dans leurs carrières et dans les budgets….

« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine  ? »
Damien Brué de Rémur Il faut maintenant s’attacher à développer et à faire connaître les exceptionnelles perspectives ouvertes dans l’entre prise et dans la gouvernance publique grâce au « management par l’information ».
Nous avons le pied dans la porte, il faut tenir jusqu’à l’ouverture pour de bon.

« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »
Mes espoirs : que les entreprises puissent expérimenter nombreuses la culture de l’Intelligence Economique pour une réelle révolution pacifique des relations humaines accompagnant de nouvelles et significatives performances en compétitivité.
Mes craintes : que les institutions responsables de la recherche ne laissent pas une toute petite fenêtre à la poignée de chercheurs impliqués.

 

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Un nouvel ouvrage est déjà en chantier, destiné aux dirigeants,… trois autres sont prévus… peut être deux sorties par an ? La tâche est immense !
Un rassemblement des forces de recherche sur l’Intelligence Economique en France.

 

Bio : Enseignant-chercheur français, spécialiste de intelligence économique. Maître de conférences à l’Université Montpellier 1  Damien Bruté de Rémur est l’auteur de « Ce que intelligence économique veut dire » 

Thierry Crouzet – Vision 2007

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« J’espère que le cinquième pouvoir va affirmer sa présence, que les politiciens vont arrêter de jouer aux chefaillons et vont prendre en considération les citoyens. Depuis 2002, chaque année, internet pèse dans une élection quelque part dans le monde.. »

« De quelle couleur fut 2006 dans votre domaine de compétences ?»
Je ne sais pas trop quel est mon domaine ; peut-être la politique à l’âge d’internet. Je me suis dit que nous avions enfin les moyens de changer le monde parce que j’ai vu de plus en plus de gens se rejoindre et avancer dans la même direction. J’ai ressenti presque viscéralement qu’une lame de fond était en train de nous emporter. Nous vivons une époque de bouleversements sans précédents, c’est excitant, ça nous donne aussi de sacrés responsabilités.

«Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ?»
JThierry Crouzet’espère que le cinquième pouvoir va affirmer sa présence, que les politiciens vont arrêter de jouer aux chefaillons et vont prendre en considération les citoyens. Depuis 2002, chaque année, internet pèse dans une élection quelque part dans le monde. En 2007, ce sera peut-être en France lors de la présidentielle. D’un autre côté, je crains que des graines de dictateurs ne cherchent à mettre le cinquième pouvoir sous l’éteignoir et nous attirent vers des régimes durs qui seraient néfastes alors que nous vivons une phase d’innovation tout azimut. Nous avons besoin de liberté, pas seulement de la liberté d’entreprendre, de la liberté avec un grand L.

«Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ? »
J’ai envie de me remettre à mon roman Croisade qui raconte la lutte entre les hommes libres et les conservateurs autoritaristes, entre le cinquième pouvoir et le pouvoir dur. J’espère ainsi réussir à vulgariser certaines idées, notamment l’auto-organisation, dont beaucoup de gens ont du mal à croire qu’elles peuvent être de vraies solutions politiques.

Bio : Ingénieur de formation, journaliste, ancien rédacteur en chef et fondateur des magazines PC Direct et PC Expert, Thierry Crouzet à publié d’autres ouvrages chez MicrosoftPress puis chez First. Il est également éditeur de bonWeb.com, version électronique de son « Guide des meilleurs sites Web ».

Thierry Crouzet est également l’auteur du « Peuple des connecteurs » 

Saphia Richou – Vision 2007

« Le métier de prospectiviste demande de plus
en plus de compétences car les questionnements actuels nécessitent une transdisciplinarité complexe. Comment être sûr de ne pas avoir « loupé un éléphant dans le tapis. »
 
 
De quelle couleur fut votre 2006 dans votre dommaine de compétences ?
En tant qu’enseignante en prospective au CNAM, je dirais que le ROSE fut la couleur de l’année 2006:150 inscrits aux différentes unitSaphia Richoués de valeur enseignées à la chaire de prospective dont 53 inscrits à la promotion 2005-06 du Master en Sciences de Gestion, mention management, spécialité prospective, stratégie et organisation avec 34 reçus.Qui a dit que la prospective n’intéressait plus les décideurs ? En tous cas, la jeune génération à l’air d’y trouver son compte.


Comment voyez-vous 2007, évolutions majeures dans votre domaine ?

Le métier de prospectiviste demande de plus en plus de compétences car les questionnements actuels nécessitent une transdisciplinarité complexe. Comment être sûr de ne pas avoir « loupé un éléphant dans un magasin de porcelaine ». Comment savoir si l’on n’est pas passé à côté d’un pan de réflexion qui s’avérera incontournable demain. Autant dire qu’il faut beaucoup de modestie pour être prospectiviste aujourd’hui. L’expertise, puisque c’est le deuxième volet de votre question tombe à pic. Qui est expert et qui ne l’est pas? Je prends toujours de la distance par rapport aux dires d’experts : ils vivent en cercle clos et passent bien souvent leur temps à s’autovalider. Je suis plutôt à la recherche d’électrons libres, « experts » dans leur domaine, mais pas encore médiatisés pour être dépendant de leur statut d’expert. C’est là où se niche la juste expertise et ce n’est pas une mince affaire de la découvrir. Il faut du temps d’investigation pour accéder à ses pépites de la réflexion et du savoir. On les découvre par « hasard » car ils ne sont pas référencés dans les annuaires. Qu’en au marché de la prospective, il diffère en fonction de ceux qui la pratiquent. A vrai dire, tout dépend de celle ou de celui qui donnent l’impulsion d’une démarche de prospective et cela quelque soit la taille de la structure du commanditaire.


Les espoirs ? Les craintes pour 2007 ?

Mes espoirs sont de développer, au Cnam, au Cercle des Entrepreneurs du Futur, à Prospective Foresight Network, au Millennium Project, au Collège Européen de prospective territoriale de la DIACT, à Créa-Universités et au Club des Vigilants, une véritable collaboration d’échanges d’idées et de pratiques entre les prospectivistes européens et internationaux. Mes craintes seraient que les uns et les autres, nous n’en ayons pas le temps, rivés à nos obligations professionnelles prioritaires.


Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaitez dire quelques mots ?

Je travaille actuellement à la conception d’une méthode qui allie prospective et créativité à toutes les étapes de la démarche prospective. Son but est d’aider les décideurs à sortir des représentations classiques des objets étudiés pour mieux en anticiper les ruptures. Je vous en reparlerai bientôt.

 

Bio : Saphia Richou est Présidente de Prospective Foresight Network – Ingénieur d’études et de recherche, Enseignante en prospective stratégique à la Chaire de Prospective Industrielle du Conservatoire des Arts et Métiers – Auteur d’essais prospectifs, elle à contribuer à l’édition State of the future 2005

Malo Girod de L’Ain – Vision 2007

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« …L’arrivée des e-books va entraîner une évolution accélérée des métiers de l’édition que nous avons anticipé en lançant en 2006 nos communautés thématiques… »

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
Très web 2.0, participation et communautés.

« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine (métier, expertise, marché…) ? »
L’arrivée des e-books va entraîner une évolution accélérée des métiers de l’édition que nous avons anticipé en lançant en 2006 nos communautés thématiques.

«Malo Girod de l'Ain Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »
Les blogs, la création d’entreprise, le haut débit, plusieurs signes montrent une nouvelle volonté d’entreprendre, de participer en France. Mon espoir : que cela se confirme et soit accompagné dynamiquement par les pouvoirs publics avec un plan fibre… Mes craintes : l’inverse, c’est à dire que ce souflé retombe piteusement, que les autres pays avancent et que les talents s’expatrient pour réussir.

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez
nous dire quelques mots ?»
Après le lancmeent de nos deux premières communautés autour du digital et du film (cluster21.com et fest21.com), nous allons, d’une part les développer considérablement et d’autre part lancer en propre ou en co-éditions d’autres communautés thématiques. Toutes intégrerons tous les aspects multimédias avec vidéoblogs, émissions de télévision, livres, e-livres…

Bio : Malo Girod de l’Ain est un entrepreneur passionné des nouvelles technologies et des évolutions du monde depuis plus de vingt ans. Précurseur de l’Internet, il dirige depuis 1995 plusieurs sociétés axées sur le développement de services en ligne. Il est ingénieur Centrale et a suivi des études de Droit et de Gemmologie. Membre FING (Fondation Internet Nouvelle Génération). L’auteur donne de nombreuses conférences de prospective dans le cadre de grandes écoles, de club, de société de prospective, pour la commission européenne.
Malo Girod de l’Ain est l’auteur de 2010 Futur Virtuel

Eric Seulliet – Vision 2007

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« « …une prise de conscience par la classe politique des aspirations nouvelles de nos concitoyens. Davantage d’innovations sociétales et citoyennes… »

 

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
On dit que le violet est la couleur du futur, de la prospective… Donc, pour moi l’année 2006 a été d’un violet intense ! Tout d’abord, elle a vu la gestation et la naissance de l’association « La Fabrique du Futur » (www.lafabriquedufutur.org) que j’ai lancée avec quelques partenaires proches. Il s’agit d’un projet ambitieux constituant un dispositif unique d’innovation ascendante et collaborative. La Fabrique du Futur constitue ainsi un think network pensant globalement mais agissant localement… Il s’agit aussi d’un laboratoire « click and mortar » de détection d’usages émergents débouchant sur des pistes d’innovation de rupture.
2006 a aussi vu l’élaboration de « Fabriquer le futur 2« , la nouvelle édition de notre livre « Fabriquer le futur, l’imaginaire au service de l’innovation » qui était parue en 2005. Comme pour le premier livre, cela nous a conduit à rencontrer une centaine de dirigeants et spécialistes d’innovation. Autant de rencontres passionnantes et riches de collaboration à venir.

 
« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? »
Pour moi 2007 sera prioritairement marquée, du moins en France, par l’élection présidentielle. Les deux principaux candidats, Sarko et Ségo, promettent des investissements importants en faveur de la recherche et de l’innovation. Donc, quel que soit le vainqueur, c’est a priori positif pour notre domaine !

« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »
Mes espoirs : une prise de conscience par la classe politique des aspirations nouvelles de nos concitoyens. Davantage d’innovations sociétales et citoyennes…
Mes craintes : que ces aspirations nouvelles ne soient pas forcément entendues… !

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Mes projets consistent prioritairement à réussir le lancement de la Fabrique du Futur. J’ai aussi un projet de livre sur l’innovation ascendante qui verra le jour en 2007. Nous proposerons aussi dans les tous prochains mois notre étude sur les « créatifs culturels » en France.

 

Bio : Eric Seulliet et le créateur et l’animateur de e-Mergences, une société de conseil en prospective.
Il est co-auteur de La Fabrique du futur 

 

 

Bernard Girard – Vision 2007

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« Il sera surtout intéressant de voir comment les entreprises qui s’en inspireront  [ modèle Google] le feront évoluer, l’adapteront à leur métier, à leur environnement;.. »

 

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
2006 aura été, pour moi, l’année de l’écriture (et de la publication) d’un livre sur le management chez Google (http://www.mm2editions.com/ fr/google.shtml)qui m’a permis de faire le point sur des méthodes qui seront appelées à se développer dans les années qui viennent dans des entreprises de tous métiers et de toutes tailles.

medium_bgirard.jpgL’accueil que ce livre a reçu auprès de ses premiers lecteurs, les réactions lors des conférences et colloques auxquels j’ai participé montrent que ces méthodes répondent, au delà de leur efficacité avérée, à une attente des salariés, surtout des plus jeunes et des plus diplômés.

Non seulement les dirigeants de Google (et ceux des quelques entreprises qui ont développé des méthodes comparables) ont su trouver des solutions pour résoudre ses problèmes mais ils ont su inventer un modèle qui fait rêver et donne envie de travailler. Il y a sans doute dans tout cela une part  d’illusion, la vie chez Google n’est pas forcément moins stressante qu’ailleurs, les contraintes professionnelles n’y sont pas plus faibles, mais ses dirigeants ont su créer un pacte avec leurs collaborateurs qui repose sur le respect, la reconnaissance et l’intérêt dans le travail, toutes valeurs que les générations qui arrivent aujourd’hui sur le marché du travail demandent avec une force toute particulière.

« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine (métier, expertise, marché…) ? »
2007 confirmera la puissance de ce modèle. On la saisira d’autant mieux que les entreprises concurrentes qui se sont construites sur des modèles plus classiques, comme Yahoo! sont  confrontées à des difficultés. Ce modèle a tant évolué ces dernières années, qu’on ne peut exclure de nouvelles évolutions, je pense notamment à la politique de développement des produits, à ce que j’ai appelé le couteau suisse. Mais ces innovations seront sans doute marginales au regard de ce qui déjà été réalisé.

« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »

Il sera surtout intéressant de voir comment les entreprises qui s’en inspireront le feront évoluer, l’adapteront à leur métier, à leur environnement. Rares seront sans doute celles qui s’en inspireront complètement, mais beaucoup lui emprunteront des éléments. Trois domaines me paraissent, de ce point de vue, particulièrement prometteurs : les ressources humaines, la politique de développement des produits nouveaux et la publicité. Et j’invite ceux que cela intéresse à consulter régulièrement le blog que j’ai créé autour du livre (Googlemanagement.tv),

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
… blog que je vais continuer d’animer pendant tout 2007 pour mieux  suivre des évolutions qui, je l’ai dit à plusieurs reprises, me paraissent aussi importantes que celles qu’ont initiées en leur temps Ford ou Toyota

Bio ; Bernard Girard est Consultant en Mangement et l’auteur du livre « Une révolution du Management : le modèle Google »

 

Alban Martin – Vision 2007

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« Mon espoir serait de voir éclore de véritable maison de musiques, plutôt que des maisons de disques. …La transformation de la filière musicale en co-créateur d’expériences musicales uniques est la révolution attendue pour 2007 »

 

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
L’année 2006 fut, pour la musique en ligne, une année assez chahutée par le contexte législatif, notamment dans le premier semestre 2006. Par contre, certaines initiatives sont venues colorer le second semestre, telles que les projets de distribution de musique gratuite avec l’alliance Universal-Spiralfrog ou de clips vidéos sur Youtube. Donc je dirais que l’année a été Jaune, par oppoAlban MARTINsition à Orange ou Rouge.

« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? » 
Pour 2007, j’anticipe l’envol de Myspace avec la vente de musique sur ce site comptant 140 millions d’inscrits et près de 3 millions de groupes. J’anticipe également quelques annonces fortes autour de l’alliance google et youtube, notamment dans le domaine des clips vidéos et de la monétisation de l’audience. Enfin j’imagine un rapprochement encore plus poussé entre les éditeurs de logiciels (apple, microsoft, roxio, real etc…) et les majors musicales: alliances? partenariats? prise de capital croisé? rachat?

« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »
Mon espoir serait de voir éclore de véritable maison de musiques, plutôt que des maisons de disques. Je pense qu’on en prend le chemin, il suffirait d’accélerer le mouvement. La transformation de la filière musicale en co-créateur d’expériences musicales uniques est la révolution attendue pour 2007. Ma crainte serait de voir se tournant encore repoussé, et entravé par des questions juridiques.

 
« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Mes projets à long terme vont se concentrer sur l’écriture, d’un troisième livre, sur la manière dont les nouvelles technologies peuvent être un allié viable et puissant pour les règles démocratiques…mais chut, c’est un secret, et ce n’est pas avant 2010…

Bio : Alban Martin est diplômé d’HEC et à effectué un séjour aux USA à l’Université du Michigan (deuxième année de MBA) qui lui a permis de rapporter quelques idées innovantes de modèle économique participatif.
A l’issue de ses études il rédige un mémoire consacré aux nouveaux modèles de co-création de valeur intitulé « Internet and the New Technologies : Threat or Opportunity for the Entertainment Industry? » qui lui vaudra le prix de la fondation HEC en 2004.
Ce mémoire donnera lieu à publication chez Publibook sous le titre « The Entertainment Industry is Cracked, Here is the Patch ! ».

Plus récemment Alban Martin est l’auteur de « L’Age de peer, quand le choix du gratuit rapporte gros » 

Marc Halevy – Vision 2007

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« les institutions et les grandes entreprises demeureront totalement sourdes aux SOS que lancent les prospectivistes. Elles continueront à cautionner le scénario catastrophe et à sacrifier au moins une génération… »

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ?
Arc-en-ciel … Année très contrastée. Plutôt satisfaisante du point de vue des activités, plutôt inquiétante quant aux évolutions socioéconomiques tant en Europe qu’ailleurs.
2006 s’est complu à me donner malheureusement raison quant à mes prévisions les moins optimistes (cfr. mes ouvrages « L’entreprise réinventée » de 2003 et « L’âge de la connaissance » de 2005).


« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? »

Mon métier éMarc Halevytant la prospective, je ne m’attends pas à des évolutions majeures : les institutions et les grandes entreprises demeureront totalement sourdes aux SOS que lancent les prospectivistes. Elles continueront à cautionner le scénario catastrophe et à sacrifier au moins une génération. La politique de l’autruche restera la stratégie dominante. Le « panem et circenses » restera la préoccupation majeure des masses.

« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »
L’année 2007 devrait être la première d’une décennie calamiteuse auprès de laquelle la « grande crise de 1929 » paraîtra banale. L’occident sort de son déclin lent pour entrer dans sa rupture radicale. Le modèle socioéconomique moderne (humanisme, capitalisme, mercantilisme, démocratisme, rationalisme, scientisme, progressisme) est arrivé à son terme et s’effondre.
La bulle spéculative américaine sur l’immobilier va bientôt éclater avec pour conséquence une dévaluation de 30% du dollar et la banqueroute d’une bonnes parts des ménages américains. La Chine cessera de financer la dette américaine. L’Europe sera incapable de sortir de ses fantasmes socio-démocrates. Les pénuries fondamentales (talents et compétences, eau, espace, biodiversité et noodiversités, pétrole bon marché, etc …) s’accéléreront.

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Mon projet pour 2007 est de consacrer l’été à écrire une suite à mon « Âge de la connaissance ». Elle s’intitulera probablement : « Croissance et décroissance – Vivre autrement ».

 

Bio : Ancien élève d’Ilya Prigogine, Marc Halévy est polytechnicien, ingénieur nucléaire et docteur en sciences appliquées. Président du Groupe Maran (Accompagnement stratégique et managérial) et de l’Institut Noétique Europe (prospective et économie de la connaissance), il enseigne la « théorie des systèmes complexes » à l’Institut des Hautes Études de Belgique (ULB) et dans d’autres institutions. Marc Halévy est également l’auteur de Le grand virage des managers – L’entreprise réinventée (Editions Namuroises, 2003) et plus récemment de L’Age de la Connaissance – Principes et Réflexions sur la révolution noétique au 21ème siècle

Bernard Cova – Vision 2007

«  »… le marketing, en quittant sa position fondamentaliste, devra prendre en compte l’Autre, le consommateur, non en apprenant sur lui mais en apprenant de lui, de son expertise, de ses expériences… »

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
Dans le domaine de la consommation et du marketing, 2006 a pris les couleurs du Customer Made. Le management nous a habituéBernard Cova à sortir régulièrement de nouveaux mots d’ordre qui excitent et passionnent les responsables d’entreprise l’espace d’une saison. Le ‘tube’ managérial de 2006 a fait du consommateur un producteur et ceci pour le plus grand bien de l’entreprise : les consommateurs aujourd’hui seraient la source la plus intéressante d’idées originales de nouveaux produits et de nouvelles publicités et les managers n’auraient qu’à se pencher pour ramasser ces idées et ceci, de plus, gratuitement. Avec de tels arguments, ce nouveau mot d’ordre a une chance de se faire une place au Panthéon des nouvelles panacées managériales. A y bien regarder, cette approche n’est pas dénuée de fondements et colle bien aux dernières évolutions de la consommation, mais la mettre en œuvre n’est pas si simple pour les entreprises et requiert de bien différencier les possibilités offertes par le Consumer Made qui toutes reposent sur l’idée de co-création mais avec des degrés d’implication du consommateur et des périmètres d’action différenciés. A ce titre, l’épisode Diet Coke-Mentos a marqué l’année 2006 : des centaines de vidéastes amateurs ont inondé Internet avec une expérience inédite,  mettre des pastilles de Mentos dans des bouteilles de Diet Coke ce qui provoque instantanément une espèce de geyser pouvant aller jusqu’à 5 mètres de haut. Coca-Cola a réagi vivement aux vidéos présentant différentes versions de cette expérience en en déniant la possibilité, puis a souhaité que ses consommateurs prennent plus de plaisir à boire le Diet Coke qu’à faire ce type d’expériences. Mentos, de son côté, a estimé que cette action virale non programmée équivaudrait à l’impact d’une campagne de publicité de 10 millions de dollars et a capitalisé sur ce phénomène viral en créant le Mentos Geyser Video Contest (http://www.mentosgeysers.com/). Mais, Coca-Cola après avoir expliqué que l’expérience ne correspondait pas à la personnalité de la marque et à la stratégie marketing définie vient de faire volte-face et de signer un accord avec un des meilleurs vidéastes amateurs. Aujourd’hui, les deux entreprises travaillent avec les initiateurs de ces vidéos : ces derniers ont donc imposé leur pouvoir à ces entreprises même si l’une d’entre elles, Coca-Cola, y était très réticente.

« Comment voyez vous 2007, quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? »
Je pense que 2007 continuera à être placé sous le signe du Customer Made et que l’on arrivera à préciser ses dimensions et donc les expertises nécessaires pour chacune d’entre elles. On devra distinguer ce qui relève de la contribution et la coopération, c’est-à-dire la co-création de l’offre au travers de l’implication du consommateur dans la définition des produits et des variables du mix marketing, de ce qui relève de la customization et de l’appropriation, c’est-à-dire la co-création de l’expérience au travers de l’implication du consommateur dans la production de son vécu avec l’offre de l’entreprise. De même on devra distinguer entre la co-création faite avec des lead-users souvent regroupés en petites communautés de passionnés et la co-création faite avec la masse des simples consommateurs. Le croisement de ces deux dimensions permettra d’identifier quatre types de stratégie de co-création censés répondre aux enjeux qui tous impliquent une partie de Consumer Made : co-innovation, co-promotion, co-production et co-détermination des besoins. Dans les approches de co-innovation, l’entreprise implique des lead users ou des communautés de passionnés dans le processus de conception de nouveaux produits ou services. Avec la co-promotion, l’entreprise implique, le plus souvent par des concours, un ensemble large de consommateurs pour qu’ils produisent les visuels ou les films des prochaines campagnes publicitaires. Dans la co-production, il ne s’agit plus là, pour le consommateur, de contribuer de manière générale au design ou à la publicité d’un produit ou d’une marque mais de participer à la réalisation de son expérience de consommation. Pour cela l’entreprise développe des moyens lui permettant de customizer son offre notamment au travers de plates formes de self-serving (plus que de simple self-service). Dans les approches de co-détermination, il s’agit pour l’entreprise de favoriser le développement d’identification croisée des besoins entre l’entreprise et les lead users. L’entreprise exprime ce qu’est sa stratégie  et ce que sont ses axes de développement et les consommateurs expriment ce dont ils rêvent ou ce qu’ils aimeraient voir développer.

« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »
J’espère que cela obligera le marketing à une véritable révolution, et j’espère ne pas galvauder ce mot, si souvent utilisé pour des changements insignifiants en marketing. Alors que l’idée de connaissance du consommateur est centrale au marketing, elle n’est souvent comprise par les marketers que dans un sens restreint et manipulateur, selon moi : tout connaître sur le consommateur pour le satisfaire et ainsi le fidéliser. Rarement, l’idée que le consommateur ait des connaissances qui puissent être intéressantes pour l’entreprise est mise en avant. C’est pourtant de cela qu’il s’agit : le marketing, en quittant sa position fondamentaliste, devra prendre en compte l’Autre, le consommateur, non en apprenant sur lui mais en apprenant de lui, de son expertise, de ses expériences… Ma crainte est que l’on tende à vouloir appliquer ces approches à tous les cas (effet de mode) alors que tous les consommateurs ne recherchent pas la participation et même, dans certains cas, la fuient ! On parle ainsi (et déjà !) de “Consumer Fatigue” pour évoquer un ras le bol de certains consommateurs vis-à-vis des sur-sollicitations de co-création.

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Après l’ouvrage « Consuming Experiences » qui vient de sortir chez Routledge et qui met en avant le rôle actif du consommateur dans la production de son expérience de consommation et ce dans des domaines très divers (cuisine, sport, musique…), je prépare pour 2007 un ouvrage à paraître chez Butterworth-Heinemann intitulé « Consumer Tribes » qui fera le point sur la tendance croissante des communautés de consommateurs à devenir de vrais acteurs économiques au même titre que les entreprises et donc des concurrents pour ces entreprises. C’est ainsi le cas de la communauté des passionnés regroupés autour de Firefox
Mozilla qui est un projet dit d’open source auquel ont contribué plus de 1000 lead users dans la définition de ses codes et qui a vu 10 000 volontaires participer à son marketing (voir le site Spread Firefox). Certains de ces volontaires se sont même cotisés pour acheter une page de publicité pour Firefox dans le New York Times.

 

Bio :  Bernard Cova est Directeur du Laboratoire Savoir Sud et Professeur ESCP-EAP, il enseigne ou a enseigné aussi à l’universite L.Bocconi de Milan, l’EAP Paris… les thèmes de ses écrits et Recherches gravitent notamment autour de l’Ethnosociologie de la consommation, les Comportements collectifs (communautés, tribus) la Régression et la quête d’authenticité, la Pensée méridienne appliquée au management.

Bernard Cova est l’auteur du livre « Innover en Marketing, 15 tendances en mouvement »