Alban Martin – Vision 2007

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« Mon espoir serait de voir éclore de véritable maison de musiques, plutôt que des maisons de disques. …La transformation de la filière musicale en co-créateur d’expériences musicales uniques est la révolution attendue pour 2007 »

 

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
L’année 2006 fut, pour la musique en ligne, une année assez chahutée par le contexte législatif, notamment dans le premier semestre 2006. Par contre, certaines initiatives sont venues colorer le second semestre, telles que les projets de distribution de musique gratuite avec l’alliance Universal-Spiralfrog ou de clips vidéos sur Youtube. Donc je dirais que l’année a été Jaune, par oppoAlban MARTINsition à Orange ou Rouge.

« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? » 
Pour 2007, j’anticipe l’envol de Myspace avec la vente de musique sur ce site comptant 140 millions d’inscrits et près de 3 millions de groupes. J’anticipe également quelques annonces fortes autour de l’alliance google et youtube, notamment dans le domaine des clips vidéos et de la monétisation de l’audience. Enfin j’imagine un rapprochement encore plus poussé entre les éditeurs de logiciels (apple, microsoft, roxio, real etc…) et les majors musicales: alliances? partenariats? prise de capital croisé? rachat?

« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »
Mon espoir serait de voir éclore de véritable maison de musiques, plutôt que des maisons de disques. Je pense qu’on en prend le chemin, il suffirait d’accélerer le mouvement. La transformation de la filière musicale en co-créateur d’expériences musicales uniques est la révolution attendue pour 2007. Ma crainte serait de voir se tournant encore repoussé, et entravé par des questions juridiques.

 
« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Mes projets à long terme vont se concentrer sur l’écriture, d’un troisième livre, sur la manière dont les nouvelles technologies peuvent être un allié viable et puissant pour les règles démocratiques…mais chut, c’est un secret, et ce n’est pas avant 2010…

Bio : Alban Martin est diplômé d’HEC et à effectué un séjour aux USA à l’Université du Michigan (deuxième année de MBA) qui lui a permis de rapporter quelques idées innovantes de modèle économique participatif.
A l’issue de ses études il rédige un mémoire consacré aux nouveaux modèles de co-création de valeur intitulé « Internet and the New Technologies : Threat or Opportunity for the Entertainment Industry? » qui lui vaudra le prix de la fondation HEC en 2004.
Ce mémoire donnera lieu à publication chez Publibook sous le titre « The Entertainment Industry is Cracked, Here is the Patch ! ».

Plus récemment Alban Martin est l’auteur de « L’Age de peer, quand le choix du gratuit rapporte gros » 

L’Age de Peer, quand le choix du gratuit rapporte gros

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Alban Martin, préface de Tariq Krim,
Editions Pearson Education, Septembre 2006

 

 

 Quelques mots d’Alban Martin

 

 

 

Denis Failly – Alban Martin, quel est selon vous le meilleur du peer ?

Alban Martin medium_martinalban.2.jpgEn fait, le Peer to Peer, c’est-à-dire les activités de Pair à Pair, ne se résument pas qu’à l’échange bien connu de fichiers numériques (musique, films logiciels), communément appelé le « piratage ». En effet, il s’agit d’activité bien plus large reposant sur la coopération et l’enrichissement mutuel.
La meilleure illustration du Peer to Peer est la règle des 1%.
Cette règle a été explicitée dans le guardian unlimited technology cet été :
sur la toile, pour une personne qui crée un contenu et le met à disposition, 10 vont le commenter ou le remixer, et 89 vont le visionner, au bénéfice des 100 personnes.
Cette règle se retrouve par exemple sur la plateforme Myspace, avec 2 millions de groupes pour 110 millions d’utilisateurs, soit environ 2% de créateurs de contenus, et sur Wikipedia, 70% des articles ont été écrit par 1,8% des utilisateurs.
Sur les réseaux P2P également, on estime également qu’il suffit d’avoir entre 1 et 5% de personnes mettant à disposition du contenu, pour que l’utilisation du réseau soit optimale pour 100% des utilisateurs. Quant à la plateforme de vidéo Youtube, on compte un ratio d’environ 0,5% entre les contributeurs et les simples visionneurs, ce qui n’empêche pas la plateforme de drainer 60% de toutes les vidéos visionnées en ligne en 18 mois d’existence.
Enfin, la même règle s’applique avec les groupes de discussion comme les mailings list, Yahoo groups : 1% de la population crée un groupe, 10% y contribue en l’alimentant, et 100% en profite.

Denis Failly – Le néo-model de co-création renverse nombre de perspectives des modèles classiques de vente, d’échange, de faire le lien et de produire, pourriez-vous en dresser les contours clés?

Alban Martin – Ce modèle montre donc comment le libre accès aux oeuvres, et aux univers artistiques, permet de rentrer dans une relation institutionnelle Vs non-pro qui est gagnante pour tous.
En effet, vous amorcez ainsi une relation donnant-donnant où le public peut ensuite recommander vos oeuvres et générer du buzz, ou bien participer au développement de l’univers autour de vos jeux, ou encore apporter un feedback sur vos créations cinématographiques (on connaît le rôle clé des communautés dans le cas des adaptations). Et bien sûr, la vente d’objets dérivés comme le CD ou le DVD reste en bout de chaîne.
Ce nouveau type de relation et de modèle économique, qui consiste, pour la maison de disque, le studio de cinéma ou l’éditeur de jeux vidéo, à se considérer comme un « peer », est la base de la co-création de valeur.

Denis Failly – Vous abordez les bénéfices financiers que permet la co – création de valeur notamment en terme de baisse des coûts (marketing, recherche, minimisation des risques…), pouvez vous rassurer les cost killers ?

Alban MartinLa cocréation fait baisser les coûts marketing tout d’abord :
La cooptation des utilisateurs de logiciels de pair à pair est plus profitable pour l’industrie du divertissement que la « mise au banc des accusés ». En effet, l’analyse des échanges de fichiers musicaux ou vidéo donne de précieux renseignements marketing à moindre coût. En plaçant le consommateur au centre de la création de valeur, les activités de pair à pair deviennent instrumentalisables à des fins d’études de marché.

– La cocréation diminue les coûts de création et de recherche ensuite :
L’accroissement constant des investissements dans les nouveaux projets, qui se traduit au cinéma par l’explosion des budgets de films, freine le développement de la créativité. Les concepts innovants font porter des risques plus grands et les entreprises du secteur ne peuvent se permettre un échec, puisque les investissements financiers en jeu sont énormes. En 2004, le coût moyen d’un film hollywoodien s’élevait à 64 millions de dollars, soit le double de 1994. Ce phénomène fait peser une menace terrible sur l’industrie du divertissement dans son ensemble, puisque son fonctionnement repose sur la création et l’innovation. Dès lors, les créations réalisées par les fans ou les clients, avec les moyens mis à leur disposition, réduiraient les risques financiers au minimum. Coopter des consommateurs pour cocréer des produits de divertissement, et donc de la valeur, est un axe pour de futurs développements et des modèles économiques rentables.
Les festivals de films sur internet en sont une bonne illustration : les bénéfices sont de plus en plus directs à la fois pour les producteurs professionnels et les apprentis réalisateurs.

– La co-création permet également de réaliser des économies sur la promotion :
Les coûts de promotion peuvent aussi être en partie portés par les utilisateurs. Le bouche à oreille, le marketing viral ou encore le buzz marketing sont autant de techniques déplaçant certaines charges traditionnelles de l’entreprise vers le public ou les amateurs avertis.

– Enfin, la cocréation permet de minimiser les risques industriels :
La dernière source de bénéfices liée à la cocréation de valeur vient de la minimisation des risques industriels. Dans un secteur où l’incertitud
e est commune, impliquer le plus en amont possible le public et les amateurs avertis est source de monnaie sonnante et trébuchante.
Dans un environnement de co-création, il est nécessaire de redéfinir l’évaluation des risques, puisque certains consommateurs sont prêts à en supporter une partie.
Chez les éditeurs de jeux vidéo par exemple, la possibilité pour un consommateur de réserver à l’avance un jeu a grandement fait évoluer la mesure du risque.

Denis Failly – Comment réagissent les grandes majors (cinéma, musique…) face à ces bouleversements liés au peer et où en est –on en France dans le domaines des DRM et du corpus législatif en construction, entre  détente et crispation vers quoi s’orientent les parties ?

Alban Martin – Les réactions face à cette évolution naturelle de l’économie vers la gratuité partielle de la musique et le développement des outils d’échange sont diverses.
D’ un côté, les principaux labels de musique et certains organismes de gestion des droits d’auteur semblent refuser ce tournant. Aux États-Unis, la RIAA qui regroupe notamment les quatre « majors » de l’industrie du disque dresse en moyenne 500 procès par mois depuis deux ans pour violation des droits des producteurs de phonogrammes, via les réseaux de pair à pair.
En France, la bataille d’influence autour du vote de la loi DADVSI montre que la pénalisation des échanges de fichiers sur les réseaux de pair à pair est aussi d’actualité, avec le refus de la « solution » des contraventions à l’encontre des téléchargeurs, pour maintenir le régime actuel de 3 ans de prison et 300 000 euros d’amendes.
L’industrie du cinéma, emmenée par la MPAA aux États-Unis, soutient quant à elle plus ou moins activement, parfois au travers de procès similaires, les principales maisons de disques, dont les actions judiciaires pourraient servir ses intérêts.

D’un autre côté, les éditeurs de logiciels et les médias développent des initiatives afin d’accompagner ce changement de paradigme économique, avec une logique répressive moindre. Leur approche s’oriente vers une personnalisation du contact et la création d’un véritable univers.

Denis Failly – Comment voyez vous l’impact du peer sur d’autres secteurs traditionnels tel l’édition ou la presse ?

Alban Martin – L’impact du nouveau rôle des internautes, des téléspectateurs, des auditeurs ou des lecteurs sur les médias est très important. Face au pouvoir que donne internet aux lecteurs de journaux ou aux téléspectateurs, les médias donnent l’impression de transiger, c’est-à-dire de laisser plus de place à l’expression des internautes. Ce constat est très bien résumé par la déclaration de Dan Gillmor, éditorialiste pour le journal San Jose Mercury et auteur du livre We: The Media : « Je me suis rendu compte que mes lecteurs en savent clairement plus que moi, et à mon plus grand bénéfice, ils partagent leurs connaissances. »

C’est ainsi que le célèbre journaliste télévisé américain Dan Rather et la chaîne CBS News ont dû reconnaître s’ être trompés sur une affaire en rapport avec le service militaire du Président George W. Bush, le « Rathergate ». En effet, lors de son show télévisé le 8 septembre 2004, intitulé « 60 Minutes », Dan Rather a présenté des documents censés être authentiques sur la qualité de l’action du Président américain durant la guerre du Vietnam. Mais leur authenticité a été mise en question de manière quasi immédiate par un groupe de blogueurs.
L’argument irréfutable mis en avant a été une police de caractères utilisée dans un document qui ne pouvait dater de cette époque. Face à une telle évidence de falsification, CBS a dû considérer le problème de manière très sérieuse et s’est excusée de cette insuffisante vérification de ses sources.
Quelques semaines plus tard, c’était au tour du directeur de l’information de CNN, Eason Jordan, de démissionner pour ses propos sur le fait que des soldats américains
avaient tué volontairement des journalistes en Irak. Ses propos avaient déclenché un tollé général dans la blogosphère, que les grands médias ont été forcés de relayer.
Ces deux exemples montrent que le flux d’information n’est plus unidirectionnel : les lecteurs ou les téléspectateurs réagissent à l’information.
Et surtout, cette réaction est entendue grâce à l’effet démultiplicateur du net.

En outre, les médias doivent composer avec cette nouvelle concurrence « amateur » à grande échelle. Selon l’étude Comscore citée par Loïc Le Meur dans son ouvrage « Blog pour les pros », cinquante millions d’nternautes américains avaient visité des blogs lors du premier trimestre 2005, ce qui représente 30 % des internautes américains et 16 % de la population américaine. Selon une étude de juin 2005 de Nielsen Netratings, l’audience globale des blogs serait passée en France de un à plus de six millions de visiteurs uniques en un an.

Face à ce nouveau rôle de leurs lecteurs, les médias s’adaptent au travers d’une remise en cause profonde de leur métier. Le système de blogs accolés à un journal consiste à reconnaître, selon Loïc Le Meur, que les lecteurs des magazines en ligne comme Libération ne sont pas qu’une simple audience : ils sont capables d’apporter une vision de l’information différente qui sera utile aux autres lecteurs. Cette attitude permet d’accompagner le changement de paradigme économique vers la cooptation des consommateurs. Le journal Le Monde a ainsi été le premier grand titre européen à lancer des blogs pour ses  lecteurs. Un an après, l’expérience est un succès, avec environ 10 % des abonnés qui ont créé leur blog et plusieurs millions de pages visitées chaque mois.

Denis Failly – Quelles nouvelles pistes de croissance issues de ce bouillonnement et de ces émergences vous paraissent-elles viables à moyen et long terme?

Alban Martin – L’initiative la plus porteuse de croissance en ce moment est bien sûr le site Myspace, regroupant un nombre d’inscrits égal à 2 fois la population française, en trois ans d’existence !

MySpace, par exemple, a évolué d’un simple site de réseau d’amis vers un formidable outil de cocréation entre les fans et les artistes. Il compte plus de 3 millions groupes de musique inscrits. Chaque groupe a la possibilité de mettre sa musique en libre écoute, ainsi que des clips vidéo, et de tenir un blog. Les utilisateurs mélomanes peuvent quant à eux entrer en contact avec les musiciens par courriel, par messages instantan
és, ou bien en laissant des commentaires.
Et si demain le téléchargement ne se limitait plus à quatre chansons comme aujourd’hui ? Le fait d’être un ami du groupe permettrait de lui demander des exclusivités, des variations de morceaux, des partitions, ainsi que du contenu sur mesure approvisionné directement par la source !
MySpace n’entend pas rester confiné dans le monde musical. La chaîne NBC par exemple a débuté la série « The Office » en la diffusant sur l’espace personnel dédié à la série et créé sur MySpace spécialement pour l’occasion. Un espace dédié a également été ouvert pour la série télé de Fox « The OC » et compte 90 000 membres « amis ». En devenant un « ami » direct de la série, tout un chacun a la possibilité d’ être informé en exclusivité des dernières nouvelles, directement à la source, et peut interagir avec l’équipe de Fox en charge du marketing.

Autant dire que les entreprises sont en train de devenir des Pairs!

Denis Failly – Merci Alban

Bio : Alban Martin est diplômé d’HEC et à effectué un séjour aux USA à l’Université du Michigan (deuxième année de MBA) qui lui a permis de rapporter quelques idées innovantes de modèle économique participatif.
A l’issue de ses études il rédige un mémoire consacré aux nouveaux modèles de co-création de valeur intitulé « Internet and the New Technologies : Threat or Opportunity for the Entertainment Industry? » qui lui vaudra le prix de la fondation HEC en 2004.
Ce mémoire donnera lieu à publication chez Publibook sous le titre « The Entertainment Industry is Cracked, Here is the Patch ! ».
Vendu et aussi offert en libre téléchargement, via son blog sur la musique en ligne (cocreation.blogs.com) ouvert en janvier 2005, le livre sera copié plus de 2000 fois en 1 ans.

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Darknet : La guerre d’Hollywood contre la génération digitale

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JD Lassika, M2 Editions, Mai 2006
Préface de Howard Rheingold.

Titre original : « Darknet, Hollywood’s War against the Digital Generation. »

 

Denis Failly – JD Lasica could you portray us this mysterious underground universe that you name Darknet (stakes, rules, main actors, strategies…) ?

JD Lasica medium_jdlassika.2.jpg-« Darknet » works on several levels. It refers to the universe of blogs and small, independent websites outside the bright glare of mainstream media sites. These may be small and obscure sites on their own, but collectively they’re becoming as significant and weighty as traditional media.
It also refers to the hundreds of underground sites, in the dark recesses of the Internet, where users can communicate and exchange files in relative security, outside the orbit of the legal system.
Usenet, Internet Relay Chat and university « top sites » are examples of this.
Most importantly, « Darknet » refers to what may happen to the Internet itself should current trends continue. The forces of control, exercised by the entertainment and media companies and backed by their allies in the United States government and unthinking governments abroad, refuse to embrace their digital futures.
This is in no way an endorsement of unfettered file sharing, which is wrong, plain and simple. But the public is largely unaware of the restrictions being placed on on our digital devices — from portable music player to home networks to digital televisions — which prevent law-abiding citizens from using legally purchased media in ways they’ve come to expect. »

Denis Failly – What is your vision of Peer to Peer tomorrow, and is there any limits ?

JD Lasica – « Yes, certainly there are limits. Few reasonable people believe that because a file has been digitized, it’s therefore free for all the world to copy.
An interesting phenomenon has emerged in the past year: the birth of legal peer-to-peer services. Several companies, such as Outhink.com and Pando.com, allow users to exchange large video files with other via p2p. But these services emphasize that users are to exchange files that they’ve created, such as home movies.
I think that’s the future: more and more we’ll see p2p used in legal ways, allowing us to exchange large digital files that we own or created. This will become even more pronounced as we move into the era of high-definition video. »

Denis Failly – Do you believe the Personal media era that you describe in your book, is a epiphenomenon or is it a deep and viable trend in the long run ?

JD Lasica – There’s no question that the personal media revolution is a long-term, lasting phenomenon. All the signs suggest that this era is here to stay. Millions of people are turning to grassroots media sites like YouTube.com and Ourmedia.org for their entertainment, news and information.
The question is, where do we go from here? I think people will quickly tire of the short silly videos you see on some of these sites. We’ll be looking for something deeper and meaningful, something outside the formulas and cliches seen in traditional television.
One prediction: grassroots media will get better, more polished and professional-looking, as the tools of creativity get easier to use and as small groups of people get together to collaborate on higher-quality works.
Second prediction: Many people will start making money for grassroots videos they’ve created.
Final prediction: In the next year we’ll see several deals between traditional media companies and small startups to bring grassroots media works into television channels, cell phones and other distribution networks. »

Denis Failly – Which solutions are possible according to you to (re)conciliate the interests of Majors and the « darknet users » ?

JD Lasica -The solution is apparent for all to see: Entertainment companies need to embrace their digital destinies and start experimenting with new business models for music, video and games. If not, the darknet users will force their hand. My concern is not with the bottom line of the media companies but with the artists and creative individuals who need to receive a fair payment for their creations.
Currently, the music system is out of balance, with the vast majority of artists receiving little or no income for their efforts. If we blew up the current music distribution system and started from scratch, there’s no way we’d come up with anything resembling the current system.
I don’t believe Hollywood faces the same threat to its well-being that the music labels are facing. Swapping and watching Hollywood movies is still a practice you find on college campuses and among geeks, but it hasn’t penetrated the middle class, and probably won’t. But the film industry needs to be aware that people want to watch movies on their terms, without the absurd kinds of restrictions encumbering digital devices.

Denis Failly – As observers of Internet, I suppose you begin to have a idea about the possible scenarios in term of news uses, news economic models for next years ?

JD Lasica – « I recently returned from a trip to Seoul, South Korea, where I attended the International Citizen Reporters’ Forum. It was amazing to see so many people passionate about citizen journalism from all over the world — places like Brazil, Chile, Cameroon and Nepal.
I think smart news organizations are waking up to the fact that the public no longer wants to be spoonfed the news as passive consumers.
Many of us want to engage in a conversation about the news, and to participate in a meaningful way. That means blogs, citizen media videos and podcasts are all part of today’s media equation.
Newspapers and television news networks will find a way to survive — as they must. Professionals still bring a lot to the table that amateurs cannot emulate. But traditional news outlets also must evolve to the new participatory realities or perish. »

Denis Failly – « Thank you JD »


Le blog de JD Lasika
Le blog français autour du livre

 

Bio : JD Lasica, journaliste et blogueur américain reconnu, a écrit de nombreux articles pour des journaux comme le Washington Post, Salon, le Industry Standard… Il est le fondateur du site ourmedia.org qui est au centre du phénomène du journalisme citoyen au niveau mondial. Auparavant, éditeur du principal quotidien de Sacramento, le Sacramento Bee, pendant 11 ans et responsable de l’équipe éditoriale dans trois startups.