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Eunika Mercer Laurent
Knowledge Economics,
3 tomes
, Tartu University Press – 2005

Jean Michek Penalva
Intelligence collective – Rencontres 2006
Mines paris, Les Presses – 2006

Bernard Buisson, co écrit avec Jean Yves Prax, Philippe Silberzahn
Objectif Innovation…
Dunod – 2006

Stephen Boucher, Martine Royo
Think tanks, les cerveaux de la guerre des idées
Editions du Félin – 2006

Petit précis de l’efficacité collective, Tome #1 « Travailler autrement »

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Le Tome 1 « Travailler autrement » du Petit Précis d’Efficacité Collective est un ouvrage collectif produit et réalisé par Richard Collin, fondateur et dirigeant de ICCE (Intelligence Collective, Coopération et Efficacité – International Centre for Collective Efficiency www.icce-link.com ) dans le cadre de EC2006 parrainé par Microsoft France

 

Quelques mots de Richard Collin
Denis Failly – Richard Collin, a l’occasion de la parution du Tome 1 « Travailler autrement » du Petit Précis d’Efficacité Collective pourriez vous nous retracer brièvement les étapes et les enjeux qui ont donné naissance à cet ouvrage ?

Richard Collin – medium_richard.png« Cet ouvrage – et la démarche qui a conduit a sa réalisation – se place dans la perspective de l’évolution des modes de travail. Il pose la question de la nécessaire prise de conscience des transformations rapides des modes d’organisation et des processus requis au sein des entreprises mais aussi vise à une plus grande compréhension, mobilisation, envie et appropriation des salariés eux-mêmes pour d’autres manières de travailler.
Il formalise une connaissance approfondie et précise de la situation en matière de « work style » dans le travail au quotidien de ceux qui travaillent. Il dresse également un tableau sur les contextes des usages et des pratiques. Mais aussi sur les perspectives qui peuvent se dessiner et les freins qui existent. Au travers du processus de réalisation de ce premier tome, autant que dans les résultats et analyses formels, nous nous sommes attachés à détecter et formaliser les points soulignant les bénéfices aussi bien que les propositions envisagées pour développer les usages en matière de travail collaboratif et d’efficacité collective. Parallèlement, il nous donne l’occasion de mieux et précisément connaître la réalité du terrain aussi bien que de se munir de faits et d’arguments pour adapter et mettre en place les stratégies requises par les uns ou les autres.
Dans les premiers mois de 2006 une large investigation a été conduite pour permettre à chacun de mieux comprendre et mesurer son style de travail mais aussi pour se doter d’un instrument pour mieux apprécier pour la France les enjeux et la réalité du travail collaboratif et de l’efficacité collective pour lesquels notre pays présente des spécificités.

Vecteur de la visibilité réelle des usages et du décalage existant entre les pratiques au quotidien et les possibilités offertes simplement, la démarche entreprise EC2006 (Efficacité Collective 2006) était tout autant un outil de pédagogie qu’un outil d’analyse et de découvertes personnelles. Chaque participant a ainsi reçu une analyse individuelle et personnalisée lui permettant de se comparer et de situer par rapport aux autres participants et à son entourage.

Le choix a été fait de rendre transparentes et neutres les méthodes, la construction, la réalisation et la diffusion de EC2006 et d’associer un collectif de partenaires qui garantissent la validité, la rigueur et la pertinence de la démarche. Mais aussi sa légitimité et sa diffusion pour porter le débat. C’est dans ce cadre que l’AFNeT, la FING, l’ENSAM, EMSI GEM se sont mobilisés avec le soutien du CIGREF, de l’ACFCI et de DEMOS et le parrainage et engagement de MICROSOFT France; LA TRIBUNE et RADIO CLASSIQUE étant les partenaires media de EC2006. La mission de maîtrise d’ouvrage et d’opérateur donnée à ICCE – Intelligence Collective, Coopération et Efficacité – qui s’est notamment appuyé sur Next Modernity-DVA et TRIVIUM complète le dispositif qui a offert les garanties requises.

Ce premier ouvrage se place dans une perspective à long terme et constitue le socle pour faire évoluer les analyses autant que comparer les résultats d’une année sur l’autre au moins sur les deux prochaines années 2007 et 2008. Cet ouvrage sera distribué le 19 et 20 octobre 2006 à tous les visiteurs et participants des prochaines Rencontres ICC’2006 au Palais Brongniart (accès libre et gratuit).
On peut aussi le commander gratuitement sur www.microsoft.com/france/entreprises/peopleready


Denis Failly – « A qui s’adresse ce petit précis et quels en sont les enseignements majeurs ? »

Richard Collin – « Cet ouvrage s’adresse à tous ceux qui se sentent concernés par la question de l’efficacité à plusieurs et au travail collaboratif et qui veulent activement développer cette compétence autour d’eux. Ainsi, quelles que soient les responsabilités de chacun, quelle que soit la taille ou le type d’organisation, les réflexions présentées dans cet ouvrage nous concernent tous directement. Car le sujet est d’importance. Il y a un savoir-f
aire particulier à mettre en œuvre pour que les énergies soient alignées dans la même direction et s’additionnent harmonieusement. Chacun de nous, en tant que membre d’organisations formelles et informelles, peut choisir d’être acteur d’une amélioration du fonctionnement collectif, ou de subir les pesanteurs et frictions venant des autres. En choisissant de devenir acteur, on se donne la possibilité de poser les bonnes questions et d’obtenir des changements visibles au moins au niveau local, avec l’espoir de faire changer les pratiques à un niveau plus large. Et même si les besoins d’amélioration sont connus, les solutions pertinentes restent largement à découvrir ou à formaliser. En lisant cet ouvrage et en lançant des démarches innovantes, chacun pourra très concrètement aider à accélérer des transformations utiles pour tous. »

 

Denis Failly – « Parmi les témoignages y en a-t-il un en particulier qui vous parait particulièrement éclairant et dont vous souhaiteriez nous parler ? »

Richard Collin – « Difficile de ne retenir qu’un seul témoignage. Je préfère retenir quelques repères essentiels que nous ont livrés des responsables, animateurs d’initiatives intéressantes. « La culture d’entreprise et la confiance sont les enjeux stratégiques pour réussir » (Schneider Electric), « C’est aujourd’hui que la networking attitude est partagée par un nombre vraiment significatif que les solutions technologiques peuvent jouer leur rôle » (Groupe Danone), « L’aventure collective que sont les nécessaires réformes hospitalières ne peut se vivre et se construire qu’au travers d’une démarche de partage et de reconnaissance (Ministère de la santé et des solidarités), « Quand on parle de performance, c’est autant sur l’efficacité collective que sur l’efficacité individuelle qu’il s’agit de progresser » (Microsoft) »

 

Denis Failly « Peut –on parler d’une spécificité française quant à l’approche et la pratique des organisations en matière d’efficacité collective ? »

Richard Collin – « L’enjeu est important pour les entreprises françaises qui sont particulièrement à la traîne des pays européens pour tout ce qui touche le fonctionnement et le travail en réseau et collaboratif au cœur des transformations en cours. Alors que beaucoup d’entreprises rencontrent des difficultés face à la complexité, à l’imprévisibilité du monde, à la globalisation, les entreprises françaises et ses managers sont vraisemblablement affectés par une trop forte logique cartésienne et de rationalité d’ingénieur, associée à une culture à la fois centralisatrice et individualiste qui les poussent à la modélisation et la formalisation des processus au détriment de l’efficacité collective, et ce faisant les éloignent des fondements de la compétitivité actuelle. Un de nos défis est de s’affranchir de quelques freins naturels qui nous sont spécifiques, qui pèsent et nous empêchent souvent d’avancer vite pour s’adapter aux exigences de l’efficacité collective. Les quelques questions suivantes sans encore de réponse complète soulignent bien les paradoxes spécifiques de la société et de nos entreprises et institutions françaises :

  • Comment partager nos informations et connaissances alors que souvent notre éducation nous conduit à systématiquement punir les « copieurs » ?

 

  • Comment éviter de penser à la place des autres alors que la culture d’une partie de l’élite française est construite sur ce modèle ?
  • Comment percevoir que la richesse est dans la circulation et le flux d’information et de connaissances alors que notre mentalité nationale d’épargnant nous fait penser à tort que c’est en capitalisant dans des « bas de laine » d’informations et de connaissances statiques que nous devenons riches ?
  • Comment faire vivre vraiment des communautés d’experts ou d’apprentissages et plus largement le travail collaboratif alors que nos comportements individualistes et de défiance à priori sont souvent des freins majeurs au partage ?
  • Comment prendre des risques alors que la viscosité sociale aussi bien que la culture d’ingénieur ou technocratique propre à notre pays ne facilite pas des approches socialement novatrices sur le « travailler autrement »?

 

  • Sommes-nous vraiment prêt à prendre à notre compte – individuellement et collectivement – une transformation qui s’appuie sur une  » networking attitude »  » généralisée, une organisation performante et des technologies innovantes ?


Dans cette Europe de la connaissance et de l’innovation dans laquelle nos entreprises et nos institutions françaises doivent prendre leur place, nous devons encore progresser et investir. En somme mieux et plus vite transformer nos organisations par l’information et les connaissances partagées; pour construire et conduire les changements nécessaires pour cette société en réseau, de l’interaction, du « co-design » et de l’efficacité collective chaque jour plus présente. En se souvenant que tout changer, ce n’est pas tout détruire, c’est tout sauver. C’est tout le sens de la démarche entreprise par la publication de cet ouvrage. »

 

Denis Failly – L’efficacité collective est encore peu enseignée et pourtant elle ne s’improvise pas. Si les entreprises et les organisations ont bien conscience de l’enjeu, n’y a-t-il pas un risque que tout cela reste très théorique faute de compétences opérationnelles pour développer l’efficacité collective ?

Richard Collin – « Il s’agit d’un point essentiel. On aura compris que le travail collaboratif et l’efficacité collective ne sont pas obligatoires…ils sont devenus incontournables. Les communautés de métiers et de pratiques, les réseaux sociaux sont désormais reconnues comme des leviers clés pour le partage et la création de connaissances dans l’entreprise, permettant à la fois de générer de la valeur, de l’innovation et fournir des résultats mesurables pour des investissements et des coûts limités. Lorsqu’elles s’accompagnent d’un lancement réussi et d’une animation performante, les communautés et les activités en réseau ont un impact direct sur la productivité et l’efficacité globale des entreprises. Et nous n’avons pas appris à le faire de façon opérationnelle et concrète Dans notre pays, il y a encore un déficit formidable de formation et d’apprentissage organisationnel sur ces q
uestions. C’est dans ce contexte que vient de se créer l’
Académie de l’Efficacité Collective et  du Travail Collaboratif avec Grenoble Ecole de Management au sein de la Chaire « Efficacité Collective, Travail Collaboratif et en réseau, Organisations » et DEMOS, organisme leader en matière de formation. Au travers de modules spécialisés de formation, il s’agit de se donner les conditions de la réussite pour concevoir, organiser, animer et modérer une communauté et un espace collaboratif mais aussi y participer. En somme acquérir les méthodes et concepts fondamentaux pour être très opérationnel en matière de travail collaboratif ; et pour faciliter et promouvoir l’usage des pratiques collaboratives dans son environnement de travail. Il s’agit également de comprendre et mieux maitriser les impacts des évolutions technologiques sur les modes de travail »


Denis Failly – Avant d’être la résultante de solutions techniques, l’efficacité collective est avant tout affaire d’homme, en ce sens n’est-elle pas avant tout dépendante du management ?

Richard Collin -« Pour répondre, je rebondirai sur un des 2383 commentaires libres et détaillés que nous avons recueillis  » Le collaboratif est d’abord une culture. Collaborer nécessite un investissement. Dans un univers où le temps et la culture collaborative dont deux grands quasi-absents, vouloir régler le problème de la performance de l’entreprise seulement par de la technologie, est un contresens » . Il est clair que le management est essentiel ett c’est un des points exigeant à découvrir et inventer. C’est ce que fait, par exemple, l’EMSI – Grenoble Ecole de Management qui travaille sur les questions des nouvelles formes de management associés aux nouvelles technologies et aux systèmes d’information. C’est aussi l’objet du deuxième tome du Petit Précis à paraître en 2007  » Manager autrement ».

Denis Failly – Merci Richard


Bio:
Richard Collin est Fondateur et dirigeant de ICCE (Intelligence Collective, Coopération et Efficacité – International Centre for Collective Efficiency www.icce-link.com), Vice Président de l’Association Française des utilisateurs du Net et du e-business (AFNeT, www.afnet.fr), Fondateur et animateur des Rencontres Innovation, Compétitivité et Connaissances (www.rencontres-icc.com), Visiting Professor à Grenoble Ecole de Management (www.grenoble-em.com ) titulaire de la Chaire « Efficacité collective, Travail collaboratif et en réseau, Organisations innovantes » et responsable de EIKE ‘European Institute for the Knowledge Economy », Richard COLLIN, pionnier et praticien du travail collaboratif et des organisations en réseau, est un expert et consultant international reconnu qui accompagne, conseille, coache et forme les entreprises, les institutions, les territoires et les hommes dans leur évolution et leur transformation compétitive vers la société en réseau et l’économie de la connaissance.
Contact : collin@icce-link.com

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Knowledge Economics, emerging principles, practices and policies

Le premier ouvrage du réseau Entovation Intl (900 pages en 3 volumes)

Volume I : Principles / Standards
Volume II : Practices
Volume III : Policy and measurement

 

The purpose of this tri-volume set of books is to provide timely readings to educate the new generation of researchers, professors and teachers, as well as industrial and government leadership professionals. The compilation includes the most compelling writing from 27 leading author contributors from the ENTOVATION Network representing Australia, Brazil, Canada, China, Croatia, Estonia, France, Germany, Israel, Malaysia, Mexico, Spain, Sweden, Turkey, United Arab Emirates, United Kingdom and United States.

The principles of knowledge economics should be endorsed as a revolutionary change – an opportunity to provide a solid foundation, rationale and vision to substitute something more sustainable than the old regime of traditional economics. Intelligent and innovative explorations of computer capabilities optimize individual and collective work of employees and the entrepreneur. Collectively, the writings document the evolution of three laws of knowledge dynamics: the 1st based upon knowledge, the 2nd based upon innovation and the 3rd defining the value of collaborative advantage.

 

 

RSS blogs – Un nouvel outil pour le management : La syndication des flux d’informations et des blogs pour l’entreprise

alt=Jean-Claude Morand, M2 Editions, 2005

Quelques mots de l’auteur, Jean-Claude Morand

 

Denis Failly « Jean Claude Morand, pouvez-vous nous dire ce qui a présidé à l’écriture de ce livre ?
Jean Claude Morand La bibliothèque NextModerne, Jean Claude Morand Durant l’été 2004, j’ai été amené à entreprendre une recherche et à développer un pilote en ce qui concerne la syndication de contenus dans le cadre de mon activité de Directeur de l’innovation en marketing pour une entreprise multinationale. Cette recherche s’inscrivait dans la ligne de la gestion partagée des connaissances non seulement à l’intérieur de l’entreprise mais également avec les partenaires que sont les sous-traitants et les clients, principalement les ingénieurs qui planchent sur la conception de nouveaux produits. La communication des résultats de cette recherche appliquée faisait partie de mes attributions. Cela a été, en premier lieu, quelques sessions de formations autour de XML, des meta tags, de la taxonomie, de l’ontologie et bien entendu des concepts du web sémantique appliqué au marketing. Ces sessions ont été appuyées par la production d’un white paper interne. Je disposais donc d’une grande partie du matériel pour vulgariser le concept de l’utilisation de RSS comme un outil de management. Il m’aura donc fallu un bon mois de travail et quelques nuits pour adapter et compléter ce white paper pour qu’il devienne un ouvrage que j’avais initialement l’intention d’utiliser pour mes cours destinés aux chefs de produit francophones de cette multinationale. Cela dit, mon département n’a pas résisté à une réorganisation qui a conduit à la suppression d’environ 3000 postes en Europe et ce livre est donc maintenant un outil de marketing personnel que j’utilise pour m’aider à trouver une nouvelle situation et des mandats de consulting.

Denis FaillySous quel angle parlez-vous des flux RSS et des blogs dans votre ouvrage ?

Je ne suis pas un technicien de l’informatique, même si j’ai une bonne culture en ce domaine. Je parle naturellement de mes préoccupations de manager avec mon vocabulaire de cadre de marketing sans pouvoir éviter quelques expressions anglo-saxonnes. Je reste sur les bases de la théorie de la communication de Shannon qui sont aussi celles du marketing à savoir de faire passer de manière optimum un message d’un point à un autre. Contrairement à beaucoup d’auteurs qui parlent des blogs comme une solution à tous les mots de l’entreprise, je considère que RSS s’applique non seulement aux communications entre les humains mais également entre les machines et les applications informatiques. Je ne suis pas certain que les blogs dans leur forme actuelle puissent perdurer, je crois que les CMS généreront très rapidement des flux RSS et se substitueront alors aux systèmes de blogs professionnels que nous avons en ce début 2006. En revanche les blogs ludiques de type Skyblog ou Bloglines aux USA restent promis à un bel avenir, mais ce n’est pas mon propos. L’avantage de l’XML étant de pouvoir décrire à l’aide de quelques balises (meta tags) le contenu d’un fichier. Alors même si la version RSS 2.0 qui est la plus utilisée aujourd’hui n’en utilise que quelques unes, je crois beaucoup à la mise en œuvre de RDF au cours des années à venir. C’est un vrai départ pour le web sémantique et une porte ouverte sur de très nombreuses applications.

Denis Failly« Quelles sont les perspectives de ces outils Web 2.0 et comment voyez-vous l’avenir en termes d’applications ou de nouveaux usages ?

Toute innovation ne peut avoir une utilité que si elle satisfait un besoin. Tous les managers d’entreprise sont actuellement submergés par un flot de données en provenance de sources très diverses dont l’email. Le développement des blogs et des flux RSS ne fait, pour l’instant, qu’accroître ce volume. Je prédis donc que des solutions novatrices de présentation de ces données doivent être inventées. Plusieurs pistes existent à ce jour. La première en ce qui concerne les représentations graphiques de l’information. Je mentionne quelques exemples dans mon ouvrage. Toujours dans le domaine de l’interface homme-machine, je crois à l’avènement des agrégateurs de news inclus dans des équipements ou des applications qui pourront ainsi utiliser les standards RSS pour échanger de plus en plus d’information. Enfin, la structure de RSS étant très proche du langage AIML, je ne serais pas surpris que des sociétés comme Netsbrain en France proposent des avatars capables de lire et de filtrer des flux RSS en fonction des besoins des destinataires finaux. En ce qui concerne les applications, l’arrivée des solutions proposées dans l’environnement Office de Microsoft concernera la gestion des listes, des événements, de la gestion de projet. Je cite onze domaines d’application dans mon ouvrage qui concerne aussi bien le CRM que la publication des offres d’emplois au moyen de ce standard.

Denis Failly » Je vous remercie »

Le site de l’auteur : http://www.cyberstrat.net/

Bio: Jean-Claude Morand est l’auteur de plusieurs ouvrages couvrant différents aspects du e-Business. C’est un passionné de nouvelles technologies et plus particulièrement de leurs applications concrètes en entreprise. Il est titulaire d’un doctorat en management de l’université de Grenoble. Après de nombreuses année
s passées chez Digital Equipment Europe, il a évangélisé ses collègues de ST Microelectronics en qualité d’e-Marketing Innovation Manager depuis 1999. Ses axes de recherche couvrent non seulement RSS, mais également les applications du « Web sémantique » et d’autres standards XML. 

Guide des outils du knowledge management : Panorama, choix et mise en oeuvre

Quelques mots de l’auteur

Denis Failly – « Gilles Balmisse, le Knowledge Management comme beaucoup de concepts (parfois pseudos concepts, simple réthorique ou habillage sémantique) fait parti de ces « mots valises » dans lesquels chacun met ce qu’il veut, pourriez – vous nous donner votre définition du Knowledge Management ou du moins celle qui vous paraît la plus explicite ? »

Gilles Balmisse La bibliothèque NextModerne, Gilles Balmisse « Il est vrai qu’il existe un grand nombre de définitions du KM. D’ailleurs, ce foisonnement n’est sans doute pas étranger à l’image négative dont le KM peut jouir auprès de certaines organisations…
Pour ma part, j’utilise la définition suivante :
« Le management des connaissances est l’organisation et la gestion d’un environnement qui encourage la création, le partage, l’apprentissage, l’amélioration, l’organisation et l’utilisation des connaissances pour le bénéfice de l’entreprise, de ses partenaires et de ses clients ».

Cet environnement repose sur 3 composantes essentielles :

  • La culture au sens des valeurs usuelles des collaborateurs au travail,
  • L’organisation au sens des dispositifs et modes de fonctionnement,
  • La technologie au sens des outils logiciels de support.

Ce qu’il me semble important de retenir dans cette définition c’est, d’une part, la « matière » sur laquelle le KM agit. Il ne s’agit pas d’information mais bien de connaissance. Or le seul « vecteur » capable de transformer l’information en connaissance, c’est l’individu. Aussi, il est important de bien comprendre que le KM met l’individu au centre de son projet de création de valeur. Son objet n’est pas de gérer des informations mais de faciliter l’assimilation de ces informations par les individus dans une perspective d’action et de décision.
D’autre part, le KM touche l’entreprise étendue, c’est-à-dire l’entreprise elle-même, mais aussi ses partenaires et ses clients. Ces derniers possèdent des connaissances qui peuvent être utiles à l’entreprise. Par exemple, Amazon incite ses clients à partager leurs connaissances en rédigeant des recommandations de livres à l’attention des visiteurs du site. Amazon tire ainsi parti des connaissances de leurs clients pour augmenter leurs ventes.
Point également très important, le KM n’est pas une fin en soi, c’est un moyen pour l’entreprise d’atteindre ses objectifs de croissance en facilitant la création de valeur. Le KM met à la disposition de l’entreprise des outils, au sens général du terme et non au sens informatique, pour valoriser son capital immatériel.

Denis Failly – « Quid du Knowledge Management et de l’Intelligence Collective, est – ce la même réalité exprimée différemment, l’un est-il une partition de l’autre, sont-ils complémentaires, pouvez – vous nous éclairer ? »

Gilles Balmisse – « De manière opérationnelle, sa mise en œuvre repose généralement sur deux approches, celle de capitalisation qui privilégie la formalisation des connaissances de manière à en constituer un stock réutilisable et celle de collaboration qui repose sur les interactions sociales entre les individus dans le but de favoriser le partage et l’apprentissage en continu.
Si l’on définit l’intelligence collective comme étant la capacité des collectivités humaines de coopérer sur le plan intellectuel pour créer et innover alors on peut considérer qu’elle a de fortes affinités avec l’approche de collaboration du KM.
Quant à savoir si le KM inclus l’intelligence collective ou bien l’inverse, je laisse ce débat à d’autres. De mon point de vue, la question importante à se poser est la manière dont le KM et l’intelligence collective peuvent être utilisés au profit d’une organisation !

Denis Failly – « Où en en sommes nous du KM dans les entreprises françaises, le Km, quand il existe, en tant que Projet, relève t-il plutôt des Opérationnels orientés Outils, ou dépend t-il en amont du « top » Management qui en expriment la dimension stratégique et les ressources à y consacrer.

Gilles Balmisse – « Aujourd’hui, même si les projets restent en grande majorité ciblés sur certaines directions fonctionnelles (R&D, Qualité, Production, RH, etc.) avec des déploiements le plus souvent locaux, les choses ont évoluées favorablement du fait même des résultats concrets obtenus. Les dirigeants s’impliquent plus et le knowledge management est entré dans une phase de maturité plus avancée : les initiatives se sont orientées vers les métiers (vente, production, R&D, etc.).
A la lumière de l’histoire et l’évolution de cette discipline au cours des dix dernières années, nous pouvons remarquer que la maturité des entreprises en matière de knowledge management coïncide avec une meilleure compréhension des concepts.
Ainsi, après une brève phase d’engouement, les entreprises commencent à passer d’une problématique d’innovation radicale à une problématique plus « classique » d’optimisation de la gestion de l’information et des connaissances ancrée sur la performance opérationnelle.
Signe d’une plus grande maturité des entreprises face à la ressource connaissance, ces projets adressent des besoins très variés : fédération de réseaux d’experts, mise en place de bases documentaires métiers, installation d’outils d’accès à l’information, mise en place de portails communautaires, etc.
Le KM devient très appliqué : il sert la performance et l’évolution de l’entreprise. Le contexte économique actuel favorise bien entendu une approche pragmatique du sujet.
En parallèle, et face à l’échec relatif des approches uniquement orientées outils, les entreprises commencent à se préoccuper des communautés et des réseaux d’individus qui créent et utilisent ces informations.
Ceci s’est récemment traduit par la création et la mise en œuvre de plus en plus fréquentes de communautés de pratique au sein des organisations. Cette approche met résolument l’accent sur la nature relationnelle, sociale et humaine de la connaissance qui avait été jusqu’ici négligée dans les premières expériences de knowledge management.

Denis Failly – « Comment positionnez vous les ORP (Objets Réticulaires Persistants, tels que les blogs, rss, wikis…) dans une démarche de Knowledge Management ? »

Pour répondre de manière précise à cette question, il est nécessaire de séparer la problématique en deux :
Quelle est la place des outils dans une démarche de knowledge management ? Et plus généralement
qu’est-ce qu’un outil de management des connaissances ?

Pour comprendre la place des outils informatiques dans une démarche de knowledge management, il faut s’intéresser à la différence entre gestion de l’information et management des connaissances, notamment au regard des technologies.
Alors que les outils de gestion de l’information se préoccupent de l’information et de leur bonne diffusion, les outils de management des connaissances vont s’atteler à faciliter l’assimilation et la compréhension des informations par les individus pour les transformer en connaissances. Ces derniers vont alors aider l’individu à agir et à prendre des décisions.
C’est bien l’individu et la place qu’il occupe dans la démarche qui différencie en premier lieu le management des connaissances de la gestion de l’information. Alors que la gestion de l’information va surtout se préoccuper de l’infrastructure, le management des connaissances va quant à lui s’intéresser aux hommes, à leurs attentes et à la place qu’ils vont pouvoir jouer dans le partage des savoirs au sein de l’entreprise.

Nous pouvons donc définir un outil de management des connaissances comme étant un outil informatique dont la vocation est de faciliter l’apprentissage en continu des individus. Pour y arriver, cet outil de management des connaissances doit répondre à quatre exigences :

  • faciliter la mise en contexte de l’information dans la mesure où une information est d’autant plus vite assimilée qu’elle est présentée dans un contexte proche de celui que l’individu connaît bien.
  • diffuser de manière intelligente l’information, c’est-à-dire que la diffusion de l’information doit être adaptée aux modes de travail de chacun des collaborateurs.
  • faciliter les interactions sociales entres les collaborateurs.
  • fournir une interface utilisateur soignée.
  • Quel rôle peuvent jouer les ORP dans cette perspective technologique du knowledge management ?

Parmi les nombreuses caractéristiques des blogs, deux me semblent particulièrement importantes pour le KM :

  • La simplicité d’utilisation

Les blogs permettent à tout un chacun de publier du contenu. Nul besoin d’être un spécialiste des technologies, la création et la publication du contenu est aujourd’hui à la portée de n’importe quel utilisateur (ou presque) et peut ainsi être décentralisée. Les interfaces utilisateurs sont de plus en plus simples et ergonomiques : il n’y a plus vraiment de barrières technologiques à la création et la dissémination de l’information dans l’organisation. Seule subsiste une barrière psychologique qui est malheureusement la plus difficile à lever.

  • La socialisation

Les blogs offrent la possibilité aux collaborateurs de donner leur avis sur le contenu mis à leur disposition. Ils peuvent ainsi très facilement ajouter leurs commentaires et de la sorte enrichir le contenu du système qui n’est plus statique mais vivant. Par ailleurs, le croisement de divers points de vues permet une validation du contenu ce qui va lui donner plus de valeur et surtout une dimension collective, pilier essentiel d’un système de gestion des connaissances.

Les blogs présentent trois des quatre caractéristiques importantes d’un outil de KM :

  • la diffusion intelligente de l’information grâce aux flux RSS qui offre aux collaborateurs un véritable contrôle de l’accès à l’information.
  • le support aux interactions sociales entres les individus, notamment au travers des commentaires et des mécanismes de trackback
  • une interface utilisateur simple et ergonomique.

En ce qui concerne la mise en contexte de l’information, les possibilités offertes par le tagging de « marquer » une information avec ses propres mots-clés me semblent être les plus intéressantes.
Si l’on s’intéresse maintenant aux wikis, force est de constater que les organisations sont en possession d’un véritable atout pour convaincre plus facilement les collaborateurs de partager leurs connaissances et de participer à la constitution de la mémoire d’entreprise.
La faible barrière technologique à l’utilisation favorise la contribution qui est également soutenu par le fait qu’il n’existe pas de hiérarchie de contributeurs comme dans les systèmes de gestion de contenu classiques (lecteur, rédacteur, responsable, etc.). Tous les visiteurs, quelles que soient leurs responsabilités dans l’entreprise, sont mis sur un pied d’égalité.

Au regard des caractéristiques importantes d’un outil de KM, les wikis se positionnent également comme un support intéressant à une démarche de KM :

  • la mise en contexte de l’information est assurée par le fait que le contenu est co-construit par les différents participants qui font forcément appel à leurs propres références.
  • la diffusion intelligente l’information se fait, tout comme pour les blogs, au travers des flux RSS.
  • les interactions sociales entres les collaborateurs sont au cœur de la philosophie d’un outil de wiki.
  • par contre, l’interface utilisateur pêche encore par le manque d’outils graphiques de mise en forme du contenu ce qui nécessite de la part des utilisateurs l’apprentissage de la syntaxe wiki.

Au final, les ORP ont tout à fait leur place dans une démarche de KM et il est vraisemblable qu’au cours du temps l’évolution des technologies et des usages amènent les ORP à prendre une place centrale dans les futures plateformes de KM. A suivre…

 

Denis Failly – Gilles Balmisse, je vous remercie

Le site de Gilles Balmisse

Bio : Fondateur et Directeur associé de KnowledgeConsult, un cabinet de conseil spécialisé dans la mise en oeuvre du knowledge management et de la veille, Gilles BALMISSE est également à l’origine de ITSpotter, un service dédié au marché des solutions de gestion de l’information et des connaissances.

Il intervient régulièrement dans des conférences et séminaires. Il est également chargé d’enseignements sur les outils du KM dans de nombreux établissements.