Émergence des valeurs féminines dans l’entreprise – Une révolution en marche

medium_valeursfeminines.jpgÉmergence des valeurs féminines dans l’entreprise
Une révolution en marche

Mike Burke & Pierre Sarda

Interview Catherine Fournier-Montgieux, CFM Conseil pour Nextmodernity

N’y a-t-il pas une provocation à parler de valeurs féminines dans le monde du travail ?
Mike Burke : Si une révolution dans les façons de gérer l’entreprise est une provocation pour certains, oui c’en est une !
Mais si on se tourne aujourd’hui vers les valeurs féminines c’est parce que les entreprises ont elles mêmes changées radicalement, structurellement et fonctionnellement. Le recul de l’économie industrielle (charbon,acier, textiles, ..) incarnée par les entreprises comme Le Creusot, Berliet, Boussac etc. et la montée inexorable de l ‘économie de services (informatique, télécommunications, tourisme) représentée par des entreprises comme Google, Amazon, E-Bay, etc… ont non seulement transformé les façons dont les entreprises vivent,agissent et gagnent leur vie mais aussi tend à  convertir les valeurs d’autrefois qui dominaient, en celles plus adaptées aux nouveaux environnements de travail. Produire des choses quantitativement requiert d’autres valeurs que celles qui géraient la satisfaction des individus-clients. C’est évident.

Quels sont, d’après vous,  les mythes ou malentendus associés aux valeurs féminines ?
Mike Burke : Les valeurs féminines ne sont pas l’antithèse des valeurs masculines mais simplement différentes. Cependant, puisque les valeurs masculines tendent vers le binaire (noir ou blanc; vrai ou faux) une opposition s’est créée, et comme les deuxièmes dominaient nos sociétés, les premières, dans ce système, étaient dépréciées. Les valeurs féminines étaient ainsi souvent dépréciées pour les mêmes raisons (balourdes) que les femmes elles-mêmes ; la  compassion critiquable devant la faiblesse ; l’incompétence par rapport aux conflits ; une sensibilité qui freine l’action ; la complexité opposé au simple. Penelope par rapport à Agamemnon !

L’entreprise en réseau conduit-t-elle à modifier nos systèmes de valeur ?
Mike Burke : L’entreprise en réseau est par définition hétérogène, composée d’unités à caractère disparates réunies par des objectivés différentes, partenaires mais indépendants. Cette union offre des
avantages de grande flexibilité, rapidité de réactions, des larges réservoirs de compétences pour mieux affronter des environnements professionnels imprévisibles, mais à grand potentiel de profit. Cependant les organisations qui composent le réseau n’ont souvent rien en commun, par métier où par culture, avec les autres partenaires sauf un projet qui les lient. Ainsi, donner des ordres aux autres qui ne sont même pas dans la même entreprise est moins constructif que des valeurs de persuasion ,séduction ou influence oblique, toutes plus féminines qu’un ordre hiérarchique, clairement
plus masculin. Dans un réseau, les valeurs psychologiques sont nettement plus efficaces que les valeurs de volonté têtue, intransigeance sur les règles et attitudes dominatrices.
Les valeurs féminines peuvent être décisives dans leurs  compétences face à  l’ambigu, aux  paradoxes, dans leurs manières à faire face à l’imprévisible. C’est clair.

Beaucoup de personnalités de premier plan, citées dans votre ouvrage,  témoignent de l’intégration de valeurs féminines dans leur mode de management quotidien ; est-ce que cela veut dire que les valeurs féminines sont finalement beaucoup mieux intégrées qu’on ne le pense ?
Mike Burke : Parmi les interviews que nous avons menés pour le livre, certains comme Antoine de Broglie, président du STAM (SCC Transinvest Asset Management) estiment que les valeurs féminines sont utiles seulement en doses homéopathiques ; d’autres, comme Maurice Lippens président du Groupe belge Fortis explique qu’il a basé en grande partie sa stratégie d’acquisition et intégration sur ces valeurs. Notre Ministre du Commerce Extérieur, Christine Lagarde  nous a confirmé qu’elle pensait que les nouveaux environnements de l’entreprise exigent, de plus en plus, une approche qui privilégie les valeurs féminines. Comme on peut le constater, le niveau d’intégration des valeurs féminines dépend largement  du métier que l’on exerce et du degré d’instabilité de l’environnement  professionnel ; plus celui-ci est mouvant,  plus on fait appel aux valeurs féminines.  Ma conclusion est que la résistance des valeurs masculines dans nos entreprises ne doit pas être sous-estimée, mais  pour les entreprises organisées en réseau, depuis quelques années dèja, on a dû appliquer, comme Monsieur Jourdain, les valeurs féminines, sans le  savoir, parce que c’était, empiriquement, ce qui marchait le mieux…

Pouvez-vous expliquer ce que, d’après vous, on entend par « Intelligence émotionnelle » et en quoi celle-ci se distingue des valeurs féminines ?
Mike Burke : L’intelligence émotionnelle comme toutes autres formes d’intelligence (intelligence mathématique, mécanique, linguistique etc.) est un talent  que posséde un individu, une donnée intrinsèque et spécifique à cette personne, une compétence singulière à réussir dans un domaine. On
l’a, ou on ne l’a pas.Si on l’a, on peut la développer comme un talent, mais si on ne  l’a pas, il n’y a rien à faire.
En revanche, les valeurs sont, en quelque sorte, des règles que la société nous apprend comme étant un comportement ou attitude convenable ou pas. En général, des valeurs représentent un consensus  adopté par une une majorité de la population et signifiant que « ceci est bien, ça ce n’est pas bien ». Les valeurs servent à  harmoniser les comportements. Sans  valeurs, une société n’existe pas car elle se trouve en état d’anarchie. Les valeurs féminines sont donc ce que notre société nous enseigne comme  étant un « comportement féminin  » parce que un consensus commun dans le passé pensait ainsi. Et comme les valeurs masculines étaient  dominantes, et depuis longtemps, les valeurs féminines étaient laissées en friche pour tout ce qui concerne les manettes du pouvoir et la gestion des entreprises.
Le problème des valeurs est que la société qui les créent évolue, se transforme par l’économie, la technologie, par l’innovation sociale et par le simple passage du temps. Le corollaire de ceci est évident, et le changement semble être en cours.

Ont notamment participé à cet ouvrage : Peter Brabeck-Letmathe, administrateur délégué de Nestlé S.A (Suisse), Etienne Davignon, ministre d’État, vice-président de Suez-Tractebel (Belgique), Maurice Lévy, président du directoire de Publicis Groupe (France), Maurice Lippens, président de Fortis (Belgique), Dominique Reiniche, présidente de Coca-Cola Enterprises – Groupe Europe -, Juan Antonio Samaranch Torelló, président du Comité international olympique (CIO), président honoraire de La Caixa (Espagne).  

Mike Burke
Cofondateur du Centre de Communication Avancée, le CCA, qui est, au sein du groupe Havas, la cellule de prospective et de stratégie. On compte notammen
t à son actif les premières analyses de « Styles de vie » en France et en Europe, ainsi que l’établissement de « FORSEEN », un observatoire axé sur l’évolution des tendances sociales et de leur influence sur le marketing, le management et la politique. Il est l’auteur de nombreux ouvrages de management dont Les Styles de pouvoir, À chacun son style d’Entreprise, Valeurs féminines, le pouvoir demain…

Pierre Sarda
Pierre Sarda, consultant en France et à l’international, est spécialisé dans le conseil stratégique aux dirigeants d’entreprises. Il intervient notamment dans le montage de projets industriels internationaux qui font appel à différentes cultures d’entreprise. Dans ce cadre, il a accumulé une expérience des cultures d’industrie ainsi que de la sociologie et de la psychologie du management.

L’urgence de la métamorphose

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Laurence Baranski
Jacques Robin

Editions Des idées et des Hommes
Collection Convictions Croisées – 2007

A qui s’adresse votre livre en priorité ?
Nous avons voulu nous adresser au plus grand nombre de citoyens, à toutes celles et ceux que les dérives du monde actuel inquiètent, et qui se demandent de quelle façon nous pouvons agir pour redresser la barre, s’il en est encore temps.


Va-t-on devoir, pour changer les choses, renoncer comme vous le dites à l’économie de marché ?

L’économie de marché est devenue un poison mortel, l’arme par laquelle nous nous auto-détruisons. Orientée vers la recherche d’une Croissance exclusivement quantitative (mesurée par le PIB), elle développe le culte de l’argent-roi. Pour elle, seule compte la réalisation de profits financiers immédiats. Au nom de cet objectif – parfois déguisé en intentions louables – elle asservit toutes les autres activités humaines, politiques, sociales et culturelles. Au moins deux raisons vont nous obliger à y renoncer :
– la première raison est notre responsabilité écologique : plus la recherche de la croissance quantitative contamine les différents pays du monde, plus les transformations climatiques et les pollutions globales se multiplient et empoisonnent l’atmosphère. L’économie de marché est une incroyable et inacceptable pollueuse. Parce qu’elle s’inscrit dans une logique de court terme, elle est incompatible avec la logique du « développement écologique et humain durable » qui, elle, se situe sur le long terme.
– la deuxième raison relève de notre compréhension lucide de la trajectoire des sociétés humaines : nous proposons de décoder l’évolution de l’humain à l’aide de à la grille de lecture des trois ères. Pendant la première ère dite de la survie et de l’adaptation  (300 000 à 500 000 ans) l’Homo Sapiens apprend à s’adapter à un environnement souvent difficile. Puis s’ouvre l’ère de l’énergie, il y a environ 12 000 ans : nos ancêtres développent progressivement leurs capacités à maîtriser ce même environnement par la maîtrise des énergies (charbon, électricité, plus récemment nucléaire). L’économie de marché est née au cours de cette ère, à une époque où les biens et les richesses étaient difficilement reproductibles, et où leur possession et ce qu’on a nommé « le capital » ont structuré l’organisation sociale, à grand renfort de hiérarchies pyramidales. Or nous commençons à faire nos premiers pas dans l’ère de l’information. Nous vivons aujourd’hui à l’heure du numérique, des nano et des bio-technologies… Ce qu’il faut comprendre c’est que notre capacité à capter l’information, à l’utiliser, la computer, transforme radicalement nos possibilités de production des biens et des richesses, de leur diffusion, de leur redistribution. A l’aube de cette nouvelle ère, c’est donc tous nos systèmes d’économie et de gestion qu’il faut remettre à plat.


La pauvreté en France et dans les pays dit « développés » est-elle devenue un sujet tabou ?

Cette question reste liée à celle de l’incompatibilité entre la société de marché et l’ère de l’information. A titre d’exemple : ce que nous sommes capables de faire grâce à notre maîtrise de l’information, c’est créer des logiciels dits « libres », aussi performants que ceux produits et commercialisés par des multinationales puissantes cotées en bourse. La production et la diffusion de ces logiciels échappent totalement aux logiques marchandes. Ils se créent, se perfectionnent et se diffusent grâce à la mise en interactions d’intelligences individuelles d’informaticiens passionnés, grâce à l’émulation, dans une logique de réciprocité et de gratuité. Ces nouveaux modes de partage et d’intelligence collective pourraient, s’il y avait une véritable volonté politique, être étendus à de nombreux autres domaines, que ce soit la santé, l’éducation, la culture.  On entre là, et c’est à portée de nos mains, dans une société de la gratuité, du don, voire de l’abondance. Car il y a abondance d’intelligence dans nos sociétés. Il faut la réveiller, la laisser s’exprimer.
Or, que voyons-nous aujourd’hui ? L’économie de marché ne cesse de créer de la rareté. Elle nous pousse dans une course toujours insatisfaite au « toujours plus ». A l’échelle planétaire cela provoque les déséquilibres Nord/Sud que l’on sait. En Occident, en France, c’est la précarité et la pauvreté qui augmentent. Mais il n’est pas de bon ton, au sein de l’intelligentsia  politique, de mettre en avant ce type de discours et de vision. De fait, c’est toutes les structures actuelles du pouvoir qui se trouveraient ainsi mises en porte-à-faux, qui devraient être remises en question. Car la société de l’information est celle du réseau, de l’animation plus que de l’ordre, de la confiance plus que du contrôle. Tout le monde n’a pas envie de favoriser ces nouvelles dynamiques. Alors, on s’entête à préserver l’ancien système. Et on cache ou maquille la pauvreté plutôt que d’affronter les grandes transformations sociétales qui se profilent. Et nous-mêmes, les citoyens, nous nous laissons anesthésier. .

Mais que pourrait signifier le verbe « entreprendre » dans une économie de la gratuité ?
Il existe des mots pièges, des mots qui se chargent d’un sens ambigu. C’est selon nous le cas du mot entreprendre, tellement il s’est fondu dans l’économie de marché. Nous proposons de le revitaliser en lui donnant la définition suivante : « entreprendre, c’est mettre notre curiosité en action. » L’entreprise de demain, dans une économie de la gratuité telle que nous venons de l’évoquer, devient un système de régulation du pouvoir et des connaissances. Un système qui permet de tirer le meilleur de cette curiosité agissante, et de la créativité des humains. De nombreuses approches, aujourd’hui en phase de conceptualisation ou d’expérimentation, en signent les prémices : l’intelligence collective et sociale, l’organisation apprenante, les échanges réciproques de savoir, les scop en tant que tentative de démocratisation de la gouvernance entrepreneriale…
Mais ces approches ne peuvent pas se généraliser dans l’environnement ultra-compétitif d’aujourd’hui. Elles se heurtent à un mur. La transformation de l’entreprise ne pourra pas se faire sans une transformation radicale de nos systèmes économiques et de notre conception de la richesse. C’est là un grand chantier, à la fois politique, économique et anthropologique. Qu’est-ce qu’une entreprise dans une société qui se caractérise par une culture de l’émulation et de la coopération ? Que signifie « entreprendre » à l’heure où l’information est elle-même démultiplicatrice de richesses ? Comment utiliser ces richesses alors que de moins en moins de travail humain est nécessaire pour les produire et que nous allons disposer de plus en plus de temps libre ?  Que signifie « entreprendre » dans une société où le lien devient plus important que le bien, l’être que l’avoir ?
Tant que les questions ne seront pas posées en ces termes, notre capacité véritable d’entreprendre restera bloquée.

Pou
vez-vous donner quelques pistes pour réussir cette transformation ?

Nous sommes optimistes, et convaincus que nous parviendrons à développer un nouvel art de vivre ensemble sur cette Planète. De nombreux courants transformateurs allant dans ce sens sont déjà à l’œuvre. Mais transformer radicalement l’organisation des sociétés et des rapports humains au service d’un tel projet, d’une écologie politique et humaine, ne se fera pas simplement et facilement. La première étape de cette transformation est « la transition ». Elle doit être réaliste mais ne permettre aucun retour en arrière.
Concrètement, nous proposons au niveau économique – et ce n’est pas une utopie – de renoncer à l’économie de marché pour nous engager vers une économie plurielle mise au service de l’humain et non l’inverse. Cela passe prioritairement par l’intégration dans nos comptabilités nationales et locales d’indicateurs qualitatifs liées à la santé, l’éducation, l’environnement, la qualité de vie… ; cela nécessite parallèlement la création de monnaies de proximité ou de monnaies affectées à des activités spécifiques.
Cette « autre » économie peut s’appuyer dès maintenant sur les multiples expériences alternatives tentées partout sur le Globe (le micro-crédit, le commerce équitable, les monnaies locales…) et sur les nombreuses réflexions en cours (revenu citoyen minimum, revenus maximums, décroissance sélective, démocratie participative, réflexion sur ce qu’est « la richesse »…). Il faut creuser, relier, promouvoir ces pistes de renouveau, les dégager du piège de l’actuel fondamentalisme marchand qui les bloque, puis de leur donner les moyens de prendre leur « envol ».
D’un point de vue culturel, il s’agit de créer les conditions d’une culture du respect, de l’altérité, du brassage et du métissage en lieu et place de celle de la compétition : respect des humains les uns à l’égard des autres, à l’égard des autres cultures, de la nature, pour fonder une solidarité vivante entre les vivants. Etre meilleurs « avec » les autres, pas « contre ».
Enfin, nous avons à déployer de nouvelles formes de gouvernance, locales et planétaires.

Qu’entendez-vous par « métamorphose » ?
La définition que propose Edgar Morin -qui nous a fait l’amitié d’écrire la postface de notre ouvrage-  fait apparaître le caractère vivant de ce processus : « La métamorphose unit l’idée de conservation et celle de révolution. Effectivement il faut une révolution pour conserver (sauver) l’humanité, mais ce serait une révolution qui se révolutionnerait elle-même… ».
La métamorphose dans laquelle nous avons à nous engager concerne les différents domaines de la gestion des sociétés. Mais elle nous concerne avant tout nous, les humains. Nous avons à modifier nos manières de penser, à transformer le regard que nous portons sur nous-même et sur la vie, à nous réapproprier la question de la finalité de nos sociétés : que voulons-nous, individuellement et collectivement, pour notre vie ? Tout cela en développant la conscience que :
– nous sommes parties prenantes de l’aventure de l’univers  et de ses mille milliards de galaxies,
– nous sommes des êtres « de » et « dans » la nature et qu’il est suicidaire de tenter d’aller à l’encontre de cette réalité,
– notre raison, que nous pensons trop souvent infaillible, est très relative au regard du système complexe d’émotions, de sentiments et de souvenirs à partir duquel elle émerge,
– ce que nous appelons notre conscience est un territoire encore inconnu dont l’exploration, à partir d’approches qui devront être transdisciplinaires, nous promet certainement bien des surprises.
Nous devons intégrer ces différentes réalités avec lucidité et humilité. Cette métamorphose anthropologique est première. Elle engage notre responsabilité. Nous en saisir est le premier défi à relever.

Interview : Catherine Fournier Montgieux, Nextmodernity

Jacques Robin : Médecin, puis directeur général d’un groupe industriel, Jacques Robin a animé à partir de 1966 Le Groupe des Dix. En 1981, il a mis en place le CESTA (Centre d’Étude des Systèmes et des Technologies Avancées) puis a créé la revue Transversales Science Culture (http://www.grit-transversales.org/). Il est l’auteur de Changer d’ère, au Seuil en 1989.

Laurence Baranski : Consultante auprès de responsables d’entreprises et d’institutions, Laurence Baranski a initié en 2001 le projet Interactions Transformation Personnelle – Transformation Sociale (http://www.interactions-tpts.net/), au sein du réseau Transversales Science Culture. Elle a publié Le manager éclairé. Comment piloter le changement, aux Éditions d’Organisation en 2001 (http://www.slbconseil.com/)

Le cinquième pouvoir. Comment Internet bouleverse la politique


Présentation de l’éditeur
Les Français auraient déserté la politique. La démocratie serait en crise. Les intellectuels n’auraient plus d’impact. Le cinquième pouvoir va à l’encontre de ces idées reçues. Grâce à internet, il devient possible de faire de la politique autrement. Après la révolte citoyenne lors du référendum européen de 2005, nos personnalités politiques l’ont compris. Sans son site Désirs d’avenir, Ségolène Royal n’aurait jamais emporté les primaires socialistes en novembre 2006. Internet a joué un rôle clé dans la campagne pour la présidentielle 2007. Et ce n’est qu’un début. Après les pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire et médiatique, les citoyens fédérés grâce aux technologies de communication récentes forment un nouveau pouvoir : le cinquième pouvoir. Alors que les pessimistes se plaignent que rien ne change, ce sont les fondements de notre société eux-mêmes qui sont réinventés, à commencer par les règles qui régissent nos démocraties.

Dédicace et extraits de la présentation par l’auteur Thierry Crouzet

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Bio: Auteur du « peuple des connecteurs » Thierry Crouzet est Ingénieur de formation, journaliste, ancien rédacteur en chef et fondateur des magazines PC Direct et PC Expert, il à publié d’autres ouvrages chez MicrosoftPress puis chez First. Il est également éditeur de bonWeb.com, version électronique de son « Guide des meilleurs sites Web ».


Génération Participation

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 Thierry Maillet, M2 Editions, 2006

Denis Failly«Thierry Maillet, pourriez-vous nous dresser les contours clés de cette génération Participation (émergence, développement, devenir) ? »
 

Thierry Maillet –
« La Génération Participation est issue d’un double phénomène : un constat et un vecteur.medium_Thierry_maillet.jpg

1. Le constat est la prise en compte d’une lassitude à l’égard de la société de consommation elle-même nourrie par les phénomènes de saturation des marchés et de banalisation des produits. La société de consommation formatée depuis les années d’après-guerre et notre modèle de société apporte tout sauf l’essentiel, le bonheur comme le rappelait si bien The Economist dans son numéro double de fin d’année et justement titré : Happiness. Cet hebdomadaire, peu suspect de gauchisme énonce : « Capitalism can make a society rich and keep it free. Don’t ask it to make you happy as well ».Si le capitalisme ne peut rendre heureux alors tâchons d’y arriver par nous-même nous disent les membres de cette Génération Participation.

2. Les nouvelles technologies sont le vecteur de cette mobilisation en réseau qui viendrait conforter les hypothèses les plus rebelles des années 60/70 avec ce titre emblématique de Fred Turner, Professeur à Stanford, “From Counter-Culture to Cyber-Culture”.

3. Le développement de cette nouvelle Génération, qui est une classe  de valeurs et non pas une classe d’âge est d’autant plus important (et souhaitable) que son alternative est ce que J Attali intitule dans son dernier livre, Une brève histoire de l’avenir, l’hyperempire et que j’appelle la privatisation des flux d’information. Si ce vivre ensemble ne s’imposait pas grâce à cette heureuse combinaison des nouvelles technologies avec les attentes différenciées des populations des pays développés, la déconstruction pourrait se poursuivre et les prochains sur la liste, deviendraient les classes moyennes. Attention danger alors. »

    Denis Failly – « En terme d’impact sur les acteurs et les process du réel (citoyen, entreprises /marques, Politiques…), jusqu’où pensez-vous que cette génération peut influer ? »

    Thierry Maillet –«  La Génération Participation a vocation à prendre le pouvoir, comme sa prédécesseur de mai 68. Encore ne faudrait-il pas qu’une fois arrivée au pouvoir, son embourgeoisement ne la détourne de ses origines pour inventer un nouveau luxe par exemple.
    L’impact de cette nouvelle Génération sur la société est déjà sensible et ne fait que croître :

    • les nouvelles technologies ne sont déjà plus nouvelles mais font évidence :

    • Selon médiamétrie, 80% des 13-24 ans ont un ordinateur et 81% sont connectés à Internet. Ces générations sont également totalement à l’aise avec le téléphone portable. Plus on est jeune, plus on utilise tous les usages du mobile. Ainsi 75% des 12-24 ans, soit six sur dix, s’en servent pour prendre des photos contre un sur dix pour les plus de 40 ans». (in Zoom sur les Générations Internet/ http://www.liberation.fr/actualite/economie/227801.FR.php)

    • Les entreprises ont déjà commencé à adopter de nouvelles méthodes de travail :

      1. vis à vis de l’externe : la communication (Cadillac, Gillette), le marketing (Lego Factory, Danone, Liebig)

      2. vis à vis de l’interne : l’emploi des wikis va profondément modifier la structure des entreprises en continuant une démarche engagée avec l’introduction de l’informatique (A Toffler, Le Choc du Futur et A Touraine, La société post-industrielle) :

        1. Une récente étude de Forrester propose : Wikis Change The Meaning Of « Groupthink »

      http://www.forrester.com/Research/Document/Excerpt/0,7211,40964,00.html

    Je citerai dès lors volontiers Véronique Richebois qui dans son article des Echos, “La Génération Participation au pouvoir”, évoque une nouvelle classe dominante. http://www.lesechos.fr/info/metiers/4519069.htm

    « La limite de son influence réside dans le maintien des équilibres actuels. Si la paix et la prospérité restent assurées aux classes moyennes des pays développés, la Génération Participation prendra effectivement le pouvoir.
    A défaut et j’y reviens, un risque de délitement n’est pas impossible et la question sera de savoir si la Génération Participation a suffisamment conscience de sa dominance pour refuser cet éclatement des classes moyennes et la privatisation des flux.
    Un excellent exemple est l’éventualité d’une privatisation/nationalisation d’internet à laquelle il faut opposer l’intérêt général. »


    Denis Failly – « Si le Web 2.0 , est un terrain privilégié d’observation et d’action de cette Génération P il existe probablement un point de bascule où les comportements, les démarches, l’état d’esprit… impulsée sur la toile tels des « Mêmes » impactent sur la vie réelle tel une vie 2.0 en quelque sorte. »
     
    Thierry Maillet – « C’est une excellente question car le risque est réel d’une privatisation d’internet.
    Je vous cite Philippe Lemoine qui a eu la gentillesse de bien vouloir préfacer mon livre :

    Plusieurs pistes sont imaginables, en arrière plan de ce constat. Dans le livre Génération P, au moins trois sont ouvertes. La première est de s’intéresser à des démarches non-programmatrices, ouvertes aux autres, comme l’illustrerait la montée de la valeur féminine dans l’analyse d’Alain Touraine à laquelle se réfère l’auteur. La seconde piste est de se détourner définitivement d’une notion de finalité et de s’inscrire ainsi inexorablement dans les dangers de ce que Friedrich Nietzsche appelait la « volonté de puissance ». C’est ce qu’évoque le livre en mentionnant cette nouvelle science passerelle qu’est la mémétique, nouvelle façon d’imaginer le vivre ensemble de demain. Approche dont un brillant livre de Jean-Michel Truong avait montré que, conjuguée à l’intelligence artificielle, elle déboucherait sur une conception de l’avenir « totalement inhumaine ». La troisième piste esquissée dans Génération P consiste à imiter le comportement modeste dont les entreprises citoyennes s’inspireront de plus en plus et à se détourner de ces enjeux du futur trop globaux et trop angoissants, pour revenir cultiver son jardin secret. C’est un peu la leçon que nous propose sans doute Thierry Maillet ….”

    La question posée ici est de savoir écarter le risque évoquer par Jean-Michel Truong et que nous renvoie clairement Second Life aujourd’hui.
    Formidable expérience comme le propose Christophe Nonnenmacher sur l’excellent blog, europeus.org ( http://www.europeus.org/archive/2007/01/11/second-life-ou-la-vraie-rupture-tranquille.html) ou premier avatar d’une privatisation accrue d’un monde virtuel qui ne sera peut-être plus celui de tous les possibles mais seulement de tous les moyens en réintroduisant une notion oubliée et pourtant essentielle qui est le risque de fracture numérique.
    Pour être franc et si vous le voulez bien je réserve ma réponse à propos de Second Life. »

     
    Denis Failly – « Génération Participation, 5ème pouvoir, Connecteurs, Bionneers, Créatifs Culturels, etc ne sont ce pas les acteurs  d’une même réalité décrite selon des dimensions ou des saillances différentes avec en commun, et à minima effectivement le facteur P (Participation) ? »
     
    Thierry Maillet –
    Vous avez tout à fait raison et je vous remercie pour votre question qui m’incite à vous proposer une analyse peut-être osée dans le temps long et que je vous demanderais de bien vouloir contredire :

    1. Le Nouveau est apparu à la fin du XIX° siècle car come le précise l’historien François Caron dans Les deux révolutions industrielles du XX° siècle  : « les années 1880 – 1914 ont fondé le XX° siècle. L’ensemble du système technique a basculé vers un nouveau modèle d’organisation de la recherche et des entreprises …. Le dynamisme de l’industrie américaine entre 1870 et 1929 était le résultat de la multiplication et de la diversification des produits offerts au consommateur final.

    2. Le Moderne succède au Nouveau et je ne peux résister à citer un auteur qui vous est cher, Edgar Morin dans l’Esprit du Temps (1962, Grasset) :
      « La culture de masse, dès les années 1920 et 1930, a fonctionné comme agent d’accélération dans le dépérissement des valeurs traditionalistes et rigoristes, elle a désagrégé les formes de comportement héritées du passé en proposant de nouveaux idéaux, de nouveaux styles de vie fondés sur l’accomplissement intime, le divertissement, la consommation, l’amour. Au travers  des stars et de l’érotisme, des sports et de la presse féminine, des jeux et des variétés, la culture de masse a exalté la vie de loisir, le bonheur et le bien-être individuels, elle a promu une éthique ludique et consommative de la vie».


    3. La Technocratie a commencé après-guerre (James Burnham), L’ère des organisateurs (1947, Calmann-Lévy) et dont Alvin Toffler envisageait l’épuisement dès 1970 :
      “Le prospectiviste américain évoquait l’épuisement du modèle technocratique : (il) se cache l’idée que les ambitions nationales concernant l’avenir de la société doivent être formulées au sommet. Ce postulat technocratique reflète à merveille les vieilles formes d’organisation bureaucratique qui séparaient dirigeants et exécutants et répartissaient en deux groupes au sein d’une hiérarchie rigide et antidémocratique, gouvernants et gouvernés, administrateurs et administrés, planificateurs et victimes de la planification. Pourtant les objectifs réels d’une société en marche vers le super-individualisme, (…) sont déjà trop éphémères et trop liés pour qu’on puisse les isoler et les définir aisément. (…) Il nous faut affronter ce problème dans une perspective nouvelle et révolutionnaire ».


    4. L’Individualisme des années 80 serait peut-être aussi en voie d’épuisement comme je le suggère à travers l’idée d’un Hypermonde qui n’est peut-être rien d’autre qu’”une difficulté à penser demain autrement que comme un prolongement extrême et dramatique du monde actuel”. (p.105)

      “La situation postérieure à la guerre froide est celle des « temps hypermodernes »[1]. Cette période a ouvert la voie à l’hyper-puissance[2] américaine dénommée aussi hyper-empire par J Attali  et qui a consolidé un hyper-capitalisme[3], peuplé d’hyper-salariés[4] et qui est le théâtre d’une hyper-compétitivité[5]. L’individu hypermoderne[6]  de cette période devint un hyper-consommateur[7] sollicité par l’hyper-choix. Cet hyperactif soumis à une obligation d’hyper-contacts[8] est maintenant menacé par l’hyper-terrorisme[9] ou l’hyperconflit selon J Attali et qui pourrait causer rien de moins que la fin de l’Occident [sic]. Et quand Galliano passe dans l’hyper-Dior à l’occasion des collections Haute Couture Automne Hiver 2006-2007[10] , il est temps de se demander si nous ne serons pas tous « hyper quelque chose » prochainement”.

      [1]  Gilles Lipovetsky, Les Temps hyper-modernes, Paris, Grasset, 2004.
      [2]  Hubert Védrine, Face à l’hyperpuissance : textes et discours, 1995 – 2003, Fayard, Paris, 2003.
      [3]  André Comte-Sponville, Le capitalisme est-il moral ?, op.cit.
      [4]  Jean-Pierre de La Roque et Sylvie Hattemer-Lefèvre « Les super-profits font les super-salariés », Challenges, 23 février 2006.
      [5]  Jean-François Rischard, op.cit.
      [6] Nicole Aubert, L’Individu hypermoderne, Paris, Éditions Érès, 2004.
      [7]  Gilles Lipovetsky Le Bonheur paradoxal, op.cit.
      [8] Marcel Rufo, Détache-moi, Paris, Anne Carrière, 2005.
      [9]  François Heisbourg, La fin de l’Occident, Paris, Odile Jacob, 2005.
      [10] « Galliano passe dans l’hyper-Dior », Libération, 6 juillet 2006. »

    5. La Génération Internet (la génération participation)
      ( p. 222) “La perspective nouvelle envisagée par Alvin Toffler en 1970 pourrait-elle être le cinquième pouvoir suggéré par Thierry Crouzet en 2006. « Le cinquième pouvoir, c’est nous, les citoyens fédérés par les nouvelles technologies. Nous sommes en train de réinventer la démocratie et je veux savoir ce qu’en pensent les politiciens. À leurs yeux, le cinquième pouvoir existe-t-il ? Va-t-il peser dans la vie politique ? N’est-il pas une chimère né dans la tête de quelques technophiles … ?[2] »

      [1] Alvin Toffler, Le Choc du futur, op.cit, p. 529.
      [2] http://blog.tcrouzet.com/2006/09/28/pourquoi-bayrou-est-il-venu/

    Denis Failly – «Quels sont où pourraient être les modèles (économiques pour les uns et sociétaux pour d’autres) qui émergent où pourraient émerger d’une part et lesquels vous semblent les plus viables à terme ? »

    Thierry Maillet – « Je crois que deux modèles de société s’affrontent actuellement :

    1. Le modèle de la maximisation des ressources disponibles et que d’aucuns appellent (ultra-libéralisme, modèle égoïsto-individualisme) et qui est représenté par les Etats-Unis, l’Angleterre, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et dans une moindre mesure l’Espagne.

    2. Le modèle de croissance intelligente et que d’aucuns appellent (social-démocratie) et qui est représenté par les trois pays scandinaves plus peut-être la Suisse.

    3. La France, l’Allemagne, l’Italie et dans la foulée le Bénélux hésitent, au même titre que la Corée du Sud et le Japon, sur le modèle à suivre.

    4. Parmi les pays développés, la Russie est attirée par le modèle américain, quand bien même elle s

    Jean Michel Cornu – Vision 2007

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    …l’ère de l’internet des objets qui va se développer dans les prochaines années – La compréhension des processus de coopération, d’intelligence collective (et des réseaux humains) se développe… grâce à l’intelligence collective..

    Jean Michel Cornu« De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
    La couleur de 2 006 : infra rouge
    Vous n’avez encore rien vu mais quand cela va devenir visible des changements majeurs nous attendent


    « Comment voyez vous 2007 ,quellesévolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ?»

    beaucoup de choses importantes mais juste deux exemples :

    Le nombre d’objets intelligents connectés qui étaient équivalents au nombre d’humains connectés (1 milliard pour chacun) va les dépasser, ouvrant ainsi l’ère de l’internet des objets qui va se développer dans les prochaines années – La compréhension des processus de coopération, d’intelligence collective (et des réseaux humains) se développe… grâce à l’intelligence collective… Après deux ans d’échanges, le groupe Intelligence collective de la Fing va présenter dans les prochains mois des synthèses des différents aspects à prendre en compte pour développer la coopération et l’intelligence collective.

    « Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ? »
    Tous les espoirs et toutes les craintes, car l’homme a acquis les moyens à la fois de se détruire (et de détruire la planète) mais également les moyens de comprendre comment mieux vivre ensemble et permettre une vrai progression (l’innovation ascendante qui permet de faire remonter les meilleures idées) plutôt que de créer systématiquement des conflits d’intérêts.
    Bref « tout peut arriver » et le thème de l’université de printemps de la Fing cette année est particulièrement d’actualité : « les apprentis sorciers »

    « Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
    La Fondation Internet Nouvelle Génération fait peau neuve après un peu plus de 5 ans :
    – de nouveaux domaines couvrant « l’innovation au service de la performance économique et du développement humain » : les nanotechnologies, les biotechnologies, la cognition, mais aussi la l’éthique et d’autres aspects de plus en plus transdisciplinaire
    – des partenaires qui soutiendront une Fing renforcée pour mieux accomplir son rôle au niveau français, européen et international
    – des programmes d’actions pour fédérer les énergies autour de quelques grands thèmes (le premier : inventer la ville 2.0)

     

    Bio : expert international sur la société et les technologies de l’information, directeur scientifique de la Fondation Internet Nouvelle Génération (Fing), Jean Michel Cornu est l’auteur de deux ouvrages sur l’Internet de demain

    Vision 2007

    NextModernity vous présente ses meilleurs voeux 2007
    L’année 2007, vue par les auteurs de la bibliothèque

     

    Pierre
    Levy
    Richard Collin Eunika Mercier Laurent Olivier
    Zara
    Gilles
    Balmisse
    Thierry
    Crouzet
    Malo Girod de l’Ain Bernard
    Girard
    Alban
    Martin
    Marc
    Halevy
    Bernard
    Cova
    Oleg
    Curbatov
    François
    Laurent
    Henri
    Kaufmann
    Rémi
    Sansaloni
    Nathalie
    Brion
    Damien Bruté de Rémur Saphia
    Richou
    Eric
    Seulliet
    Serge
    Perrine
    Remy
    Sussan
    Jean Claude Morand Jérôme
    Delacroix
    Franck
    Dumesnil
    Alain
    Lefebvre
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    Christian Marcon
    Jean Michel
    Cornu
    Christian Marcon

    Rémi Sussan – Vision 2007

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    « …la combinaison d’interfaces comme la remote et les objets connectés ou intelligents vont accentuer la fusion entre l’univers virtuel et le « réel… »

    « De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
    « Il me parait difficile de juger sur une seule année des progressions souvent discrètes qui ne prennent sens que plusieurs années après leur apparition. Si je devais donner à 2006 un symbole particulier, ce serait sans doute celui de la wii remote, qui inaugure un nouveau rapport entre le corps et le monde virtuel, et un tout nouveau type d immersion. C est le retour au corps. Jusqu ici la vision d un tel retour était un peu passéiste. Ici au contraire, le corps, démultipliant sa capacité d action entre de plein pied dans les univers abstraits et mentaux.
    Et ça ne coûte même pas cher ! »

    « Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine   ? »
    rémi sussan « Je pense que 2007 ira encore plus dans ce sens, la combinaison d interfaces comme la remote et les objets connectés ou intelligents vont accentuer la fusion entre l univers virtuel et le « réel. ». Quels sont les arts qui vont apparaître grâce à un corps ainsi capable de naviguer entre différents mondes ? Des danseuses de bases de données ?
    Des ninjas hackers qui pirateront des systèmes en effectuant des mouvements d arts martiaux ? »

    « Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l année qui vient ? »
    « Comme chaque année j espère voir apparaître des idées nouvelles et étranges, capables de nous faire voir les choses sous un angle original. »

    « Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
    « Comme je l ai dit, on assiste à un retour au corps et de mon côté, je commence sérieusement à me passionner pour le plus puissant des micro-ordinateurs, notre propre cerveau. Les découvertes obtenues grâce à l IRM ne datent pas de cette année, mais les travaux s accumulent et je suis persuadé que les prochaines synthèses des recherches en neurosciences en cours ouvriront des perspectives vertigineuses, tant sur le plan philosophique que politique (cf. les travaux en neuromarketing et neuroéconomie). »

     
    Bio: Rémi Sussan est journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies. Il s’intéresse notamment aux retombées sociologiques de l’usage des techniques, ainsi qu’aux mouvements parallèles et alternatifs qui en découlent. Rémi Sussa écrit pour de nombreux journaux et magazines, dont Internet ActuTechnikart, PC Magazine, Computer Arts, Science et vie High Tech, etc.Il est contribue aussi à Internet Actu.
    Son dernier livre : Les utopies posthumaines : Contre-culture, cyberculture, culture du chaos

    Vision 2007 – Christian Marcon

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    La montée en puissance des diplômés en intelligence économique qui entrent dans les entreprises et les collectivités me donne à espérer que l’intelligence économique ramifiera de plus en plus largement, sous son nom ou par ses réflexes, ses pratiques, ses outils – ce qui est aussi important.


     Christian marcon
    « De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
    Dans le domaine de l’intelligence économique, 2007 a été une année de couleur changeante. L’état s’est emparé du thème de l’intelligence territoriale et de l’intelligence économique. Les productions intellectuelles ont été abondantes, tant sous forme de colloques, d’articles que d’ouvrages. Les blogs ont fait une percée dans le domaine de l’intelligence économique. Et pourtant, les associations de professionnels sont restées encore en retrait, le thème de la défense économique a submergé l’espace médiatique, les pôles de compétitivité tardent un peu à faire leurs preuves. Une année de joies et de regrets, donc.« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ? »
    2007 verra sans doute une clarification du paysage des associations de professionnels. On peut parier encore que les auteurs apporteront de nouvelles ressources dans lesquels jeunes en formation et professionnels trouveront matière à penser et mettre en place leur intelligence économique. Mais quelles seront les conséquences des élections sur la dynamique d’intelligence économique au niveau de l’Etat ? Mystère.

    « Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ? »
    Mes espoirs sont de moyen terme. La montée en puissance des diplômés en intelligence économique qui entrent dans les entreprises et les collectivités me donne à espérer que l’intelligence économique ramifiera de plus en plus largement, sous son nom ou par ses réflexes, ses pratiques, ses outils – ce qui est aussi important.
    Mes craintes ? Que nos vieux réflexes de ligne Maginot paralysent cette dynamique. Protection des pouvoirs en place, des méthodes en place, crainte des mots, dédain à l’égard des « petits jeunes »… Un catalogue bien connu, hélas.

    « Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
    L’année 2007 verra paraître la deuxième édition, revue et corrigée, de l’ouvrage « Développez et activez vos réseaux », écrit avec Nicolas Moinet. Que l’éditeur le relance indique qu’il y a une demande constante sur le thème. C’est un bon signe, celui de l’apprivoisement de la problématique par un plus grand nombre de professionnels, par des cadres, des jeunes… Les logiques de réseau commencent à être mieux comprises. Les éclairages multiples proposés par les parutions diverses sur le sujet sont roboratifs. Le fait que l’ouvrage soit réédité est aussi, naturellement, une reconnaissance pour nous. Et nous travaillons, toujours avec Nicolas Moinet, sur un nouveau projet d’ouvrage. Car la diffusion de la connaissance est au cœur de notre mission d’universitaires.

    Bio : Christian Marcon est Maître de conférence à l’université de Poitiers et chercheurs sur les problématiques liées aux réseaux et à l’Intelligence économique, il est l’auteur d’un ouvrage paru récemmentl « Intelligence Economique »

    Franck Dumesnil – Vision 2007

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    « …Je crois au développement de la Télévision IP sur internet et de la naissance de bouquets de programmes de bonne qualité sur le web… »


    « De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »

    J’aime le bleu et l’orange. Couleur froide et couleur chaude. Pour ma première année d’entrepreneur (Blogperformance a démarré officiellement en Nov 2005) j’ai réalisé beaucoup de choses et j’ai réussi à vivre de mes activités. donc je dirai bleu clair. le bleu outremer est réservé aux sommets de la réussite. C’est la couleur de l’azur au sommet de l’everest.

     
    « Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? »
    Je crois Franck Dumesnilau développement de la Télévision IP sur internet et de la naissance de bouquets de programmes de bonne qualité sur le web et au développement de programmes de télévision locale dans lesquels les citoyens-internautes seront de plus en plus créateurs de contenus. Consom’acteurs …  
    En outre, Les blogs seront probablement de plus en plus collaboratifs et utilisés dans des groupes entre personnes connues avec invitations. Cela notamment à cause du spam qui devient un véritable fléau. Bonne utilisation en interne pour collaborer en entreprise.


    « Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »

    je répond plus tard …


    « Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
    J’ai envie de profiter de cette bonne occasion que me propose cette bibliothèque pour parler d’un projet que j’ai à coeur de faire grandir dans le domaine du contenu télévisuel IP, une webTV notamment mais avec des services en ligne comme du podcasting mais pas seulement. J’ai à ce jour des acteurs qui sont partie prenante dans ce projet et je continue à rechercher des financements…

    Bio: Franck Dumesnil est consultant. Il est le créateur de Blogperformances. Il produit et héberge des podcasts pour les entreprises qui souhaitent développer leur audience sur le Web. Il anime aussi des conférences et des tables rondes à destination du monde professionnel sur les enjeux des nouvelles technologies.
    il est l’auteur d’un des rares ouvrages français sur les Podcasts

    Alain Lefebvre – Vision 2007

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    « …. dans mon domaine, je vois la montée en force de la notion de réputation liée à la notion d’identité numérique… »

    Alain Lefbvre« De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »

    Voilà typiquement le type de question auquel je ne sais pas quoi répondre ! la couleur ? pouvez-vous m’expliquer ?

    « Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ? »
    dans mon domaine, je vois la montée en force de la notion de réputation liée à la notion d’identité numérique.


    « Quels sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ? »

    Mon espoir c’est que nos efforts soient enfin récompensés. Je ne crains rien car ça sert à rien de craindre.

    « Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
    Oui, pour chaque individu professionnel va surgir la notion d’identité numérique et la nécessité de la gérer (ou de la laisser en friche…).
    Cette gestion de l’identité numérique passe par les blogs mais aussi et surtout par les réseaux sociaux.
    Parmi ceux-ci, on va distinguer ceux qui vous permettent de gérer vraiment votre réputation des autres qui en sont encore à faciliter la rencontre virtuelle.

    Bio : Alain Lefebvre est le co-fondateur de SQLI, il est aujourd’hui chroniqueur et consultant en TIC, et le créateur de
    6nergies l’un des réseaux sociaux français. Il est aussi l’auteur de 5 ouvrages dont le dernier est « Les réseaux sociaux – Pivot de l’Internet 2.0 »