Oleg Curbatov – Vision 2007

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« je vais prendre une métaphore de « Matrix » : deux parties « Matrix basique 1» et « Matrix reloading et revolution 2», et c’est tout ! Le web 2.0 doit être à la fois « reloading et revolution. »;.. »

« De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
De couleur « mauve » qui m’a donné une certaine créativité, sincérité et continuité pour développer le  Marketing ». LOleg Curbatova couleur qui se marie bien avec d’autres couleurs et approches comme l’ingénierie organisationnelle et le knowledge management, le marketing de procuration et le customer empowerment, etc. ; cette diversité multi-colorante des approches m’a amené à voir tout dans l’unité complexe des compétences émergentes.
Des rencontres intéressantes et collaboratives, des amitiés et des amours qui m’ont croisé au moment où je ne m’y attendais pas et qui ont débouché sur des projets passionnants et des publications ayant davantage de maturité et de réflexion, notamment chez Nextmodernity. Le nouveau programme d’enseignement du Knowledge Marketing dans les universités et au sein des entreprises et des institutions publiques.

« Comment voyez – vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ? »
« Tout d’abord le « Knowledge Marketing 2.0 » qui soutiendra le modèle socio-économique du web 2.0 dans une perspective « intelligence DU client ». Nous en avons parlé dans une première approche dans a perspective d’intégrer les connaissances, les compétences des clients dans les activités et la chaîne de valeur d’entreprises. Maintenant nous nous immergeons dans une phase supérieure sans négliger la participation du consommateur, lui permettant de créer des expériences intelligibles et d’apprendre en utilisant des compétences extérieures, de devenir un vrai expert, d’accepter les contradictions, de conquérir l’« inconnu », de détourner le « connu » en « nouveau », de le partager et de réagir au sein des communautés, d’élaborer les scénarios et de les mettre en pertinence dans leur blogs, dans les propositions d’offres par les entreprises, de se battre contre des illusions souvent imposées par certains acteurs économiques et politiques, etc. »

 « Quelles sont  vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ? »
« Mon espoir est de pouvoir défendre l’économie et l’Etat Français fondés sur la connaissance et l’intelligence des acteurs économiques et politiques. La crainte est toujours liée à la multiplication extrême et inutile des approches socio-économiques. C’était le cas avec le marketing (jusqu’au 200 approches) et puis le regroupement sous 15 tendances majeures par Louyot-Gallicher et Cova en 2006 (voir le schéma). Aujourd’hui il a y déjà pas mal de polémiques vis-à-vis du web 2.0, comme 3.0…etc !  Je vais prendre une métaphore de « Matrix » : deux parties « Matrix basique 1» et « Matrix reloading et revolution 2», et c’est tout ! Le web 2.0 doit être à la fois « reloading et revolution », c’est à dire assurer l’appropriation des acquis et assurer leur continuité, c’est la même chose pour le Knowledge Marketing ! Je pense que l’intelligence des acteurs va rétro-agir ici sur la perspective l’intelligence elle même, c’est-à-dire qu’il va falloir choisir l’essentiel pour pouvoir progresser dans le bon sens, et cela est mon espoir pour 2007 ! « 

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
« Oui, le projet de « Customer Empowerment » et de « Knowledge Marketing » qui est mené actuellement au sein de R&D EDF suite à l’étude Delphi « Perspective du Marketing relationnel à l’horizon de 2015 » et qui doit être achevé bientôt. Je félicite les collègues d’EDF et ses partenaires autour de ce projet pour ce développement ! Puis, un projet tutoré sur la méthode opérationnelle du « Knowledge Marketing » en 2007 avec les étudiants de TC de l’IUT de Saint-Denis qui permettra de valoriser les acquis et d’élargir la perspective 2.0 ! »

 

Bio : Oleg Curbatov est enseignant chercheur en Marketing à l’Université Paris 13, il est l’auteur d’une thèse sur le Knowledge Marketing

François Laurent – Vision 2007

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« …que demain, les consommateurs retrouvent – mutatis mutandis – les produits de leurs souhaits dans les rayons des grandes surfaces avec un petit sigle pour souligné qu’ils ont participé à leur élaboration. »

« De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
« Mon problème, pour vous répondre avec justesse, c’est que je suis… daltonien ! Je m’en suis même ouvert sur mon blog, et ça m’a permis de me faire des tas de copains de galère : normal, 10% des hommes sont daltoniens. Pas vous ? Etrange…
Sinon, je dirais que l’année a été plutôt chamarrée… pour ne pas dire bousculée ! Mais peut-être l’expérience qui m’a le plus marqué, c’est la découverte d’un groupe américain : Clap Your Hands Say Yeah. François LaurentUn peu comme leurs lointains cousins des Artic Monkeys, ils se sont hissé au sommet des hit parades simplement parce que les internautes ont aimé leur musique et l’on promu de blog en blog.
Et en plus, leur musique possède une fraîcheur qui manque aux britanniques !
Clap Your Hands Say Yeah, ou les Artic Monkeys, c’est l’émergence d’un No Marketing que les businessmen américains prennent très au sérieux – enfin certains ! C’est surtout l’idée que non seulement les citoyens ont repris le pouvoir et que certains marketers se découvrent soudain débordés et impuissants.
La musique, mon domaine de compétence ? Bien sûr : des centaines de disques à la maison, vinyles et CD, des premiers Soft Machine au premier opus des Raconteurs. Pour moi, vivre le marketing, ce n’est pas simplement réfléchir sur des séries de chiffres, c’est aussi se comporter comme un simple citoyen… comme un autre. »

« Comment voyez-vous 2007, quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine  ?« 
2007 sera en France une année politique majeure… alors on verra fleurir du buzz politique, du commentaire politique sur le Web, et les cartes de la blogosphères seront politiques. Pendant ce temps, des gens comme vous et moi prendront des initiatives, que bien évidemment les commentateurs avisés – marketers, businessmen et autres journalistes – ne verront pas vraiment, faute de regarder dans la bonne direction. Ce que seront ces initiatives ? Je n’en sais rien, mais ça va fourmiller de partout… comme en 2006, d’ailleurs. Le commerce va se réveiller avec des milliers de français moyens en train de vendre et acheter – dans cet ordre là précisément – sur eBay ou ailleurs ; et les majors avec des artistes qui renonceront à enregistrer des CD pour se consacrer uniquement à la scène…
Ça, encore, on s’y attend, les signaux faibles ont été repérés ; pour les reste, il conviendra de scruter l’horizon avec la plus grande prudence : nous voici à l’aube d’une – de plusieurs – année formidable. »

« Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ? »
« Mes espoirs, c’est qu’émergent une multitude de projets les plus incroyables… et que cela fonctionne.
Mes craintes, c’est que les papys fassent de la résistance ; que plutôt de s’adapter à un monde en mutation, les businessmen se contentent d’un lobbying de bas étage pour entraver les citoyens.
Et comme 2007 est une année électorale majeure en France, on peut espérer le meilleur comme craindre le pire… mais heureusement, le reste de la planète ne se sent que très peu concerné par la scène politique française. »

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ? »
« J’ai une multitude de projets… je ne souhaite pas passer à côté des mutations en cours.
Mais il y en a un qui me tient particulièrement à cœur : il s’agit de WeAreTheMarket, un site de consommateurs citoyens que j’ai créé avec deux copains. Pas un grand truc, non : juste un petit site où les gens peuvent venir discuter des produits qu’ils souhaiteraient voir apparaître dans les linéaires… et où les marques pourront les rejoindre, venir discuter avec eux.
En fait, on souhaite simplement recréer la place du village d’hier où l’on apostrophait le cordonnier pour lui dire que le cuir de ses chaussures n’était pas de bonne qualité, et le pâtissier pour lui demander un gâteau avec plus de fruits pour les fêtes à venir.
Ce gâteau, on le retrouvait ensuite avec plaisir dans la devanture de l’artisan : ce que je souhaiterais, c’est que demain, les consommateurs retrouvent – mutatis mutandis – les produits de leurs souhaits dans les rayons des grandes surfaces avec un petit sigle pour souligné qu’ils ont participé à leur élaboration. »

 

Bio : François Laurent est Vice Président de l’ADETEM, Membre du Conseil Scientifique de l’Irep, président de la commission études de l’UDA.  et l’auteur notamment de « La grande mutation des marques high tech »

 

Richard Collin – Vision 2007

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« Je répéte à l’envie que l’économie de la connaissance, de l’innovation et la société en réseau qui se construit c’est d’abord la société de la confiance, de la transparence, de la reconnaissance et du discernement. Dans une perspective mondiale »

 
 
« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
2006 est sans doute le point d’inflexion reconnu mais ni encore complétement compris ni précisément évalué du passage d’une économie de la stricte transaction marchande à une économie de la connaissance et de l’immatériel caractérisée par le partage et la co-création de valeur. Y a t il une couleur pour ça ? Disons que pour reprendre la référence aux cigales de Bernard Maris dans son Tome 2 de l’Anti Manuel d’Economie, je dirai le bleu lavande….

 

 « Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? »
Les enjeux de l’efficacité collective et de la transformation des organisations pour mobiliser, respecter et reconnaître talents et compétences; le défi non pas de l’économie numérique mais celui de mettre du nuRichard Collinmérique dans l’économie; les évolutions en cours pour inventer des modéles d’affaires et des nouvelles évaluations de la création de valeur dans une économie de l’innovation et en réseau. Autant de questions auxquelles il faut apporter des réponses pertinentes et immédiates. Ceci exige d’incarner son expertise et ses connaissance autant qu’inventer de nouveaux métiers. Pour une demande qui se développe considérablement.

« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »
Je répéte à l’envie que l’économie de la connaissance, de l’innovation et la société en réseau qui se construit c’est d’abord la société de la confiance, de la transparence, de la reconnaissance et du discernement. Dans une perspective mondiale, c’est un espoir; à la lumiére de nos querelles gauloises c’est une crainte…mais comme toujours au pessimisme de l’intelligence opposons l’optimisme de la volonté….

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Pour accompagner et participer à la peu évidente mise en place de la convergence entre les interets collectifs et individuels, 2007 est pour moi l’occasion de travailler sur quatre projets:
– de la recherche-action dans le cadre de ma chaire « Efficacité collective, Travail collaboratif et en réseau, Organisations Innovantes » et de son Institut pour l’économie de la connaissance et de l’immatériel au sein de Grenoble Ecole de Management. Avec en tête la réflexion sur les « dispositifs » de création de valeur et la mesure de cette valeur
– de l’accompagnement stratégique et opérationnel des entreprises et institutions dans le cadre de l’activité de conseil d’ICCE qui est appelé à se développer et évoluer
– de la publication avec notamment le Tome 2 « Manager autrement » du Petit Précis d’Efficacité Collective à paraître en Aout 2007
– de la formation-action avec le lancement et la mise en place de l’Académie de l’Efficacité collective et du travail collaboratif avec Demos

Bio: Richard Collin est Fondateur et dirigeant de ICCE (Intelligence Collective, Coopération et Efficacité – International Centre for Collective Efficiency www.icce-link.com), Vice Président de l’Association Française des utilisateurs du Net et du e-business (AFNeT, www.afnet.fr), Fondateur et animateur des Rencontres Innovation, Compétitivité et Connaissances (www.rencontres-icc.com), Visiting Professor à Grenoble Ecole de Management (www.grenoble-em.com ) titulaire de la Chaire « Efficacité collective, Travail collaboratif et en réseau, Organisations innovantes » et responsable de EIKE ‘European Institute for the Knowledge Economy », Richard COLLIN, pionnier et praticien du travail collaboratif et des organisations en réseau, est un expert et consultant international reconnu qui accompagne, conseille, coache et forme les entreprises, les institutions, les territoires et les hommes dans leur évolution et leur transformation compétitive vers la société en réseau et l’économie de la connaissance.

Richerd Collin à également piloter la réalisation du « Petit précis d’efficacité collective »

Henri Kaufman – Vision 2007

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« Ce qui me frappe, c’est le succès des systèmes de marketing qui changent radicalement les modèles traditionnels plutôt que de rajouter une couche Web sur un mille feuille très sédimenté, uniquement pour faire moderne ! ». »

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
J’ai du mal à imaginer une couleur à cause de la vitesse extrême de l’évolution des techniques et des applications. J’ai plutôt l’impreshenri kaufmansion d’un fondu enchaîné, d’une photo filée comme disent les photographes. On à peine le temps de se poser ou de tourner la tête que des nouveautés apparaissent. À cet égard, le concept de « fiche d’identité numérique » qui remplace (ou complète) la fiche d’identité « analogique » est significative. Cette fiche a été diffusée par Fred Cavazza sur une bonne idée initiale de Raphaêl (U. lik). On identifie la personne en fonction de son comportement sur le net plutôt que par son comportement de consommateur ou par ses coordonnées géographiques. Le « qui se ressemble s’assemble » n’est plus d’actualité. L’apparition du pouvoir des communautés est impressionnant. Tout le monde peut désormais communiquer avec tout le monde et… changer le monde en quelques mois, comme l’ont fait les deux compères de YouTube (et que l’antérieur DailyMotion n’a pas su faire aussi vite)
 
 
« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? »
Les business models changent en privilégiant le client, le consommateur, l’autre. Ce n’est pas par hasard si la une de Time Magazine sur l’homme de l’anné a choisi « YOU ». Ce qui me frappe, c’est le succès des systèmes de marketing qui changent radicalement les modèles traditionnels plutôt que de rajouter une couche Web sur un mille feuille très sédimenté, uniquement pour faire moderne ! Il est temps que les marques, et leurs dirigeants prennent pleinement conscience de la révolution que nous vivons sur la toile. Ne pas être connecté aujourd’hui, c’est presque aussi douloureux que ne plus avoir l’éléctricité !
 
 
« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »

Rester dans le coup, dans le peloton de tête. Un mois de vacances et on est largué ! La solidarité sur la blogosphère est très utile pour partager et améliorer ses connaissances, ses relations, et élargir ses centres d’intérêt. Bien sûr, la courbe exponentielle du développement Internet va se tasser et les journalistes crieront encore à l’éclatement de la bulle…, ce qui risque peut-être de la faire éclater une deuxième fois.
 
 

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Je travaille actuellement avec des partenaires sur l’utilisation couplée des puces RFID (identification sans contact) et des téléphones mobiles. Il y a là un potentiel considérable dans le domaine du retail et de la fidélisation.
La réflexion sur les communautés, les réseaux, la communication P2P en dehors des marques me semble aussi constituer un vaste champ d’investigations intéressantes.
 
 
Bio: Henri Kaufman est un scientifique qui est devenu publicitaire – Ecole Centrale puis Ecole des Pétroles – Doctorat en Mathématiques Appliquées à l’Économie – Directeur Informatique puis Editeur aux Editions Rombaldi- Président-fondateur de l’Agence de Marketing Relationnel Communider en 1987, dans le groupe Havas – Vice Président du Cercle du Marketing Direct – Auteur de plusieurs livres dont le Lissage exponentiel (méthodes de Prévision à court terme), « Confidences en Direct », « Sciences et Communication font elles bon ménage », « Un an de Pub » et le « Marketing de l’Ego »
 
 

Eunika Mercier Laurent – Vision 2007

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« Mon rêve : appliquer ma démarche holistique de « Global Knowledge Innovation » à l’economie française ». »

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »

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 en France,

au niveau mondial (plus de fruits)

 

« Comment voyez vous 2007 , quelles évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine (métier, expertise, marché…) ? »
Evolutions ? J’espere que l’importance du metier d’architecte de flux de connaissance sera enfin compris et reconnu.
J’espere le marché français plus receptif. Malgré les apparences, « le marché » doit comprendre que l’innovation a besoin d’une vision et d’une stratégie, globale de preference. Il ne suffit pas d’innover que technologiquement pour redevenir une nation forte et riche.

« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »
J’espere un eveil de conscience en ce qui concerne notre économie : passer de « faster, cheaper… » à la génération de valeurs à partir de nos richesses et dans une logique 3D. J’espere que le travail sera valorisé et que  notre patrimoine intellectuel sera enfin connu, apprecié à sa juste valeur et utilisé pour créer des valeurs localement et globalement. J’espere que nos dirigeants vont comprendre que les entreprises et plus particulierement les PME et les entrepreneurs ne sont pas de vaches à lait, surtout quand ce lait est gaspillé et que l’entreprenariat doit être encouragé et valorisé. J’espere que nos média seront enfin utilisés pour  augmenter le niveau intellectuel plutôt que l’abaisser et à reapprendre le respect. J’espere que l’education sera adaptée au monde global et dynamique. Sinon, les 30 ans de vache maigre vont continuer.

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Mon rêve : appliquer ma démarche holistique de « Global Knowledge Innovation » à l’economie française.

Bio : Eunika Mercier Laurent (EML) dirige une entreprise de formation et de conseil dédiée à l’organisation et de la gestion des connaissances elle est co – auteur de Knowledge Economics , Tome 1 : Principles & Standards, Tome 2 : Practices, Tome 3 : Policy, Governance & Measurement (voir podcast autour du livre)

Rémi Sansaloni – Vision 2007

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« …que le marketing ouvre enfin les yeux sur la réalité démographique et socio-économique
et ne reste pas enfermer dans un jeunisme stérile ou dans un cartésianisme obsolète ». »

 

« De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
Pour l’heure, mon domaine de compétence est le comportement du consommateur. Et, dans celui-ci, l’année 2006 fut riche et fertile. La presse, spécialisée ou non, s’est largement fait l’écho des interrogations profondes des acteurs du marché sur ce consommateur bien difficile à cerner dans un contexte pour le moins indéterminé ! En même temps, et c’est un des côtés les plus positifs à mes yeux, le marketing s’est enrichi d’adjectifs ou de qualificatifs que l’on n’aurait pas imaginé naguère. J’ai ainsi pu lire de plus en plus fréquemment des mots tels que participation, relation, interaction, république… De nouvelles pratiques se sont plus largement déployées, principalement autour de l’ethnographie et de tous ces outils qui permettent de mieux connaître, i.e. plus concrètement, le comportement de ce consommateur. Reste que des ouvertures stratégiques majeures, vers les seniors ou vers un gender marketing par exemple, ne sont pas encore rentrées dans l’esprit des décideurs !

« Comment voyez-vous 2007, quelles évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ? »
Je crains fort que l’année 2007 s’annonce plus politique que toute autre chose. Et l’on sait qu’en France, ce genre de période correspondant à une situation d’attente. Je n’envisage guère de grandes « révolutions » dans mon domaine. Et ce d’autant plus que l’innovation est plutôt atone en France. Si évolutions majeures il y a, elles viendront très probablement du côté de la Toile et de l’amplification du déploiement des nouveaux outils de communication vers ce nouveau média.

« Quels sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ? »
Mes espoirs : que le marketing ouvre enfin les yeux sur la réalité démographique et socio-économique et ne reste pas enfermer dans un jeunisme stérile ou dans un cartésianisme obsolète. C’est une démarche qui s’amorce très lentement, encore de façon trop superficielle, mais c’est un début qu’il faut encourager.

Mes craintes : que le contexte économique, très peu favorable à l’expression de la créativité, ne vienne justement stopper un mouvement qui va dans le bon sens. Moyennant quoi, les consommateurs seront tentés d’exprimer encore un peu plus leur résistance ou leur défiance.

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ? »
Je souhaiterais pouvoir approfondir deux problématiques dans la recherche d’une meilleure compréhension du consommateur : d’une part, creuser les implications du développement d’Internet sur son comportement (notamment autour de ce que j’ai appelé la Monade cybernétique) ; d’autre part, réfléchir sur les possibles applications de l’ethnométhodologie, principalement par rapport à ce qu’on nomme la phénoménologie du quotidien. Tout cela prenant appui sur un plus large déploiement de mon hypothèse de l’émergence du non-consommateur et de la consocratie.

 

Bio : Sociologue et philosophe de formation, Rémi Sansaloni est actuellement responsable d’études marketing au sein du département TNS Media Intelligence . Il participe depuis plus de dix ans à la rédaction du Marketing Book, et est, en outre, en charge des Observatoires Marketing sur le comportement du consommateur et sur les seniors.
Il est dernièrement l’auteur du livre « Le non consommateur »

Pierre Levy – Vision 2007

medium_cubepetit.jpg« … La blogosphère, les wikis, le P2P, les jeux collaboratifs multi-joueurs en ligne et autres logiciels sociaux ont donné à des millions de gens un avant-goût de l’intelligence collective dans le cyberespace. »

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ?»
1) Le principal événement dans mon activité a été la conception, la réalisation (avec plusieurs intervenants) et la mise en ligne du site www.ieml.org, qui contient notamment une première version, hautement hypertextuelle, du dictionnaire IEML ainsi que la première version d’un éditeur de graphes IEML. Plusieurs publications spécialisées m’ont également permis d’annoncer le projet à la communauté scientifique. 2006 est donc l’année de naissance d’IEML, après une quinzaine d’années de gestation.

2) En 2006, le WWW consortium a, lui aussi, lancé l’idée d’un « Common Web Language » pour résoudre le problème de l’interopérabilité sémantique, que les outils actuels du dit « Web sémantique » (XML, RDF, OWL) ne permettent pas de résoudre. Malheureusement, le groupe qui traite le dossier du common web language est fermé et son président ne répond pas aux mails. Cette opacité ne présage rien de bon :  elle suggère que le WWW consortium est en fait un groupe d’intérêts privés et qu’il ne pratique pas la transparence propre à la communauté scientifique, ce qui est particulièrement grave vu l’importance de l’enjeu. Mais j’espère me tromper sur ce point!

3) Finalement j’ai eu le plaisir d’assister à la création d’un centre de recherche sur l’intelligence collective au MIT. Bien que je n’aie pas décelé d’idées très originales dans leur site, l’événement est d’importance parce qu’il officialise et légitime à l’échelle internationale un champ de recherche orienté vers l’augmentation des capacité cognitives des groupes humains par un usage judicieux des ordinateurs en réseau. Par ailleurs, je vois avec plaisir se multiplier les propos, groupes de travail (dont celui de la FING), publications, blogs, centres de recherches et programmes d’enseignement consacrés directement ou indirectement à l’intelligence collective.  Je rappelle que mon ouvrage « L’intelligence collective » date de 1994, l’année où le Web venait juste de poindre son nez, et que cette expression – tout comme la philosophie sous-jacente – avaient été fortement critiqués à l’époque et dans les années qui ont suivi… Douze ans plus tard, l’intelligence collective commence à devenir une évidence, à la fois conceptuelle et pratique (le web 2.0).
 

«Comment voyez vous 2007, quelles évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine (métier, expertise, marché…) ? »
Si mon domaine est le développement des connaissances théoriques et pratiques sur l’intelligence collective, les choses bougent à une échelle qui n’est pas celle de l’année mais plutôt celle de la décénnie. La blogosphère, les wikis, le P2P, les jeux collaboratifs multi-joueurs en ligne et autres logiciels sociaux ont donné à des millions de gens un avant-goût de l’intelligence collective dans le cyberespace. Tout cela exploite les possibilités d’Internet (interconnexion entre ordinateurs) et du web (interconnexion entre pages). Il faudra sans doute encore plusieurs années avant que l’on se décide à passer à l’étape suivante, celle d’un adressage des concepts, au-dessus de l’adressage des ordinateurs (TCP-IP) et de l’adressage des pages et des liens (HTTP). En effet, ce n’est qu’à partir d’un adressage mathématique des concepts qu’il deviendra possible d’exploiter pleinement l’unification en cours de la mémoire humaine dans le cyberespace, d’observer de manière mesurable et réflexive les phénomènes d’intelligence collective et de maîtriser la gestion des connaissances.

 
«Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
2007 devrait voir plusieurs développements de l’initiative IEML.
1) Dès le mois d’avril, nous devrions disposer d’un wiki (le wikimetal, pour « wiki du métalangage ») qui permettra à diverses communautés de discuter la traduction de leurs terminologies en IEML. Lorsqu’un consensus aura été atteint sur le wiki, les nouveaux « mots » IEML (c’est-à-dire des adresses conceptuelles interprétées en langues naturelles) seront intégrées au dictionnaire de référence.
2) Une équipe internationale de spécialistes en informatique devrait commencer à programmer un moteur de recherche sémantique capable d’interroger des bases de données indexées en IEML. Il s’agit du labo de communication multimedia de l’Université d’Ottawa sous la direction de Abed El Saddik, du labo d’informatique cognitive de l’UQAM avec la participation de Daniel Memmi, d’une équipe du labo Paragraphe de Paris-8 sous la direction de Imad Saleh, d’une équipe brésilienne autour de la bibliothèque virtuelle en santé sous la direction de Rogerio Da Costa et des spécialistes américains des « Topic Maps » Michel Biezunski et Steve Newcomb.
3) Le moteur de recherche sémantique devrait être testé sur plusieurs bases de données dans les domaines de la santé publique, de l’alimentation, des compétences des adultes en formation et autres.

Bio : Pierre Lévy a consacré sa vie professionnelle à analyser les implications culturelles et cognitives des technologies numériques et à promouvoir leurs meilleurs usages sociaux.

Né en 1956. Maîtrise d’histoire des sciences (Paris, Sorbonne, 1980, dirigée par Michel Serres). Doctorat de sociologie (Paris EHESS 1983, dirigée par Cornélieus Castoriadis).
Chercheur au CREA (École polytechnique, Paris) sur l’histoire de la cybernétique, de l’intelligence artificielle et de la vie artificielle, 1983-1986. Professeur invité à l’Université du Quebec à Montréal, departement de communication, 1987-1989, enseigne l’informatique pour la communication. Professeur en sciences de l’éducation à l’ Université de Paris-Nanterre, 1990-1992, enseigne les technologies pour l’éducation. Habilitation à diriger des recherches en sciences de l’information et de la communication (Grenoble 1991). Co-fondateur et chercheur au Neurope Lab. Recherches sur l’économie et la technologie de la connaissance, 1991-1995. Il est membre de la mission officielle sur l’enseignement ouvert et à distance.

A propos d’IEML

Olivier Zara – Vision 2007

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« L’intelligence collective entre dans le discours politique….La croissance du nombre de publications sur le thème de l’intelligence collective est incroyable… »


De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »

J’ai observé en 2006 des évolutions intéressantes dans mon domaine à travers mes activités de consultant et d’éditeur de logiciels web 2.0. Mes clients et prospects comprennent mieux les enjeux acOlivier Zaratuels de l’économie du savoir parce que le nombre d’experts qui s’expriment sur le sujet est plus grand qu’avant et surtout parce qu’il y a une certaine convergence dans les discours. La théorie du Centième Singe est peut-être en train de se réaliser ! (Voir l’article sur mon blog)

A travers les communautés virtuelles que j’anime, j’ai aussi remarqué que les participants s’approprient plus facilement qu’avant les technologies nécessaires pour manager l’intelligence collective. La quantité des questions envoyées au support technique de ma société diminue chaque année. Les questions sont plus pointues, les gens veulent aller plus loin dans la compréhension des outils. Il y a un début de maturité en terme de participation. Par contre, la capacité à animer des discussions virtuelles restent une épreuve pour beaucoup. Les directions ne comprennent pas encore les défis autour de l’animation de communautés virtuelles. Manager une équipe en face à face et à distance par le biais de logiciels nécessitent des compétences différentes et donc une formation spécifique.

J’observe également que les freins culturels restent très fort. Il est toujours très difficile d’aborder la question de la culture. Les directions martèlent encore que leurs employés coopèrent et que leur souhait est simplement d’être plus performant par le biais d’un logiciel, d’une formation et de méthodes. Pourtant, dès qu’on descend dans la hiérarchie, les exemples de non coopération émergent, les témoignages se multiplient dans les interviews. L’entreprise continue à vivre le rêve du « Tout le monde coopère chez nous » tandis que la réalité est souvent « Chacun pour soi ».

« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? »
Je vous propose maintenant quelques raisons d’être optimiste pour 2007 :

  • L’intelligence collective entre dans le discours politique. Dans mon billet « Marketing politique et Intelligence collective« , je cite 3 discours de dirigeants politiques : Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et Christian Blanc. Pour savoir s’il s’agit de marketing politique ou de convictions profondes, il faudra malheureusement attendre quelques années après l’élection pour juger sur des faits. Mais marketing ou pas, on peut saluer l’effort et faire la longue liste de tous les politiciens qui n’ont jamais évoqué l’intelligence collective dans leur discours.
    Les modes de gouvernance au niveau politique et au niveau économique sont culturellement liés. Si l’un bouge, il y a des chances que l’autre soit aussi obligé de bouger.
  • La croissance du nombre de publications sur le thème de l’intelligence collective est incroyable. Il s’agit de livres, d’articles de presse et bien sûr de billets dans les blogs. A ce titre, je tiens à souligner la contribution de MM2 Editions qui innove beaucoup sur le sujet aussi bien dans sa ligne éditoriale que par la création d’espaces interactifs communautaires autour de chaque livre. Malo Girod de l’Ain, fondateur de cette maison d’édition, apporte ainsi une contribution positive pour aider la société à comprendre les émergences culturelles et technologiques qui sont pour l’instant invisibles du plus grand nombre.
  • La blogosphère qui porte les valeurs de l’intelligence collective est en pleine expansion. Mais il faut quand même distinguer 2 blogosphères :

    1. La blogosphère des journaux intimes où l’on raconte sa vie. Pas besoin d’être un expert pour raconter mavie.com, ni de savoir écrire. Exhibitionnisme ou ego-trip si on veut la critiquer. Besoin de partage, d’appartenance, de reconnaissance si on veut la positiver et montrer l’utilité sociale.

    2. La blogosphère des experts, leaders d’opinion, journalistes, des “professionnels amateurs” (voir Wikipedia pour ce concept), des cybercitoyens et cyberpoliticiens, qui produisent des contenus et réfléchissent ensemble sur divers sujets. L’ego-trip n’est pas forcément absent mais il y a une dynamique collective plus marquée. Cette blogosphère contribue au développement de l’intelligence collective car il s’agit d’un espace à part entière de partage des connaissances et d’échanges à travers les commentaires fait sur les billets.

  • Le développement du nombre de centres de recherche sur l’intelligence collective commence. “The MIT Center for Collective Intelligence” a été lancé le 13 octobre 2006 au sein du MIT (Massachusetts Institute of Technology). Voici la présentation du centre (http://cci.mit.edu/index.html) : « While people have talked about collective intelligence for decades, new communication technologies—especially the Internet—now allow huge numbers of people all over the planet to work together in new ways. The recent successes of systems like Google and Wikipedia suggest that the time is now ripe for many more such systems, and the goal of the MIT Center for Collective Intelligence is to understand how to take advantage of these possibilities.
    Our basic research question is: How can people and computers be connected so that—collectively—they act more intelligently than any individuals, groups, or computers have ever done before?
    With its combination of expertise in computer science, brain sciences, and management, MIT is uniquely suited to address this question. We hope this work will lead to new scientific understanding in a variety of disciplines and practical advances in many areas of business and society. »
    Le lancement de ce centre par une des plus prestigieuses universités américaines est une très bonne nouvelle pour les ambassadeurs de l’intelligence collective. Bien que leur approche, leur discours, l’origine des contributeurs soient très universitaire, cela va ouvrir de nouvelles perspectives pour le management de l’intelligence collective dans les entreprises. A ce jour, il n’existait que la Chaire de recherche du Canada sur l’intelligence collective à l’université d’Ottawa. Nous avons maintenant 2 centres de recherche importants en Amérique du Nord qui deviendra donc probablement bientôt leader dans ce domaine.

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
En guise de conclusion, j’invite les lecteurs de NextModernity à venir apporter leurs contributions sur le management de l’intelligence sur mon blog : http://blog.axiopole.info/ et sur le portail management 2.0. J’ai commencé la rédaction de mon prochain livre à paraître fin 2007. Il s’agit d’une suite de mon livre sur le management de l’intelligence collective. Ce tome 2 sera un guide pratique qui proposera de nouveaux outils pour manager les connaissances et l’intelligence collective. Le blog et le portail rassemblent une communauté informelle qui contribue à la rédaction de ce livre comme elle l’a fait avec le précédent en 2003 et 2004 !

Bio : Olivier Zara est président et fondateur d’Axiopole, réseau spécialisé dans les solutions web 2.0 au service des communautés de pratique et des équipes. Il est l’auteur du livre « Le Management de l’Intelligence Collective »

Nathalie Brion – Vision 2007

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« …l’émergence des blogs et l’avènement de web 2.0 changent fondamentalement la structuration, la forme et l’impact des opinions publiques… »

 

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
Ce fût une très belle année pour Tendances Institut même s’il reste beaucoup à faire encore. Les entreprises ont pris conscience de l’importance des opinions publiques, de leur poids et par voie de conséquence de la nécessité pour ces dernières d’avoir une connaissance approfondie de leur enNathalie Brionvironnement societal.

« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? »
Le « marché » de l’opinion est en train de changer. D’une part les entreprises et institutions perçoivent aujourd’hui les limites des approches quantitatives, d’autre part l’émergence des blogs et l’avènement de web 2.0 changent fondamentalement la structuration, la forme et l’impact des opinions publiques. C’est un nouveau monde qui s’ouvre à ces métiers aujourd’hui.

« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »
L’effet référendum et banlieues est retombé du fait de la platitude du démarrage de la campagne présidentielle, ce qui fait qu’il n’y a pas eu d’inscription massive sur les listes électorales à la fin de l’année. Ceux-là même qui ne se sont pas inscrits, sont souvent les plus mécontents du système actuel. Or, ce mécontentement va devoir s’exprimer. Manifestement ce ne sera pas dans les urnes, ce retournement signe selon moi le fait que les français n’espèrent plus dans le politique pour apporter des solutions. Il faut s’attendre à une présidentielle, brutale, houleuse marquée du sceau de la surprise.

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
J’espère que nous saurons anticiper et maîtriser collectivement les troubles qui nous attendent.

 

 

Bio : Nathalie Brion est titulaire d’un DEA de sciences politiques et d’une licence de philosophie, elle a été associé et membre du directoire du cabinet d’intelligence économique ESL & Network de 1992 à 2000.Elle préside depuis juillet 2004 l’Institut Tendances.Par ailleurs Nathalie Brion a enseigné au DESS d’études stratégiques et marketing de l’IEP Paris, à l’ESCP et à l’École Polytechnique.
Elle est également chroniqueuse de la chaîne Public Sénat, où elle est en charge de l’analyse du discours des hommes politiques.
Nathalie Brion est co-auteur avec Jean Brousse de « La bulle, la France divorce de ses élites »

Thierry Crouzet – Vision 2007

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« J’espère que le cinquième pouvoir va affirmer sa présence, que les politiciens vont arrêter de jouer aux chefaillons et vont prendre en considération les citoyens. Depuis 2002, chaque année, internet pèse dans une élection quelque part dans le monde.. »

« De quelle couleur fut 2006 dans votre domaine de compétences ?»
Je ne sais pas trop quel est mon domaine ; peut-être la politique à l’âge d’internet. Je me suis dit que nous avions enfin les moyens de changer le monde parce que j’ai vu de plus en plus de gens se rejoindre et avancer dans la même direction. J’ai ressenti presque viscéralement qu’une lame de fond était en train de nous emporter. Nous vivons une époque de bouleversements sans précédents, c’est excitant, ça nous donne aussi de sacrés responsabilités.

«Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ?»
JThierry Crouzet’espère que le cinquième pouvoir va affirmer sa présence, que les politiciens vont arrêter de jouer aux chefaillons et vont prendre en considération les citoyens. Depuis 2002, chaque année, internet pèse dans une élection quelque part dans le monde. En 2007, ce sera peut-être en France lors de la présidentielle. D’un autre côté, je crains que des graines de dictateurs ne cherchent à mettre le cinquième pouvoir sous l’éteignoir et nous attirent vers des régimes durs qui seraient néfastes alors que nous vivons une phase d’innovation tout azimut. Nous avons besoin de liberté, pas seulement de la liberté d’entreprendre, de la liberté avec un grand L.

«Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ? »
J’ai envie de me remettre à mon roman Croisade qui raconte la lutte entre les hommes libres et les conservateurs autoritaristes, entre le cinquième pouvoir et le pouvoir dur. J’espère ainsi réussir à vulgariser certaines idées, notamment l’auto-organisation, dont beaucoup de gens ont du mal à croire qu’elles peuvent être de vraies solutions politiques.

Bio : Ingénieur de formation, journaliste, ancien rédacteur en chef et fondateur des magazines PC Direct et PC Expert, Thierry Crouzet à publié d’autres ouvrages chez MicrosoftPress puis chez First. Il est également éditeur de bonWeb.com, version électronique de son « Guide des meilleurs sites Web ».

Thierry Crouzet est également l’auteur du « Peuple des connecteurs »