Rémi Sansaloni – Vision 2007

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« …que le marketing ouvre enfin les yeux sur la réalité démographique et socio-économique
et ne reste pas enfermer dans un jeunisme stérile ou dans un cartésianisme obsolète ». »

 

« De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
Pour l’heure, mon domaine de compétence est le comportement du consommateur. Et, dans celui-ci, l’année 2006 fut riche et fertile. La presse, spécialisée ou non, s’est largement fait l’écho des interrogations profondes des acteurs du marché sur ce consommateur bien difficile à cerner dans un contexte pour le moins indéterminé ! En même temps, et c’est un des côtés les plus positifs à mes yeux, le marketing s’est enrichi d’adjectifs ou de qualificatifs que l’on n’aurait pas imaginé naguère. J’ai ainsi pu lire de plus en plus fréquemment des mots tels que participation, relation, interaction, république… De nouvelles pratiques se sont plus largement déployées, principalement autour de l’ethnographie et de tous ces outils qui permettent de mieux connaître, i.e. plus concrètement, le comportement de ce consommateur. Reste que des ouvertures stratégiques majeures, vers les seniors ou vers un gender marketing par exemple, ne sont pas encore rentrées dans l’esprit des décideurs !

« Comment voyez-vous 2007, quelles évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ? »
Je crains fort que l’année 2007 s’annonce plus politique que toute autre chose. Et l’on sait qu’en France, ce genre de période correspondant à une situation d’attente. Je n’envisage guère de grandes « révolutions » dans mon domaine. Et ce d’autant plus que l’innovation est plutôt atone en France. Si évolutions majeures il y a, elles viendront très probablement du côté de la Toile et de l’amplification du déploiement des nouveaux outils de communication vers ce nouveau média.

« Quels sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ? »
Mes espoirs : que le marketing ouvre enfin les yeux sur la réalité démographique et socio-économique et ne reste pas enfermer dans un jeunisme stérile ou dans un cartésianisme obsolète. C’est une démarche qui s’amorce très lentement, encore de façon trop superficielle, mais c’est un début qu’il faut encourager.

Mes craintes : que le contexte économique, très peu favorable à l’expression de la créativité, ne vienne justement stopper un mouvement qui va dans le bon sens. Moyennant quoi, les consommateurs seront tentés d’exprimer encore un peu plus leur résistance ou leur défiance.

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ? »
Je souhaiterais pouvoir approfondir deux problématiques dans la recherche d’une meilleure compréhension du consommateur : d’une part, creuser les implications du développement d’Internet sur son comportement (notamment autour de ce que j’ai appelé la Monade cybernétique) ; d’autre part, réfléchir sur les possibles applications de l’ethnométhodologie, principalement par rapport à ce qu’on nomme la phénoménologie du quotidien. Tout cela prenant appui sur un plus large déploiement de mon hypothèse de l’émergence du non-consommateur et de la consocratie.

 

Bio : Sociologue et philosophe de formation, Rémi Sansaloni est actuellement responsable d’études marketing au sein du département TNS Media Intelligence . Il participe depuis plus de dix ans à la rédaction du Marketing Book, et est, en outre, en charge des Observatoires Marketing sur le comportement du consommateur et sur les seniors.
Il est dernièrement l’auteur du livre « Le non consommateur »

Pierre Levy – Vision 2007

medium_cubepetit.jpg« … La blogosphère, les wikis, le P2P, les jeux collaboratifs multi-joueurs en ligne et autres logiciels sociaux ont donné à des millions de gens un avant-goût de l’intelligence collective dans le cyberespace. »

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ?»
1) Le principal événement dans mon activité a été la conception, la réalisation (avec plusieurs intervenants) et la mise en ligne du site www.ieml.org, qui contient notamment une première version, hautement hypertextuelle, du dictionnaire IEML ainsi que la première version d’un éditeur de graphes IEML. Plusieurs publications spécialisées m’ont également permis d’annoncer le projet à la communauté scientifique. 2006 est donc l’année de naissance d’IEML, après une quinzaine d’années de gestation.

2) En 2006, le WWW consortium a, lui aussi, lancé l’idée d’un « Common Web Language » pour résoudre le problème de l’interopérabilité sémantique, que les outils actuels du dit « Web sémantique » (XML, RDF, OWL) ne permettent pas de résoudre. Malheureusement, le groupe qui traite le dossier du common web language est fermé et son président ne répond pas aux mails. Cette opacité ne présage rien de bon :  elle suggère que le WWW consortium est en fait un groupe d’intérêts privés et qu’il ne pratique pas la transparence propre à la communauté scientifique, ce qui est particulièrement grave vu l’importance de l’enjeu. Mais j’espère me tromper sur ce point!

3) Finalement j’ai eu le plaisir d’assister à la création d’un centre de recherche sur l’intelligence collective au MIT. Bien que je n’aie pas décelé d’idées très originales dans leur site, l’événement est d’importance parce qu’il officialise et légitime à l’échelle internationale un champ de recherche orienté vers l’augmentation des capacité cognitives des groupes humains par un usage judicieux des ordinateurs en réseau. Par ailleurs, je vois avec plaisir se multiplier les propos, groupes de travail (dont celui de la FING), publications, blogs, centres de recherches et programmes d’enseignement consacrés directement ou indirectement à l’intelligence collective.  Je rappelle que mon ouvrage « L’intelligence collective » date de 1994, l’année où le Web venait juste de poindre son nez, et que cette expression – tout comme la philosophie sous-jacente – avaient été fortement critiqués à l’époque et dans les années qui ont suivi… Douze ans plus tard, l’intelligence collective commence à devenir une évidence, à la fois conceptuelle et pratique (le web 2.0).
 

«Comment voyez vous 2007, quelles évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine (métier, expertise, marché…) ? »
Si mon domaine est le développement des connaissances théoriques et pratiques sur l’intelligence collective, les choses bougent à une échelle qui n’est pas celle de l’année mais plutôt celle de la décénnie. La blogosphère, les wikis, le P2P, les jeux collaboratifs multi-joueurs en ligne et autres logiciels sociaux ont donné à des millions de gens un avant-goût de l’intelligence collective dans le cyberespace. Tout cela exploite les possibilités d’Internet (interconnexion entre ordinateurs) et du web (interconnexion entre pages). Il faudra sans doute encore plusieurs années avant que l’on se décide à passer à l’étape suivante, celle d’un adressage des concepts, au-dessus de l’adressage des ordinateurs (TCP-IP) et de l’adressage des pages et des liens (HTTP). En effet, ce n’est qu’à partir d’un adressage mathématique des concepts qu’il deviendra possible d’exploiter pleinement l’unification en cours de la mémoire humaine dans le cyberespace, d’observer de manière mesurable et réflexive les phénomènes d’intelligence collective et de maîtriser la gestion des connaissances.

 
«Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
2007 devrait voir plusieurs développements de l’initiative IEML.
1) Dès le mois d’avril, nous devrions disposer d’un wiki (le wikimetal, pour « wiki du métalangage ») qui permettra à diverses communautés de discuter la traduction de leurs terminologies en IEML. Lorsqu’un consensus aura été atteint sur le wiki, les nouveaux « mots » IEML (c’est-à-dire des adresses conceptuelles interprétées en langues naturelles) seront intégrées au dictionnaire de référence.
2) Une équipe internationale de spécialistes en informatique devrait commencer à programmer un moteur de recherche sémantique capable d’interroger des bases de données indexées en IEML. Il s’agit du labo de communication multimedia de l’Université d’Ottawa sous la direction de Abed El Saddik, du labo d’informatique cognitive de l’UQAM avec la participation de Daniel Memmi, d’une équipe du labo Paragraphe de Paris-8 sous la direction de Imad Saleh, d’une équipe brésilienne autour de la bibliothèque virtuelle en santé sous la direction de Rogerio Da Costa et des spécialistes américains des « Topic Maps » Michel Biezunski et Steve Newcomb.
3) Le moteur de recherche sémantique devrait être testé sur plusieurs bases de données dans les domaines de la santé publique, de l’alimentation, des compétences des adultes en formation et autres.

Bio : Pierre Lévy a consacré sa vie professionnelle à analyser les implications culturelles et cognitives des technologies numériques et à promouvoir leurs meilleurs usages sociaux.

Né en 1956. Maîtrise d’histoire des sciences (Paris, Sorbonne, 1980, dirigée par Michel Serres). Doctorat de sociologie (Paris EHESS 1983, dirigée par Cornélieus Castoriadis).
Chercheur au CREA (École polytechnique, Paris) sur l’histoire de la cybernétique, de l’intelligence artificielle et de la vie artificielle, 1983-1986. Professeur invité à l’Université du Quebec à Montréal, departement de communication, 1987-1989, enseigne l’informatique pour la communication. Professeur en sciences de l’éducation à l’ Université de Paris-Nanterre, 1990-1992, enseigne les technologies pour l’éducation. Habilitation à diriger des recherches en sciences de l’information et de la communication (Grenoble 1991). Co-fondateur et chercheur au Neurope Lab. Recherches sur l’économie et la technologie de la connaissance, 1991-1995. Il est membre de la mission officielle sur l’enseignement ouvert et à distance.

A propos d’IEML

Olivier Zara – Vision 2007

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« L’intelligence collective entre dans le discours politique….La croissance du nombre de publications sur le thème de l’intelligence collective est incroyable… »


De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »

J’ai observé en 2006 des évolutions intéressantes dans mon domaine à travers mes activités de consultant et d’éditeur de logiciels web 2.0. Mes clients et prospects comprennent mieux les enjeux acOlivier Zaratuels de l’économie du savoir parce que le nombre d’experts qui s’expriment sur le sujet est plus grand qu’avant et surtout parce qu’il y a une certaine convergence dans les discours. La théorie du Centième Singe est peut-être en train de se réaliser ! (Voir l’article sur mon blog)

A travers les communautés virtuelles que j’anime, j’ai aussi remarqué que les participants s’approprient plus facilement qu’avant les technologies nécessaires pour manager l’intelligence collective. La quantité des questions envoyées au support technique de ma société diminue chaque année. Les questions sont plus pointues, les gens veulent aller plus loin dans la compréhension des outils. Il y a un début de maturité en terme de participation. Par contre, la capacité à animer des discussions virtuelles restent une épreuve pour beaucoup. Les directions ne comprennent pas encore les défis autour de l’animation de communautés virtuelles. Manager une équipe en face à face et à distance par le biais de logiciels nécessitent des compétences différentes et donc une formation spécifique.

J’observe également que les freins culturels restent très fort. Il est toujours très difficile d’aborder la question de la culture. Les directions martèlent encore que leurs employés coopèrent et que leur souhait est simplement d’être plus performant par le biais d’un logiciel, d’une formation et de méthodes. Pourtant, dès qu’on descend dans la hiérarchie, les exemples de non coopération émergent, les témoignages se multiplient dans les interviews. L’entreprise continue à vivre le rêve du « Tout le monde coopère chez nous » tandis que la réalité est souvent « Chacun pour soi ».

« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? »
Je vous propose maintenant quelques raisons d’être optimiste pour 2007 :

  • L’intelligence collective entre dans le discours politique. Dans mon billet « Marketing politique et Intelligence collective« , je cite 3 discours de dirigeants politiques : Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et Christian Blanc. Pour savoir s’il s’agit de marketing politique ou de convictions profondes, il faudra malheureusement attendre quelques années après l’élection pour juger sur des faits. Mais marketing ou pas, on peut saluer l’effort et faire la longue liste de tous les politiciens qui n’ont jamais évoqué l’intelligence collective dans leur discours.
    Les modes de gouvernance au niveau politique et au niveau économique sont culturellement liés. Si l’un bouge, il y a des chances que l’autre soit aussi obligé de bouger.
  • La croissance du nombre de publications sur le thème de l’intelligence collective est incroyable. Il s’agit de livres, d’articles de presse et bien sûr de billets dans les blogs. A ce titre, je tiens à souligner la contribution de MM2 Editions qui innove beaucoup sur le sujet aussi bien dans sa ligne éditoriale que par la création d’espaces interactifs communautaires autour de chaque livre. Malo Girod de l’Ain, fondateur de cette maison d’édition, apporte ainsi une contribution positive pour aider la société à comprendre les émergences culturelles et technologiques qui sont pour l’instant invisibles du plus grand nombre.
  • La blogosphère qui porte les valeurs de l’intelligence collective est en pleine expansion. Mais il faut quand même distinguer 2 blogosphères :

    1. La blogosphère des journaux intimes où l’on raconte sa vie. Pas besoin d’être un expert pour raconter mavie.com, ni de savoir écrire. Exhibitionnisme ou ego-trip si on veut la critiquer. Besoin de partage, d’appartenance, de reconnaissance si on veut la positiver et montrer l’utilité sociale.

    2. La blogosphère des experts, leaders d’opinion, journalistes, des “professionnels amateurs” (voir Wikipedia pour ce concept), des cybercitoyens et cyberpoliticiens, qui produisent des contenus et réfléchissent ensemble sur divers sujets. L’ego-trip n’est pas forcément absent mais il y a une dynamique collective plus marquée. Cette blogosphère contribue au développement de l’intelligence collective car il s’agit d’un espace à part entière de partage des connaissances et d’échanges à travers les commentaires fait sur les billets.

  • Le développement du nombre de centres de recherche sur l’intelligence collective commence. “The MIT Center for Collective Intelligence” a été lancé le 13 octobre 2006 au sein du MIT (Massachusetts Institute of Technology). Voici la présentation du centre (http://cci.mit.edu/index.html) : « While people have talked about collective intelligence for decades, new communication technologies—especially the Internet—now allow huge numbers of people all over the planet to work together in new ways. The recent successes of systems like Google and Wikipedia suggest that the time is now ripe for many more such systems, and the goal of the MIT Center for Collective Intelligence is to understand how to take advantage of these possibilities.
    Our basic research question is: How can people and computers be connected so that—collectively—they act more intelligently than any individuals, groups, or computers have ever done before?
    With its combination of expertise in computer science, brain sciences, and management, MIT is uniquely suited to address this question. We hope this work will lead to new scientific understanding in a variety of disciplines and practical advances in many areas of business and society. »
    Le lancement de ce centre par une des plus prestigieuses universités américaines est une très bonne nouvelle pour les ambassadeurs de l’intelligence collective. Bien que leur approche, leur discours, l’origine des contributeurs soient très universitaire, cela va ouvrir de nouvelles perspectives pour le management de l’intelligence collective dans les entreprises. A ce jour, il n’existait que la Chaire de recherche du Canada sur l’intelligence collective à l’université d’Ottawa. Nous avons maintenant 2 centres de recherche importants en Amérique du Nord qui deviendra donc probablement bientôt leader dans ce domaine.

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
En guise de conclusion, j’invite les lecteurs de NextModernity à venir apporter leurs contributions sur le management de l’intelligence sur mon blog : http://blog.axiopole.info/ et sur le portail management 2.0. J’ai commencé la rédaction de mon prochain livre à paraître fin 2007. Il s’agit d’une suite de mon livre sur le management de l’intelligence collective. Ce tome 2 sera un guide pratique qui proposera de nouveaux outils pour manager les connaissances et l’intelligence collective. Le blog et le portail rassemblent une communauté informelle qui contribue à la rédaction de ce livre comme elle l’a fait avec le précédent en 2003 et 2004 !

Bio : Olivier Zara est président et fondateur d’Axiopole, réseau spécialisé dans les solutions web 2.0 au service des communautés de pratique et des équipes. Il est l’auteur du livre « Le Management de l’Intelligence Collective »

Nathalie Brion – Vision 2007

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« …l’émergence des blogs et l’avènement de web 2.0 changent fondamentalement la structuration, la forme et l’impact des opinions publiques… »

 

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
Ce fût une très belle année pour Tendances Institut même s’il reste beaucoup à faire encore. Les entreprises ont pris conscience de l’importance des opinions publiques, de leur poids et par voie de conséquence de la nécessité pour ces dernières d’avoir une connaissance approfondie de leur enNathalie Brionvironnement societal.

« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? »
Le « marché » de l’opinion est en train de changer. D’une part les entreprises et institutions perçoivent aujourd’hui les limites des approches quantitatives, d’autre part l’émergence des blogs et l’avènement de web 2.0 changent fondamentalement la structuration, la forme et l’impact des opinions publiques. C’est un nouveau monde qui s’ouvre à ces métiers aujourd’hui.

« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »
L’effet référendum et banlieues est retombé du fait de la platitude du démarrage de la campagne présidentielle, ce qui fait qu’il n’y a pas eu d’inscription massive sur les listes électorales à la fin de l’année. Ceux-là même qui ne se sont pas inscrits, sont souvent les plus mécontents du système actuel. Or, ce mécontentement va devoir s’exprimer. Manifestement ce ne sera pas dans les urnes, ce retournement signe selon moi le fait que les français n’espèrent plus dans le politique pour apporter des solutions. Il faut s’attendre à une présidentielle, brutale, houleuse marquée du sceau de la surprise.

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
J’espère que nous saurons anticiper et maîtriser collectivement les troubles qui nous attendent.

 

 

Bio : Nathalie Brion est titulaire d’un DEA de sciences politiques et d’une licence de philosophie, elle a été associé et membre du directoire du cabinet d’intelligence économique ESL & Network de 1992 à 2000.Elle préside depuis juillet 2004 l’Institut Tendances.Par ailleurs Nathalie Brion a enseigné au DESS d’études stratégiques et marketing de l’IEP Paris, à l’ESCP et à l’École Polytechnique.
Elle est également chroniqueuse de la chaîne Public Sénat, où elle est en charge de l’analyse du discours des hommes politiques.
Nathalie Brion est co-auteur avec Jean Brousse de « La bulle, la France divorce de ses élites »

Thierry Crouzet – Vision 2007

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« J’espère que le cinquième pouvoir va affirmer sa présence, que les politiciens vont arrêter de jouer aux chefaillons et vont prendre en considération les citoyens. Depuis 2002, chaque année, internet pèse dans une élection quelque part dans le monde.. »

« De quelle couleur fut 2006 dans votre domaine de compétences ?»
Je ne sais pas trop quel est mon domaine ; peut-être la politique à l’âge d’internet. Je me suis dit que nous avions enfin les moyens de changer le monde parce que j’ai vu de plus en plus de gens se rejoindre et avancer dans la même direction. J’ai ressenti presque viscéralement qu’une lame de fond était en train de nous emporter. Nous vivons une époque de bouleversements sans précédents, c’est excitant, ça nous donne aussi de sacrés responsabilités.

«Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ?»
JThierry Crouzet’espère que le cinquième pouvoir va affirmer sa présence, que les politiciens vont arrêter de jouer aux chefaillons et vont prendre en considération les citoyens. Depuis 2002, chaque année, internet pèse dans une élection quelque part dans le monde. En 2007, ce sera peut-être en France lors de la présidentielle. D’un autre côté, je crains que des graines de dictateurs ne cherchent à mettre le cinquième pouvoir sous l’éteignoir et nous attirent vers des régimes durs qui seraient néfastes alors que nous vivons une phase d’innovation tout azimut. Nous avons besoin de liberté, pas seulement de la liberté d’entreprendre, de la liberté avec un grand L.

«Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ? »
J’ai envie de me remettre à mon roman Croisade qui raconte la lutte entre les hommes libres et les conservateurs autoritaristes, entre le cinquième pouvoir et le pouvoir dur. J’espère ainsi réussir à vulgariser certaines idées, notamment l’auto-organisation, dont beaucoup de gens ont du mal à croire qu’elles peuvent être de vraies solutions politiques.

Bio : Ingénieur de formation, journaliste, ancien rédacteur en chef et fondateur des magazines PC Direct et PC Expert, Thierry Crouzet à publié d’autres ouvrages chez MicrosoftPress puis chez First. Il est également éditeur de bonWeb.com, version électronique de son « Guide des meilleurs sites Web ».

Thierry Crouzet est également l’auteur du « Peuple des connecteurs » 

Damien Bruté de Rémur – Vision 2007

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« …que les entreprises soient nombreuses à expérimenter la culture de l’Intelligence Economique pour une réelle révolution pacifique des relations humaines.. »

 

« De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
Un grand tournant pour l’intelligence économique qui est maintenant un chemin reconnu dans les entreprises, avec des blocages institutionnels persistants qui malheureusement pénalisent fortement les avancées en recherche. Les pionniers sont malheureusement en France facilement pénalisés dans leurs carrières et dans les budgets….

« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine  ? »
Damien Brué de Rémur Il faut maintenant s’attacher à développer et à faire connaître les exceptionnelles perspectives ouvertes dans l’entre prise et dans la gouvernance publique grâce au « management par l’information ».
Nous avons le pied dans la porte, il faut tenir jusqu’à l’ouverture pour de bon.

« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »
Mes espoirs : que les entreprises puissent expérimenter nombreuses la culture de l’Intelligence Economique pour une réelle révolution pacifique des relations humaines accompagnant de nouvelles et significatives performances en compétitivité.
Mes craintes : que les institutions responsables de la recherche ne laissent pas une toute petite fenêtre à la poignée de chercheurs impliqués.

 

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Un nouvel ouvrage est déjà en chantier, destiné aux dirigeants,… trois autres sont prévus… peut être deux sorties par an ? La tâche est immense !
Un rassemblement des forces de recherche sur l’Intelligence Economique en France.

 

Bio : Enseignant-chercheur français, spécialiste de intelligence économique. Maître de conférences à l’Université Montpellier 1  Damien Bruté de Rémur est l’auteur de « Ce que intelligence économique veut dire » 

Malo Girod de L’Ain – Vision 2007

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« …L’arrivée des e-books va entraîner une évolution accélérée des métiers de l’édition que nous avons anticipé en lançant en 2006 nos communautés thématiques… »

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
Très web 2.0, participation et communautés.

« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine (métier, expertise, marché…) ? »
L’arrivée des e-books va entraîner une évolution accélérée des métiers de l’édition que nous avons anticipé en lançant en 2006 nos communautés thématiques.

«Malo Girod de l'Ain Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »
Les blogs, la création d’entreprise, le haut débit, plusieurs signes montrent une nouvelle volonté d’entreprendre, de participer en France. Mon espoir : que cela se confirme et soit accompagné dynamiquement par les pouvoirs publics avec un plan fibre… Mes craintes : l’inverse, c’est à dire que ce souflé retombe piteusement, que les autres pays avancent et que les talents s’expatrient pour réussir.

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez
nous dire quelques mots ?»
Après le lancmeent de nos deux premières communautés autour du digital et du film (cluster21.com et fest21.com), nous allons, d’une part les développer considérablement et d’autre part lancer en propre ou en co-éditions d’autres communautés thématiques. Toutes intégrerons tous les aspects multimédias avec vidéoblogs, émissions de télévision, livres, e-livres…

Bio : Malo Girod de l’Ain est un entrepreneur passionné des nouvelles technologies et des évolutions du monde depuis plus de vingt ans. Précurseur de l’Internet, il dirige depuis 1995 plusieurs sociétés axées sur le développement de services en ligne. Il est ingénieur Centrale et a suivi des études de Droit et de Gemmologie. Membre FING (Fondation Internet Nouvelle Génération). L’auteur donne de nombreuses conférences de prospective dans le cadre de grandes écoles, de club, de société de prospective, pour la commission européenne.
Malo Girod de l’Ain est l’auteur de 2010 Futur Virtuel

Saphia Richou – Vision 2007

« Le métier de prospectiviste demande de plus
en plus de compétences car les questionnements actuels nécessitent une transdisciplinarité complexe. Comment être sûr de ne pas avoir « loupé un éléphant dans le tapis. »
 
 
De quelle couleur fut votre 2006 dans votre dommaine de compétences ?
En tant qu’enseignante en prospective au CNAM, je dirais que le ROSE fut la couleur de l’année 2006:150 inscrits aux différentes unitSaphia Richoués de valeur enseignées à la chaire de prospective dont 53 inscrits à la promotion 2005-06 du Master en Sciences de Gestion, mention management, spécialité prospective, stratégie et organisation avec 34 reçus.Qui a dit que la prospective n’intéressait plus les décideurs ? En tous cas, la jeune génération à l’air d’y trouver son compte.


Comment voyez-vous 2007, évolutions majeures dans votre domaine ?

Le métier de prospectiviste demande de plus en plus de compétences car les questionnements actuels nécessitent une transdisciplinarité complexe. Comment être sûr de ne pas avoir « loupé un éléphant dans un magasin de porcelaine ». Comment savoir si l’on n’est pas passé à côté d’un pan de réflexion qui s’avérera incontournable demain. Autant dire qu’il faut beaucoup de modestie pour être prospectiviste aujourd’hui. L’expertise, puisque c’est le deuxième volet de votre question tombe à pic. Qui est expert et qui ne l’est pas? Je prends toujours de la distance par rapport aux dires d’experts : ils vivent en cercle clos et passent bien souvent leur temps à s’autovalider. Je suis plutôt à la recherche d’électrons libres, « experts » dans leur domaine, mais pas encore médiatisés pour être dépendant de leur statut d’expert. C’est là où se niche la juste expertise et ce n’est pas une mince affaire de la découvrir. Il faut du temps d’investigation pour accéder à ses pépites de la réflexion et du savoir. On les découvre par « hasard » car ils ne sont pas référencés dans les annuaires. Qu’en au marché de la prospective, il diffère en fonction de ceux qui la pratiquent. A vrai dire, tout dépend de celle ou de celui qui donnent l’impulsion d’une démarche de prospective et cela quelque soit la taille de la structure du commanditaire.


Les espoirs ? Les craintes pour 2007 ?

Mes espoirs sont de développer, au Cnam, au Cercle des Entrepreneurs du Futur, à Prospective Foresight Network, au Millennium Project, au Collège Européen de prospective territoriale de la DIACT, à Créa-Universités et au Club des Vigilants, une véritable collaboration d’échanges d’idées et de pratiques entre les prospectivistes européens et internationaux. Mes craintes seraient que les uns et les autres, nous n’en ayons pas le temps, rivés à nos obligations professionnelles prioritaires.


Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaitez dire quelques mots ?

Je travaille actuellement à la conception d’une méthode qui allie prospective et créativité à toutes les étapes de la démarche prospective. Son but est d’aider les décideurs à sortir des représentations classiques des objets étudiés pour mieux en anticiper les ruptures. Je vous en reparlerai bientôt.

 

Bio : Saphia Richou est Présidente de Prospective Foresight Network – Ingénieur d’études et de recherche, Enseignante en prospective stratégique à la Chaire de Prospective Industrielle du Conservatoire des Arts et Métiers – Auteur d’essais prospectifs, elle à contribuer à l’édition State of the future 2005

Bernard Girard – Vision 2007

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« Il sera surtout intéressant de voir comment les entreprises qui s’en inspireront  [ modèle Google] le feront évoluer, l’adapteront à leur métier, à leur environnement;.. »

 

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
2006 aura été, pour moi, l’année de l’écriture (et de la publication) d’un livre sur le management chez Google (http://www.mm2editions.com/ fr/google.shtml)qui m’a permis de faire le point sur des méthodes qui seront appelées à se développer dans les années qui viennent dans des entreprises de tous métiers et de toutes tailles.

medium_bgirard.jpgL’accueil que ce livre a reçu auprès de ses premiers lecteurs, les réactions lors des conférences et colloques auxquels j’ai participé montrent que ces méthodes répondent, au delà de leur efficacité avérée, à une attente des salariés, surtout des plus jeunes et des plus diplômés.

Non seulement les dirigeants de Google (et ceux des quelques entreprises qui ont développé des méthodes comparables) ont su trouver des solutions pour résoudre ses problèmes mais ils ont su inventer un modèle qui fait rêver et donne envie de travailler. Il y a sans doute dans tout cela une part  d’illusion, la vie chez Google n’est pas forcément moins stressante qu’ailleurs, les contraintes professionnelles n’y sont pas plus faibles, mais ses dirigeants ont su créer un pacte avec leurs collaborateurs qui repose sur le respect, la reconnaissance et l’intérêt dans le travail, toutes valeurs que les générations qui arrivent aujourd’hui sur le marché du travail demandent avec une force toute particulière.

« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine (métier, expertise, marché…) ? »
2007 confirmera la puissance de ce modèle. On la saisira d’autant mieux que les entreprises concurrentes qui se sont construites sur des modèles plus classiques, comme Yahoo! sont  confrontées à des difficultés. Ce modèle a tant évolué ces dernières années, qu’on ne peut exclure de nouvelles évolutions, je pense notamment à la politique de développement des produits, à ce que j’ai appelé le couteau suisse. Mais ces innovations seront sans doute marginales au regard de ce qui déjà été réalisé.

« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »

Il sera surtout intéressant de voir comment les entreprises qui s’en inspireront le feront évoluer, l’adapteront à leur métier, à leur environnement. Rares seront sans doute celles qui s’en inspireront complètement, mais beaucoup lui emprunteront des éléments. Trois domaines me paraissent, de ce point de vue, particulièrement prometteurs : les ressources humaines, la politique de développement des produits nouveaux et la publicité. Et j’invite ceux que cela intéresse à consulter régulièrement le blog que j’ai créé autour du livre (Googlemanagement.tv),

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
… blog que je vais continuer d’animer pendant tout 2007 pour mieux  suivre des évolutions qui, je l’ai dit à plusieurs reprises, me paraissent aussi importantes que celles qu’ont initiées en leur temps Ford ou Toyota

Bio ; Bernard Girard est Consultant en Mangement et l’auteur du livre « Une révolution du Management : le modèle Google »

 

Eric Seulliet – Vision 2007

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« « …une prise de conscience par la classe politique des aspirations nouvelles de nos concitoyens. Davantage d’innovations sociétales et citoyennes… »

 

« De quelle  couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
On dit que le violet est la couleur du futur, de la prospective… Donc, pour moi l’année 2006 a été d’un violet intense ! Tout d’abord, elle a vu la gestation et la naissance de l’association « La Fabrique du Futur » (www.lafabriquedufutur.org) que j’ai lancée avec quelques partenaires proches. Il s’agit d’un projet ambitieux constituant un dispositif unique d’innovation ascendante et collaborative. La Fabrique du Futur constitue ainsi un think network pensant globalement mais agissant localement… Il s’agit aussi d’un laboratoire « click and mortar » de détection d’usages émergents débouchant sur des pistes d’innovation de rupture.
2006 a aussi vu l’élaboration de « Fabriquer le futur 2« , la nouvelle édition de notre livre « Fabriquer le futur, l’imaginaire au service de l’innovation » qui était parue en 2005. Comme pour le premier livre, cela nous a conduit à rencontrer une centaine de dirigeants et spécialistes d’innovation. Autant de rencontres passionnantes et riches de collaboration à venir.

 
« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre  domaine ? »
Pour moi 2007 sera prioritairement marquée, du moins en France, par l’élection présidentielle. Les deux principaux candidats, Sarko et Ségo, promettent des investissements importants en faveur de la recherche et de l’innovation. Donc, quel que soit le vainqueur, c’est a priori positif pour notre domaine !

« Quelles sont  vos espoirs et vos craintes  pour l’année qui vient ? »
Mes espoirs : une prise de conscience par la classe politique des aspirations nouvelles de nos concitoyens. Davantage d’innovations sociétales et citoyennes…
Mes craintes : que ces aspirations nouvelles ne soient pas forcément entendues… !

« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Mes projets consistent prioritairement à réussir le lancement de la Fabrique du Futur. J’ai aussi un projet de livre sur l’innovation ascendante qui verra le jour en 2007. Nous proposerons aussi dans les tous prochains mois notre étude sur les « créatifs culturels » en France.

 

Bio : Eric Seulliet et le créateur et l’animateur de e-Mergences, une société de conseil en prospective.
Il est co-auteur de La Fabrique du futur