L’Age de Peer, quand le choix du gratuit rapporte gros

medium_agedupeer.jpg

Alban Martin, préface de Tariq Krim,
Editions Pearson Education, Septembre 2006

 

 

 Quelques mots d’Alban Martin

 

 

 

Denis Failly – Alban Martin, quel est selon vous le meilleur du peer ?

Alban Martin medium_martinalban.2.jpgEn fait, le Peer to Peer, c’est-à-dire les activités de Pair à Pair, ne se résument pas qu’à l’échange bien connu de fichiers numériques (musique, films logiciels), communément appelé le « piratage ». En effet, il s’agit d’activité bien plus large reposant sur la coopération et l’enrichissement mutuel.
La meilleure illustration du Peer to Peer est la règle des 1%.
Cette règle a été explicitée dans le guardian unlimited technology cet été :
sur la toile, pour une personne qui crée un contenu et le met à disposition, 10 vont le commenter ou le remixer, et 89 vont le visionner, au bénéfice des 100 personnes.
Cette règle se retrouve par exemple sur la plateforme Myspace, avec 2 millions de groupes pour 110 millions d’utilisateurs, soit environ 2% de créateurs de contenus, et sur Wikipedia, 70% des articles ont été écrit par 1,8% des utilisateurs.
Sur les réseaux P2P également, on estime également qu’il suffit d’avoir entre 1 et 5% de personnes mettant à disposition du contenu, pour que l’utilisation du réseau soit optimale pour 100% des utilisateurs. Quant à la plateforme de vidéo Youtube, on compte un ratio d’environ 0,5% entre les contributeurs et les simples visionneurs, ce qui n’empêche pas la plateforme de drainer 60% de toutes les vidéos visionnées en ligne en 18 mois d’existence.
Enfin, la même règle s’applique avec les groupes de discussion comme les mailings list, Yahoo groups : 1% de la population crée un groupe, 10% y contribue en l’alimentant, et 100% en profite.

Denis Failly – Le néo-model de co-création renverse nombre de perspectives des modèles classiques de vente, d’échange, de faire le lien et de produire, pourriez-vous en dresser les contours clés?

Alban Martin – Ce modèle montre donc comment le libre accès aux oeuvres, et aux univers artistiques, permet de rentrer dans une relation institutionnelle Vs non-pro qui est gagnante pour tous.
En effet, vous amorcez ainsi une relation donnant-donnant où le public peut ensuite recommander vos oeuvres et générer du buzz, ou bien participer au développement de l’univers autour de vos jeux, ou encore apporter un feedback sur vos créations cinématographiques (on connaît le rôle clé des communautés dans le cas des adaptations). Et bien sûr, la vente d’objets dérivés comme le CD ou le DVD reste en bout de chaîne.
Ce nouveau type de relation et de modèle économique, qui consiste, pour la maison de disque, le studio de cinéma ou l’éditeur de jeux vidéo, à se considérer comme un « peer », est la base de la co-création de valeur.

Denis Failly – Vous abordez les bénéfices financiers que permet la co – création de valeur notamment en terme de baisse des coûts (marketing, recherche, minimisation des risques…), pouvez vous rassurer les cost killers ?

Alban MartinLa cocréation fait baisser les coûts marketing tout d’abord :
La cooptation des utilisateurs de logiciels de pair à pair est plus profitable pour l’industrie du divertissement que la « mise au banc des accusés ». En effet, l’analyse des échanges de fichiers musicaux ou vidéo donne de précieux renseignements marketing à moindre coût. En plaçant le consommateur au centre de la création de valeur, les activités de pair à pair deviennent instrumentalisables à des fins d’études de marché.

– La cocréation diminue les coûts de création et de recherche ensuite :
L’accroissement constant des investissements dans les nouveaux projets, qui se traduit au cinéma par l’explosion des budgets de films, freine le développement de la créativité. Les concepts innovants font porter des risques plus grands et les entreprises du secteur ne peuvent se permettre un échec, puisque les investissements financiers en jeu sont énormes. En 2004, le coût moyen d’un film hollywoodien s’élevait à 64 millions de dollars, soit le double de 1994. Ce phénomène fait peser une menace terrible sur l’industrie du divertissement dans son ensemble, puisque son fonctionnement repose sur la création et l’innovation. Dès lors, les créations réalisées par les fans ou les clients, avec les moyens mis à leur disposition, réduiraient les risques financiers au minimum. Coopter des consommateurs pour cocréer des produits de divertissement, et donc de la valeur, est un axe pour de futurs développements et des modèles économiques rentables.
Les festivals de films sur internet en sont une bonne illustration : les bénéfices sont de plus en plus directs à la fois pour les producteurs professionnels et les apprentis réalisateurs.

– La co-création permet également de réaliser des économies sur la promotion :
Les coûts de promotion peuvent aussi être en partie portés par les utilisateurs. Le bouche à oreille, le marketing viral ou encore le buzz marketing sont autant de techniques déplaçant certaines charges traditionnelles de l’entreprise vers le public ou les amateurs avertis.

– Enfin, la cocréation permet de minimiser les risques industriels :
La dernière source de bénéfices liée à la cocréation de valeur vient de la minimisation des risques industriels. Dans un secteur où l’incertitud
e est commune, impliquer le plus en amont possible le public et les amateurs avertis est source de monnaie sonnante et trébuchante.
Dans un environnement de co-création, il est nécessaire de redéfinir l’évaluation des risques, puisque certains consommateurs sont prêts à en supporter une partie.
Chez les éditeurs de jeux vidéo par exemple, la possibilité pour un consommateur de réserver à l’avance un jeu a grandement fait évoluer la mesure du risque.

Denis Failly – Comment réagissent les grandes majors (cinéma, musique…) face à ces bouleversements liés au peer et où en est –on en France dans le domaines des DRM et du corpus législatif en construction, entre  détente et crispation vers quoi s’orientent les parties ?

Alban Martin – Les réactions face à cette évolution naturelle de l’économie vers la gratuité partielle de la musique et le développement des outils d’échange sont diverses.
D’ un côté, les principaux labels de musique et certains organismes de gestion des droits d’auteur semblent refuser ce tournant. Aux États-Unis, la RIAA qui regroupe notamment les quatre « majors » de l’industrie du disque dresse en moyenne 500 procès par mois depuis deux ans pour violation des droits des producteurs de phonogrammes, via les réseaux de pair à pair.
En France, la bataille d’influence autour du vote de la loi DADVSI montre que la pénalisation des échanges de fichiers sur les réseaux de pair à pair est aussi d’actualité, avec le refus de la « solution » des contraventions à l’encontre des téléchargeurs, pour maintenir le régime actuel de 3 ans de prison et 300 000 euros d’amendes.
L’industrie du cinéma, emmenée par la MPAA aux États-Unis, soutient quant à elle plus ou moins activement, parfois au travers de procès similaires, les principales maisons de disques, dont les actions judiciaires pourraient servir ses intérêts.

D’un autre côté, les éditeurs de logiciels et les médias développent des initiatives afin d’accompagner ce changement de paradigme économique, avec une logique répressive moindre. Leur approche s’oriente vers une personnalisation du contact et la création d’un véritable univers.

Denis Failly – Comment voyez vous l’impact du peer sur d’autres secteurs traditionnels tel l’édition ou la presse ?

Alban Martin – L’impact du nouveau rôle des internautes, des téléspectateurs, des auditeurs ou des lecteurs sur les médias est très important. Face au pouvoir que donne internet aux lecteurs de journaux ou aux téléspectateurs, les médias donnent l’impression de transiger, c’est-à-dire de laisser plus de place à l’expression des internautes. Ce constat est très bien résumé par la déclaration de Dan Gillmor, éditorialiste pour le journal San Jose Mercury et auteur du livre We: The Media : « Je me suis rendu compte que mes lecteurs en savent clairement plus que moi, et à mon plus grand bénéfice, ils partagent leurs connaissances. »

C’est ainsi que le célèbre journaliste télévisé américain Dan Rather et la chaîne CBS News ont dû reconnaître s’ être trompés sur une affaire en rapport avec le service militaire du Président George W. Bush, le « Rathergate ». En effet, lors de son show télévisé le 8 septembre 2004, intitulé « 60 Minutes », Dan Rather a présenté des documents censés être authentiques sur la qualité de l’action du Président américain durant la guerre du Vietnam. Mais leur authenticité a été mise en question de manière quasi immédiate par un groupe de blogueurs.
L’argument irréfutable mis en avant a été une police de caractères utilisée dans un document qui ne pouvait dater de cette époque. Face à une telle évidence de falsification, CBS a dû considérer le problème de manière très sérieuse et s’est excusée de cette insuffisante vérification de ses sources.
Quelques semaines plus tard, c’était au tour du directeur de l’information de CNN, Eason Jordan, de démissionner pour ses propos sur le fait que des soldats américains
avaient tué volontairement des journalistes en Irak. Ses propos avaient déclenché un tollé général dans la blogosphère, que les grands médias ont été forcés de relayer.
Ces deux exemples montrent que le flux d’information n’est plus unidirectionnel : les lecteurs ou les téléspectateurs réagissent à l’information.
Et surtout, cette réaction est entendue grâce à l’effet démultiplicateur du net.

En outre, les médias doivent composer avec cette nouvelle concurrence « amateur » à grande échelle. Selon l’étude Comscore citée par Loïc Le Meur dans son ouvrage « Blog pour les pros », cinquante millions d’nternautes américains avaient visité des blogs lors du premier trimestre 2005, ce qui représente 30 % des internautes américains et 16 % de la population américaine. Selon une étude de juin 2005 de Nielsen Netratings, l’audience globale des blogs serait passée en France de un à plus de six millions de visiteurs uniques en un an.

Face à ce nouveau rôle de leurs lecteurs, les médias s’adaptent au travers d’une remise en cause profonde de leur métier. Le système de blogs accolés à un journal consiste à reconnaître, selon Loïc Le Meur, que les lecteurs des magazines en ligne comme Libération ne sont pas qu’une simple audience : ils sont capables d’apporter une vision de l’information différente qui sera utile aux autres lecteurs. Cette attitude permet d’accompagner le changement de paradigme économique vers la cooptation des consommateurs. Le journal Le Monde a ainsi été le premier grand titre européen à lancer des blogs pour ses  lecteurs. Un an après, l’expérience est un succès, avec environ 10 % des abonnés qui ont créé leur blog et plusieurs millions de pages visitées chaque mois.

Denis Failly – Quelles nouvelles pistes de croissance issues de ce bouillonnement et de ces émergences vous paraissent-elles viables à moyen et long terme?

Alban Martin – L’initiative la plus porteuse de croissance en ce moment est bien sûr le site Myspace, regroupant un nombre d’inscrits égal à 2 fois la population française, en trois ans d’existence !

MySpace, par exemple, a évolué d’un simple site de réseau d’amis vers un formidable outil de cocréation entre les fans et les artistes. Il compte plus de 3 millions groupes de musique inscrits. Chaque groupe a la possibilité de mettre sa musique en libre écoute, ainsi que des clips vidéo, et de tenir un blog. Les utilisateurs mélomanes peuvent quant à eux entrer en contact avec les musiciens par courriel, par messages instantan
és, ou bien en laissant des commentaires.
Et si demain le téléchargement ne se limitait plus à quatre chansons comme aujourd’hui ? Le fait d’être un ami du groupe permettrait de lui demander des exclusivités, des variations de morceaux, des partitions, ainsi que du contenu sur mesure approvisionné directement par la source !
MySpace n’entend pas rester confiné dans le monde musical. La chaîne NBC par exemple a débuté la série « The Office » en la diffusant sur l’espace personnel dédié à la série et créé sur MySpace spécialement pour l’occasion. Un espace dédié a également été ouvert pour la série télé de Fox « The OC » et compte 90 000 membres « amis ». En devenant un « ami » direct de la série, tout un chacun a la possibilité d’ être informé en exclusivité des dernières nouvelles, directement à la source, et peut interagir avec l’équipe de Fox en charge du marketing.

Autant dire que les entreprises sont en train de devenir des Pairs!

Denis Failly – Merci Alban

Bio : Alban Martin est diplômé d’HEC et à effectué un séjour aux USA à l’Université du Michigan (deuxième année de MBA) qui lui a permis de rapporter quelques idées innovantes de modèle économique participatif.
A l’issue de ses études il rédige un mémoire consacré aux nouveaux modèles de co-création de valeur intitulé « Internet and the New Technologies : Threat or Opportunity for the Entertainment Industry? » qui lui vaudra le prix de la fondation HEC en 2004.
Ce mémoire donnera lieu à publication chez Publibook sous le titre « The Entertainment Industry is Cracked, Here is the Patch ! ».
Vendu et aussi offert en libre téléchargement, via son blog sur la musique en ligne (cocreation.blogs.com) ouvert en janvier 2005, le livre sera copié plus de 2000 fois en 1 ans.

View blog reactions

La bulle, la France divorce de ses élites

medium_brionbrousse.gif


Nathalie Brion, Jean Brousse


Une contribution des deux auteurs autour de l’ouvrage

La récusation des élites est un sport français. La fin de l’ère Mitterrand et un discours paradoxal de gauche accompagnant dès 1982 une politique « réaliste » perçue comme libérale avait semé le doute et favorisé l’éruption de mouvements populaires anti-libéraux. Le constat de l’existence d’une fracture sociale en France et l’éloignement des catégories populaires de l’élite, inscrit dans le résultat du référendum sur Maastricht, ont porté Jacques Chirac en 1995, contre un Edouard Balladur incarnant le parisianisme aisé.

2005 marque la consommation du divorce entre la société et ses représentants. Le rejet est global et touche l’ensemble des classes politique, économique et médiatique. Les intellectuels y laissent leurs plumes. Le « non » au référendum est le premier signe tangible. Il signe pour partie le rejet d’une construction européenne dont on ne comprend plus le projet ni les contours, mais surtout le désaveu de la classe politique dirigeante et de ses complices. Les français manifestent alors leur volonté de ne pas «laisser les clés » de l’Europe à des dirigeants en lesquels ils ne croient plus, dont ils se défient et qui n’entretiendront plus la maison.
Depuis lors, les relations de l’individu à la démocratie se dégradent au point de laisser la place à des manifestations de colère collective, sans but et sans revendication, de la rixe meurtrière en juin 2005 de Perpignan entre communauté maghrébine et communauté gitane, aux émeutes de novembre dans les banlieues.
En quelques années la mélancolie a cédé devant la hargne.
L’Etat, investi d’un rôle plus matriciel que régalien, a déçu les français dans deux domaines où ils attendaient des résultats ; incapable de résorber le chômage, il ne s’est pas montré plus habile à garantir la sécurité et l’intégration des personnes. Cet échec a déclenché une « panne politique » et signé l’acte de décès de l’Etat providence. L’idéal de la mère patrie demeure et l’absence de projet politique, l’inexistence d’une vision de la société française dans les concerts mondial et européen, l’absence de représentation de pans entiers de la société dans les instances démocratiques jettent l’Etat en pâture aux intérêts catégoriels et communautaires qui le condamnent à l’impotence, décourageant progressivement chez les individus l’aspiration à « faire société ». L’extinction progressive de ce désir la soumet à un individualisme excessif ; le lien social devient précaire quand la culture nationale séculaire repose sur un idéal de contrat social et l’universalisme de valeurs qui situent l’homme au cœur de la collectivité et la collectivité comme l’habitacle de l’homme.

La France souffre, plus que d’autres pays, de la carence d’un Etat déconnecté des attentes des citoyens qu’il protège mal et auxquels il ne garantit ni l’assurance identitaire, ni la confiance en soi qu’exige une ouverture sur le monde. On ne croit plus dans le progrès, en une quelconque maîtrise du devenir dont l’homme et la technologie se disputent la domination. On ne croit plus, à la rigueur, qu’à la catastrophe, au Tsunami. Les grand projets idéologiques, relais des ères théocratiques, comme le communisme, même abstraits, offraient un cap aux acteurs et conféraient de l’évidence aux objectifs.
2005, et le tsunami marquent la fin de la foi dans le progrès technologique et l’évanouissement de l’avenir pensable. Le principe de finitude nous attend. La responsabilité de la fin d’un futur radieux tombe sur les êtres responsables : les élites.
La fonction suprême du politique est de donner à la collectivité les moyens ou le sentiment de maîtriser son destin. Et, nous constatons jour après jour l’impuissance de l’Etat et des gouvernants.
En invoquant les diktats des marchés, ceux de la régulation européenne ou mondiale, en abusant du « nous » pas celui la collectivité mais celui de la dilution, les dirigeants ont accrédité l’idée qu’ils ne décidaient de rien. L’impuissance publique ne se dissimule plus, elle s’affiche.
La faillite du « je », c’est la faillite de la décision et de la responsabilité. Elle dessine un monde victime de la société de consommation, du marché, de l’insécurité.
Privée de sens, désaffiliée, rejetant le passé, la société française s’est repliée sur elle-même et s’est constituée en agrégat de peuples désunis
Le langage lui-même ne rassemble plus, alors que c’est sa fonction sociétale première. Des infra-langues discriminantes se développent : les non-initiés n’y ont pas accès. Les skyblogs illustrent cette tendance. Seule plate-forme au monde fermée aux flux des autres elle fédère aujourd’hui plus de 4 millions de jeunes français, usant d’un langage de rupture, incompréhensible aux étrangers à la communauté.
Dans le au retour aux dialectes locaux, chaque territoire, réel ou symbolique, secrète en quelque sorte son mode de représentation et sa pratique langagière. l’Etat et l’entreprise n’ont pas joué les intégrateurs. Ils ont amplifié le mouvement en usant de termes spécialisés, incompréhensibles pour les exclus du cénacle.
La France est devenue une société de castes conflictuelles dans laquelle l’absence de réelle intégration et d’ascension sociale sert de ferment au rejet des élites.
La méritocratie inaugurée par la révolution française et l’Empire a engendré une nouvelle aristocratie. La France a donc promu un idéal devenu mensonger – intégration et ascension sociale – avec pour conséquence un formidable durcissement des rapports sociaux.
La méritocratie est vécue comme un système entropique pérennisant la bourgeoisie de souche. Les castes sont hostiles les unes aux autres. En face, les structures institutionnelles, en affectant d’apporter des réponses, approfondissent la fracture.
La société de castes s’observe entre générations (rejet des seniors, stigmatisation des juniors), entre ethnies et religions, entre homme et femme (l’humanité n’est plus leur commun, ils viendraient au contraire de planètes différentes !), entre catégories socio-professionnelle. La fonction publique qui sacrifiait son revenu contre la garantie de l’emploi et l’idéal du service public est devenue la nantie du système. Vivant mieux que nombre de salariés du privé, la caste des fonctionnaires défend ses propres intérêts et monopolise la représentation syndicale, quand il n’y a pas de véritable représentation du secteur privé. On observe un hiatus considérable entre les revendications des syndicats –visibles et audibles- et les attentes des castes françaises – invisibles et inaudibles.
Enfin, les populations d’origine étrangère n’ont jamais été véri
tablement intégrées, parquées dans des ghettos ; elles ne cherchent plus l’assimilation. L’ont-elles jamais cherchée ?. Les nouvelles générations des cités sans référence solide avec la culture française et se ré-inventent une culture d’origine, une « alter » culture de la cité. Le ciment principal entre jeunes d’origines variées devient le rejet de la France, et de l’accueil qu’elle leur réserve ; oubliées les raisons du père et du grand-père de vouloir s’intégrer.
Du coup, les élites sont elles-mêmes perçues comme une caste pas plus légitime que les autres. Ce process atteint également les médias. Depuis le référendum, le quatrième pouvoir n’est plus perçu comme un espace, même imparfait, de la démocratie, mais comme une caste aussi vénale, egocentrée, inconséquente que les autres. L’unanimisme pro-oui s’est révélé contre-productif.

Nous vivons dans une France divisée entre la société ,les institutions, l’autorité et ses représentants. Cela se traduit par des citoyens hermétiques au discours politique, suspicieux à l’égard de l’entreprise, indifférents aux médias. Le cynisme et l’individualisme d’un individu « Gore-tex » dominent dans une société où le rapport de force fait règle et chacun tire le maximum d’une collectivité à laquelle il ne se sent plus lié.
Ni l’encadrement sociétal, ni les institutions, ni l’encadrement religieux n’apportent plus de réponses à l’individu qui subit plus qu’il ne décide.
Il subit le progrès technologique, il subit la précarité ; il ne sait plus si Dieu existe et si la vie a un sens mais il sait que l’humanité peut avoir un terme dont les humains sont responsables, et surtout les élites.
Du coup, c’est en brandissant son NON que l’individu se construit, sans connaître ni la raison ni le destinataire de cette opposition. Il ne saurait pas non plus à qui ou quoi dire oui.

Bio :

Nathalie Brion est titulaire d’un DEA de sciences politiques et d’une licence de philosophie, elle a été associé et membre du directoire du cabinet d’intelligence économique ESL & Network de 1992 à 2000.
Elle préside depuis juillet 2004 l’Institut Tendances.
Par ailleurs Nathalie Brion a enseigné au DESS d’études stratégiques et marketing de l’IEP Paris, à l’ESCP et à l’École Polytechnique.
Elle est également chroniqueuse de la chaîne Public Sénat, où elle est en charge de l’analyse du discours des hommes politiques.
 
Jean Brousse est Ingénieur de l’Ecole Supérieure d’Electricité. Docteur en économie appliquée, il est également titulaire d’un diplôme de 3ème cycle en sociologie.
Il a notamment travaillé, de 1980 à 1994, à la direction générale de GSI (Générale de Service Informatique), s’occupant de la stratégie et du marketing, de la communication et de la qualité. Il a été également président de CFRO, filiale spécialisée dans le traitement des sondages d’opinion.
Jean Brousse est, depuis 1987, directeur de collection et administrateur des Éditions du Cherche Midi.
Depuis 1980, il a dirigé plusieurs enseignements sur le management des entreprises de service, notamment à l’ESCAE de Lyon et à HEC.
Il a été Associé et administrateur d’ESL & Networks puis, depuis 2001, Président de l’Institut d’Analyses Géo-économiques. Il est aujourd’hui président du Conseil scientifique de l’Institut Tendances.

Vidéocasts d’auteurs 1/2

Bernard Girard Bernard Girard
Une révolution du management:
Le modèle Google
MM2 Editions – 2006
Serge Perrine
Intelligence économique et gouvernance compétitive
Collectif – La documentation française 2006
Christian Marcon
L’intelligence économique
co-écrit avec Nicolas Moinet
Dunod – 2006
 

View blog reactions

Internet Media Cannibale

medium_nav_gche_livrebleu2.gif
Lucas Denjean, Elenbi Editions, 2006

Quelques mots de Lucas Denjean

Denis Failly – « Lucas Denjean, dans la lignée des précédents ouvrages édités par l’Ebg, pourriez-vous nous rappeler le principe de création de cette ouvrage, je pense notamment au principe des cas d’annonceurs on line ? »

Lucas Denjeanmedium_luca_denjean.jpg« Comme les deux précédents ouvrages sur le marketing interactif édités par l’EBG*, Internet Média Cannibale vise à convaincre les entreprises de la nécessité d’investir le canal Internet. Cela passe notamment par une sélection de plus de 70 cas d’annonceurs de tous horizons qui ont su mener une vraie stratégie interactive, B to C ou B to B. Ces annonceurs ont accepté de détailler leurs objectifs et leurs moyens, ainsi que de décrire précisément et d’illustrer les différentes étapes menées.
L’ouvrage se veut éclectique et didactique. Cette année, au-delà des résultats précis de chaque opération, l’accent a été mis sur les enseignements que ces entreprises en retirent et qui pourront éclairer les lecteurs qui réfléchissent aux mêmes problématiques. Chaque terme technique est également défini dans un glossaire.

Par ailleurs, le livre présente un panorama complet du média Internet, à la fois côté annonceurs (investissements publicitaires, e-commerce, m-commerce, etc.) et du côté utilisateurs (modes de consommation et usages d’Internet fixe et mobile).
Une nouvelle partie, plus théorique, laisse la parole aux experts qui analysent, outil par outil (blogs, emailing, datamining, mobile, etc.) les évolutions récentes et font leurs recommandations pour en optimiser l’utilisation.« 


Denis Failly – « Pourriez vous nous préciser en quoi Internet est un Media Cannibale comme le souligne le titre de votre ouvrage ?»

Lucas Denjean – « Le titre est évidemment un clin d’œil humoristique, qui rappelle aux annonceurs l’urgence d’agir et de s’adapter : plutôt que de parler de « convergence », nous avons choisi l’image d’un média Internet vorace qui étend ses tentacules pour absorber non seulement les autres médias, mais pour aussi transformer les consommateurs et les entreprises.

Pour donner quelques chiffres, selon une récente étude Ipsos Média, 83% des internautes de plus de 15 ans ont un comportement convergent occasionnel : 27% écoutent la radio en direct sur leur ordinateur ; 16% suivent des émissions en différé sur le site de la chaîne ; 8% podcastent (radio) et 14% utilisent l’Internet mobile. Il semble incontestable que ce mouvement s’approfondisse, ce qui entraîne de profondes mutations de l’offre média (presse, radio, télévision) et appelle une nécessaire adaptation de la stratégie de communication des marques. A la consommation de masse correspondait la communication de masse, verticale, possible face à une audience captive. Mais désormais, comment être sûr de toucher au mieux ses consommateurs quand l’audience se morcelle et que la consommation de média, à la fois dans ses modes et dans ses contenus, est de plus en plus personnalisable ?
D’un autre côté, le titre fait référence à une menace supplémentaire pour les entreprises : Internet est devenu le lieu d’une intense et gigantesque communication, l’arme du rééquilibrage potentiel des pouvoirs en faveur des consommateurs.
Reste aux marques à évoluer pour faire de ces menaces de nouvelles opportunités de croissance. »

Denis Failly – « Dès que j’ai le bonheur d’interroger un spécialiste du média Internet, j’en profite pour lui demander un petit focus actualisé des tendances annonceurs sur Internet, pourriez vous nous donner quelques données clés ? »

Lucas Denjean – La principale donnée, c’est bien entendu la très forte croissance des investissements publicitaires en ligne : +75% en 2005, pour une part de marché d’Internet de 6% dans l’univers plurimédia.
Cette croissance recouvre deux tendances concomitantes : d’une part, l’augmentation du nombre d’annonceurs (+57% en 2005) ; d’autre part l’accroissement des investissements des annonceurs déjà présents sur Internet.
Le search marketing reste le plus gros poste d’investissement dans les publicités en ligne : en 2005, 41% des investissements publicitaires online ont été réalisés sur les moteurs de recherche. L’emailing et le datamining sont également de plus en plus utilisés par les entreprises qui ont pu, grâce à Internet, recueillir de nombreuses données sur leurs clients et qui cherchent désormais à les exploiter au mieux.
Les annonceurs cherchent également à s’adapter à l’évolution du comportement des internautes. Le lancement du produit « Resurface Peel » par Lancôme est ainsi révélateur de la prise en compte du désir d’implication et d’expression des consommateurs sur Internet, y compris par une marque de luxe : un dispositif complet de conquête, qui fait la démonstration du produit de manière ludique et originale, tout en impliquant les consommatrices dans l’évaluation et la promotion, au travers de Club, de product reviews en ligne ou de chats.
Si Internet a fait ses preuves en acquisition et e-commerce, il s’impose désormais en branding et en marketing relationnel.
A l’image de Levi’s et de sa campagne Moonbath, les marques disposent de nouveaux moyens d’expression créatives et de nouveaux supports pour décliner leur message publicitaire (Internet, mobile, podcasting, mobilier ou affichage interactif…) de manière à toucher leurs consommateurs où qu’ils se trouvent. Mais la clé de l’efficacité de la campagne réside dans la capacité des marques à proposer une véritable expérience immersive et participative et à fournir en exclusivité du contenu que les consommateurs pourront s’approprier et diffuser.
En marketing relationnel, le
cas « carte Intégrale », de la RATP et la SNCF, montre également bien qu’un programme de fidélisation majeur ne peut vivre sans exploiter les canaux Web, SMS et emails. Pour des raisons de rentabilité (coût contact, fréquence et réactivité) et d’affinité (qualification et segmentation, interaction client et ciblage).

Désormais, le grand enjeu pour les marques est donc de composer avec des consommateurs qui, qu’elles le veulent ou non, s’expriment. Ils sont maintenant partie prenante de l’image des entreprises et des marques. Ils en sont également les partenaires dans la diffusion des messages ou la création des contenus et des produits.


Denis Failly – «Sur l’efficacité du média Internet en terme d’e-pub (format, taux de clic, taux de transformation…) que peut-on dire ? »

Lucas Denjean « Les campagnes d’e-pub sont nombreuses et variées, et leur réussite se mesure en relation avec le secteur d’activité, les investissements consentis, les objectifs poursuivis ou encore les critères de mesure retenus (taux de clic, taux de transformation HP ou HP+1, taux de viralité, etc.).
Bien qu’il soit donc difficile, et pas forcément pertinent, d’identifier un indicateur de mesure de l’efficacité d’une campagne e-pub, on peut dire par exemple qu’un taux de clic de plus de 1% est considéré comme bon par la plupart des annonceurs que j’ai pu interroger. »

Quelques enseignements sur l’efficacité du média Internet se dégagent néanmoins :
– Au cours d’une même campagne, les bannières rich media (vidéo, audio, animation, jeux…) génèrent des taux de clics supérieurs aux bannières classiques. L’impact sur les métriques de la marque peut être également bien supérieur, notamment en terme de mémorisation. Avec l’extension du haut débit, les formats rich media sont en pleine expansion et les formes d’expression des marques devraient considérablement s’enrichir.
– L’intérêt de l’e-pub réside dans la réalisation simultanée de deux objectifs auparavant séparés : travailler la notoriété et l’image de sa marque ; et mesurer la réponse au message publicitaire, c’est-à-dire les interactions des internautes avec la campagne.
– Cette capacité à mesurer l’efficacité d’une campagne conduit les annonceurs à l’optimiser en temps réel, par exemple en ne retenant que les sites qui génèrent le meilleur taux de transformation, ou en sélectionnant les formats qui amènent le plus de clics. Il existe désormais des solutions intégrées de mesure des performances des campagnes par support (e-pub, affiliation, référencement, etc.).
– Contrairement aux médias « traditionnels », sur Internet le message publicitaire peut être finement personnalisé (que l’on pense au marketing comportemental ou contextuel qui prend ici tout son sens) ; la souplesse de la gestion des campagnes en ligne permet également d’enchaîner plusieurs phases (typiquement teasing – révélation) et de décliner un même message en une multitude de formats adaptés aux attentes et préférences des cibles visées ; enfin et surtout, une campagne de e-pub « vit » sur Internet : le buzz qu’elle génère peut en décupler l’efficacité.

Denis Failly – Au vu du recul que l’on commence à avoir sur le média Internet en terme de stratégie Marketing / Communication que peut-il advenir notamment face à la Webosphère 2.0 dont les motivations, les attentes, l’idéal parfois même, ne coïncide pas forcément avec le Web des marchands ?

On peut effectivement s’interroger. Il y a d’un côté l’espoir que le pouvoir d’expression (et donc potentiellement de nuisance) des consommateurs amène une transparence plus importante. Transparence dans le sens où il sera plus difficile pour une marque d’imposer verticalement « sa » vérité : les consommateurs auront davantage les moyens de récompenser les entreprises les plus vertueuses. Transparence également des marques qui auront compris l’intérêt d’associer étroitement en amont leurs consommateurs dans l’élaboration de leurs produits ou de leur communication.
Et c’est peut-être là ce que redoutent les acteurs de la « Webosphère 2.0 » : la plasticité des entreprises en situation de concurrence les conduit à s’adapter à tout changement d’environnement de manière à préserver au mieux leurs intérêts (sous peine de disparaître). En l’occurrence, reste à savoir si le rééquilibrage en faveur des consommateurs sera durable ou si ces nouvelles règles du jeu seront assimilées et finalement dénaturées par les entreprises. Il me semble pour ma part que les idéaux de la Webosphère et les intérêts marchands sont difficilement compatibles. Mais c’est justement cette insatisfaction qui explique le bouillonnement créatif et qui, au fur et à mesure de l’apparition de nouveaux outils, permettra de futures (r)évolutions. « 

Denis Failly – « Lucas Denjean, je vous remercie »

*le petit livre rouge Marketing Interactif et les 103 commandements du Marketing Interactif

Le site de l’EBG


View blog reactions

Petit précis de l’efficacité collective, Tome #1 « Travailler autrement »

medium_petitprecis.gif

Le Tome 1 « Travailler autrement » du Petit Précis d’Efficacité Collective est un ouvrage collectif produit et réalisé par Richard Collin, fondateur et dirigeant de ICCE (Intelligence Collective, Coopération et Efficacité – International Centre for Collective Efficiency www.icce-link.com ) dans le cadre de EC2006 parrainé par Microsoft France

 

Quelques mots de Richard Collin
Denis Failly – Richard Collin, a l’occasion de la parution du Tome 1 « Travailler autrement » du Petit Précis d’Efficacité Collective pourriez vous nous retracer brièvement les étapes et les enjeux qui ont donné naissance à cet ouvrage ?

Richard Collin – medium_richard.png« Cet ouvrage – et la démarche qui a conduit a sa réalisation – se place dans la perspective de l’évolution des modes de travail. Il pose la question de la nécessaire prise de conscience des transformations rapides des modes d’organisation et des processus requis au sein des entreprises mais aussi vise à une plus grande compréhension, mobilisation, envie et appropriation des salariés eux-mêmes pour d’autres manières de travailler.
Il formalise une connaissance approfondie et précise de la situation en matière de « work style » dans le travail au quotidien de ceux qui travaillent. Il dresse également un tableau sur les contextes des usages et des pratiques. Mais aussi sur les perspectives qui peuvent se dessiner et les freins qui existent. Au travers du processus de réalisation de ce premier tome, autant que dans les résultats et analyses formels, nous nous sommes attachés à détecter et formaliser les points soulignant les bénéfices aussi bien que les propositions envisagées pour développer les usages en matière de travail collaboratif et d’efficacité collective. Parallèlement, il nous donne l’occasion de mieux et précisément connaître la réalité du terrain aussi bien que de se munir de faits et d’arguments pour adapter et mettre en place les stratégies requises par les uns ou les autres.
Dans les premiers mois de 2006 une large investigation a été conduite pour permettre à chacun de mieux comprendre et mesurer son style de travail mais aussi pour se doter d’un instrument pour mieux apprécier pour la France les enjeux et la réalité du travail collaboratif et de l’efficacité collective pour lesquels notre pays présente des spécificités.

Vecteur de la visibilité réelle des usages et du décalage existant entre les pratiques au quotidien et les possibilités offertes simplement, la démarche entreprise EC2006 (Efficacité Collective 2006) était tout autant un outil de pédagogie qu’un outil d’analyse et de découvertes personnelles. Chaque participant a ainsi reçu une analyse individuelle et personnalisée lui permettant de se comparer et de situer par rapport aux autres participants et à son entourage.

Le choix a été fait de rendre transparentes et neutres les méthodes, la construction, la réalisation et la diffusion de EC2006 et d’associer un collectif de partenaires qui garantissent la validité, la rigueur et la pertinence de la démarche. Mais aussi sa légitimité et sa diffusion pour porter le débat. C’est dans ce cadre que l’AFNeT, la FING, l’ENSAM, EMSI GEM se sont mobilisés avec le soutien du CIGREF, de l’ACFCI et de DEMOS et le parrainage et engagement de MICROSOFT France; LA TRIBUNE et RADIO CLASSIQUE étant les partenaires media de EC2006. La mission de maîtrise d’ouvrage et d’opérateur donnée à ICCE – Intelligence Collective, Coopération et Efficacité – qui s’est notamment appuyé sur Next Modernity-DVA et TRIVIUM complète le dispositif qui a offert les garanties requises.

Ce premier ouvrage se place dans une perspective à long terme et constitue le socle pour faire évoluer les analyses autant que comparer les résultats d’une année sur l’autre au moins sur les deux prochaines années 2007 et 2008. Cet ouvrage sera distribué le 19 et 20 octobre 2006 à tous les visiteurs et participants des prochaines Rencontres ICC’2006 au Palais Brongniart (accès libre et gratuit).
On peut aussi le commander gratuitement sur www.microsoft.com/france/entreprises/peopleready


Denis Failly – « A qui s’adresse ce petit précis et quels en sont les enseignements majeurs ? »

Richard Collin – « Cet ouvrage s’adresse à tous ceux qui se sentent concernés par la question de l’efficacité à plusieurs et au travail collaboratif et qui veulent activement développer cette compétence autour d’eux. Ainsi, quelles que soient les responsabilités de chacun, quelle que soit la taille ou le type d’organisation, les réflexions présentées dans cet ouvrage nous concernent tous directement. Car le sujet est d’importance. Il y a un savoir-f
aire particulier à mettre en œuvre pour que les énergies soient alignées dans la même direction et s’additionnent harmonieusement. Chacun de nous, en tant que membre d’organisations formelles et informelles, peut choisir d’être acteur d’une amélioration du fonctionnement collectif, ou de subir les pesanteurs et frictions venant des autres. En choisissant de devenir acteur, on se donne la possibilité de poser les bonnes questions et d’obtenir des changements visibles au moins au niveau local, avec l’espoir de faire changer les pratiques à un niveau plus large. Et même si les besoins d’amélioration sont connus, les solutions pertinentes restent largement à découvrir ou à formaliser. En lisant cet ouvrage et en lançant des démarches innovantes, chacun pourra très concrètement aider à accélérer des transformations utiles pour tous. »

 

Denis Failly – « Parmi les témoignages y en a-t-il un en particulier qui vous parait particulièrement éclairant et dont vous souhaiteriez nous parler ? »

Richard Collin – « Difficile de ne retenir qu’un seul témoignage. Je préfère retenir quelques repères essentiels que nous ont livrés des responsables, animateurs d’initiatives intéressantes. « La culture d’entreprise et la confiance sont les enjeux stratégiques pour réussir » (Schneider Electric), « C’est aujourd’hui que la networking attitude est partagée par un nombre vraiment significatif que les solutions technologiques peuvent jouer leur rôle » (Groupe Danone), « L’aventure collective que sont les nécessaires réformes hospitalières ne peut se vivre et se construire qu’au travers d’une démarche de partage et de reconnaissance (Ministère de la santé et des solidarités), « Quand on parle de performance, c’est autant sur l’efficacité collective que sur l’efficacité individuelle qu’il s’agit de progresser » (Microsoft) »

 

Denis Failly « Peut –on parler d’une spécificité française quant à l’approche et la pratique des organisations en matière d’efficacité collective ? »

Richard Collin – « L’enjeu est important pour les entreprises françaises qui sont particulièrement à la traîne des pays européens pour tout ce qui touche le fonctionnement et le travail en réseau et collaboratif au cœur des transformations en cours. Alors que beaucoup d’entreprises rencontrent des difficultés face à la complexité, à l’imprévisibilité du monde, à la globalisation, les entreprises françaises et ses managers sont vraisemblablement affectés par une trop forte logique cartésienne et de rationalité d’ingénieur, associée à une culture à la fois centralisatrice et individualiste qui les poussent à la modélisation et la formalisation des processus au détriment de l’efficacité collective, et ce faisant les éloignent des fondements de la compétitivité actuelle. Un de nos défis est de s’affranchir de quelques freins naturels qui nous sont spécifiques, qui pèsent et nous empêchent souvent d’avancer vite pour s’adapter aux exigences de l’efficacité collective. Les quelques questions suivantes sans encore de réponse complète soulignent bien les paradoxes spécifiques de la société et de nos entreprises et institutions françaises :

  • Comment partager nos informations et connaissances alors que souvent notre éducation nous conduit à systématiquement punir les « copieurs » ?

 

  • Comment éviter de penser à la place des autres alors que la culture d’une partie de l’élite française est construite sur ce modèle ?
  • Comment percevoir que la richesse est dans la circulation et le flux d’information et de connaissances alors que notre mentalité nationale d’épargnant nous fait penser à tort que c’est en capitalisant dans des « bas de laine » d’informations et de connaissances statiques que nous devenons riches ?
  • Comment faire vivre vraiment des communautés d’experts ou d’apprentissages et plus largement le travail collaboratif alors que nos comportements individualistes et de défiance à priori sont souvent des freins majeurs au partage ?
  • Comment prendre des risques alors que la viscosité sociale aussi bien que la culture d’ingénieur ou technocratique propre à notre pays ne facilite pas des approches socialement novatrices sur le « travailler autrement »?

 

  • Sommes-nous vraiment prêt à prendre à notre compte – individuellement et collectivement – une transformation qui s’appuie sur une  » networking attitude »  » généralisée, une organisation performante et des technologies innovantes ?


Dans cette Europe de la connaissance et de l’innovation dans laquelle nos entreprises et nos institutions françaises doivent prendre leur place, nous devons encore progresser et investir. En somme mieux et plus vite transformer nos organisations par l’information et les connaissances partagées; pour construire et conduire les changements nécessaires pour cette société en réseau, de l’interaction, du « co-design » et de l’efficacité collective chaque jour plus présente. En se souvenant que tout changer, ce n’est pas tout détruire, c’est tout sauver. C’est tout le sens de la démarche entreprise par la publication de cet ouvrage. »

 

Denis Failly – L’efficacité collective est encore peu enseignée et pourtant elle ne s’improvise pas. Si les entreprises et les organisations ont bien conscience de l’enjeu, n’y a-t-il pas un risque que tout cela reste très théorique faute de compétences opérationnelles pour développer l’efficacité collective ?

Richard Collin – « Il s’agit d’un point essentiel. On aura compris que le travail collaboratif et l’efficacité collective ne sont pas obligatoires…ils sont devenus incontournables. Les communautés de métiers et de pratiques, les réseaux sociaux sont désormais reconnues comme des leviers clés pour le partage et la création de connaissances dans l’entreprise, permettant à la fois de générer de la valeur, de l’innovation et fournir des résultats mesurables pour des investissements et des coûts limités. Lorsqu’elles s’accompagnent d’un lancement réussi et d’une animation performante, les communautés et les activités en réseau ont un impact direct sur la productivité et l’efficacité globale des entreprises. Et nous n’avons pas appris à le faire de façon opérationnelle et concrète Dans notre pays, il y a encore un déficit formidable de formation et d’apprentissage organisationnel sur ces q
uestions. C’est dans ce contexte que vient de se créer l’
Académie de l’Efficacité Collective et  du Travail Collaboratif avec Grenoble Ecole de Management au sein de la Chaire « Efficacité Collective, Travail Collaboratif et en réseau, Organisations » et DEMOS, organisme leader en matière de formation. Au travers de modules spécialisés de formation, il s’agit de se donner les conditions de la réussite pour concevoir, organiser, animer et modérer une communauté et un espace collaboratif mais aussi y participer. En somme acquérir les méthodes et concepts fondamentaux pour être très opérationnel en matière de travail collaboratif ; et pour faciliter et promouvoir l’usage des pratiques collaboratives dans son environnement de travail. Il s’agit également de comprendre et mieux maitriser les impacts des évolutions technologiques sur les modes de travail »


Denis Failly – Avant d’être la résultante de solutions techniques, l’efficacité collective est avant tout affaire d’homme, en ce sens n’est-elle pas avant tout dépendante du management ?

Richard Collin -« Pour répondre, je rebondirai sur un des 2383 commentaires libres et détaillés que nous avons recueillis  » Le collaboratif est d’abord une culture. Collaborer nécessite un investissement. Dans un univers où le temps et la culture collaborative dont deux grands quasi-absents, vouloir régler le problème de la performance de l’entreprise seulement par de la technologie, est un contresens » . Il est clair que le management est essentiel ett c’est un des points exigeant à découvrir et inventer. C’est ce que fait, par exemple, l’EMSI – Grenoble Ecole de Management qui travaille sur les questions des nouvelles formes de management associés aux nouvelles technologies et aux systèmes d’information. C’est aussi l’objet du deuxième tome du Petit Précis à paraître en 2007  » Manager autrement ».

Denis Failly – Merci Richard


Bio:
Richard Collin est Fondateur et dirigeant de ICCE (Intelligence Collective, Coopération et Efficacité – International Centre for Collective Efficiency www.icce-link.com), Vice Président de l’Association Française des utilisateurs du Net et du e-business (AFNeT, www.afnet.fr), Fondateur et animateur des Rencontres Innovation, Compétitivité et Connaissances (www.rencontres-icc.com), Visiting Professor à Grenoble Ecole de Management (www.grenoble-em.com ) titulaire de la Chaire « Efficacité collective, Travail collaboratif et en réseau, Organisations innovantes » et responsable de EIKE ‘European Institute for the Knowledge Economy », Richard COLLIN, pionnier et praticien du travail collaboratif et des organisations en réseau, est un expert et consultant international reconnu qui accompagne, conseille, coache et forme les entreprises, les institutions, les territoires et les hommes dans leur évolution et leur transformation compétitive vers la société en réseau et l’économie de la connaissance.
Contact : collin@icce-link.com

View blog reactions

Knowledge Economics, emerging principles, practices and policies

Le premier ouvrage du réseau Entovation Intl (900 pages en 3 volumes)

Volume I : Principles / Standards
Volume II : Practices
Volume III : Policy and measurement

 

The purpose of this tri-volume set of books is to provide timely readings to educate the new generation of researchers, professors and teachers, as well as industrial and government leadership professionals. The compilation includes the most compelling writing from 27 leading author contributors from the ENTOVATION Network representing Australia, Brazil, Canada, China, Croatia, Estonia, France, Germany, Israel, Malaysia, Mexico, Spain, Sweden, Turkey, United Arab Emirates, United Kingdom and United States.

The principles of knowledge economics should be endorsed as a revolutionary change – an opportunity to provide a solid foundation, rationale and vision to substitute something more sustainable than the old regime of traditional economics. Intelligent and innovative explorations of computer capabilities optimize individual and collective work of employees and the entrepreneur. Collectively, the writings document the evolution of three laws of knowledge dynamics: the 1st based upon knowledge, the 2nd based upon innovation and the 3rd defining the value of collaborative advantage.

 

 

Management des réseaux sociaux

medium_managemenrezosociaux.gif

Collectif  Revue française de gestion , Editions Hermès – Lavoisier , 2006


Sommaire

  • La force de vente et les activités d’intelligence économique
  • Créativité et leadership des groupes de recherche
  • Recherche en parrainage. Quelle évolution et quels résultats ?
  • L’impact des fusions-acquisitions bancaires sur les accords de crédits aux pme
  • Du concept de communauté à celui de ba. Le groupe comme dispositif d’innovation
  • Management et réseaux sociaux. Jeux d’ombres et de lumieres sur les organisations
  • Qu’est-ce qu’un bon réseau personnel ? Le cas de l’ingenieur D&D
  • Le capital social de l’organisation flexibilisée
  • Les déterminants du fonctionnement communautaire. Une etude comparative
  • Productivité et réseaux sociaux. Le cas des entreprises du batiment
  • Apprentissage collaboratif et réseaux d’investisseurs en capital-risque

Tels pères, quels fils

medium_telperequelfils.2.gifPascale Weil, Editions d’Organisation, 2006

une préface de Maurice Levy, Pdt de Publicis « vive, vivante et vibrante »

Quelques mots de Pascale Weil

Denis Failly – Pascale Weil, dans « Tels pères, quels fils » vous traitez notamment du différentiel générationnel entre les 25 – 35 ans et leurs parents , quels sont les grands points clés, les axes de ruptures à retenir.

Pascale Weil medium_pascaleweil.jpgOn a caricaturé les 25-35 ans sous la figure des Tanguy, comme si cette génération se  » coulait » dans le moule de la vie de ses parents …Or, à y regarder de plus près, c’est une révolution à laquelle on assiste entre les baby boomers et leurs enfants. Dans ce livre, j’ai choisi 10 grands thèmes qui distinguent la société dans laquelle les Baby boomers ont été élevé et celle de leurs enfants. Or, chacune a ses propres représentations du politique, de l’économique, de la raison/ émotion, du temps, des rapports hommes/ femmes, de la nation …., de la laicité, de la démocratie ou la république. Pris un à un, chaque thème démontre des systèmes de références éloignés, voire opposés. (Ceci , sans entamer le fait que parents et enfants s’aiment, bien sûr).
Pour ne garder qu’un exemple : si les baby boomers ont eu une éducation dure mais une vie douce, leurs enfants ont eu une enfance douce mais font face à une vie dure.
Si les premiers ont bénéficié des promesses de la croissance, du plein emploi et de la liberté sexuelle, les seconds ont pour environnement une croissance en panne, le chomage, le sida et autres menaces.
Mais comme les 25- 35 ans ne sont pas descendus dans la rue, qu’ils n’ont pas brandi leur combat par pancartes interposées, on a pu croire à la fin du conflit de génération.
Or eux, aussi, sans le dire, ont tué leurs pères. mais à leur manière. Sans affrontement ouvert, simplement, en regardant ailleurs, en zappant.
Ils ne combattent pas leurs parents, ils se débrouillent sans eux. Ils ne critiquent pas la société de consommation, ils s’arrangent !
Ils ne visent pas à être reconnus comme une génération, mais comme des individus singuliers … au point d’ailleurs que cette revendication de singularité devienne paradoxalement leur embleme de génération !

Denis Failly – Les plus jeunes (moins de 25 ans) sont-ils encore plus différenciés voire en rupture plus brutale avec leur aînés dans la convulsion « sociétale » actuelle ?
Les plus jeunes se sont passés de mots ! Ils ont opté pour les gestes spectaculaires, exerçant là leur expertise des medias …


Denis Failly – Les changements de paradigmes engendrent -ils pour vous de nouveaux imaginaires en terme de consommation par exemple et peut-on les caractériser ?

Pascale Weil Le changement de paradigme est d’abord celui d’une société qui connait une évolution tellement rapide qu’elle se dévoile sous la forme d’une rupture générationnelle très profonde.
En deça, le changement de paradigme, est celui d’une société qui devient « multi-bipolaire », tiraillée par de nombreuses fractures : économiques, sociales, culturelles, générationnelles, numériques, technologiques, de mobilité aussi …Les moyennes y ont de moins en moins de sens.
Ceci a totalement modifié l’imaginaire dominant à l’oeuvre : il avait été un « imaginaire d’opposition » dans les années 60-70, avec sa vision manichéenne puis un « imaginaire de fusion » dans les années 80 et un « imaginaire d’alliance » dans les années 90″ ( cf l’analyse secteur par secteur dans  » A quoi revent les années 90″).
Aujourd’hui le nouvel imaginaire , ( alors qu’il est de plus en plus difficile de généraliser) est, pour employer une formule simple, « l’imaginaire du « oui, mais », celui d’une personne qui dit oui pour ne pas se marginaliser, mais qui n’adhère pas tout à fait, qui dit oui, mais du bout des lèvres, qui approuve mais qui a un plan B, au cas où…
…Qui joue le jeu parce qu’il le faut bien mais qui n’y croit pas…
…Qui a envie de consommer, oui, mais sans se laisser berner…
…Qui aime les marques, mais si elles apportent une valeur ajoutée…
…Qui réfute l’uniformité oui mais qui se sent angoissée par l’hyperchoix…
…Qui approuve la technologie mais qui a peur qu’elle n’engendre un monde deshumanisé…
…Qui aime le virtuel, oui mais qui se méfie des relations sous cellophane…
…Qui ne pratique pas de religion sous une forme traditionnelle mais qui aimerait bien des formes de sacré…

La liste est longue …….car cet imaginaire caractérise nos tentatives de réponse à des paradoxes de plus en plus lourds.

Denis Failly Les marques ont-elles réellement conscience des mutations et quels enseignements majeurs en terme de marketing / communication peuvent (doivent) -elles en retirer ?

Pascale Weil Les marques vivent cette multitude de mutations et en ont conscience…. Ce qui demande davantage d’attention c’est de savoir hiérarchiser les mutations qui auront le plus d’impact sur leurs métiers et choisir les priorités. C’est pourquoi notre rôle en consulting est précisément, avec notre expertise Identité & Management, d’explorer ces mutations, de les hiérarchiser et d’ aider ainsi l’entreprise et ses marques à mieux définir ce qu’elles veulent être demain, ce qu’elles doivent être aussi et à partager avec leur management cette hiérarchie pour concentrer leurs efforts sur les so
urces de valeur ajoutée qui ont le plus de sens pour leurs clients. Elles peuvent alors mobiliser l’interne vers un projet et une identité devenus spécifiques et pertinents.

Denis Failly Post modernité pour les uns , hyper modernité pour d’autres, pour nous, au-delà de la réthorique et des concepts comment, en tant qu’observatrice des tendances, qualifieriez – vous cette époque ?

Comme notre rôle est moins d’observer des tendances que d’aider les entreprises et les marques à créer ce qui peut interesser leurs diverses parties prenantes, nous ne regardons pas les « tendances » comme une sorte de fatalité à laquelle les entreprises doivent se soumettre. Non, à nous d’ étudier l’environnement pour tracer la voie spécifique de chacun de nos clients en allant dans le sens de ses volontés et de ses potentiels. Nou faisons davantage attention aux mutations lourdes et aux opportunités qu’elles créent qu’aux tendances qui ont un côté « saisonnier », rapide éphémère qui ne peut pas servir de socle pérenne à une entreprise ou une marque.
Pour répondre au second aspect de votre question, mon objectif n’est pas celui du combat des mots. Quand j’ai commencé ce livre, oui, j’ai utilisé les concepts de modernité et post modernité. Et avec l’évolution des imaginaires, je savais qu’il s’agissait d’aller au delà des termes actuels.
Mais je me suis très vite rendue compte que, dans un cadre professionnel, les mots comme post modernité, hypermodernité restent abstraits, voire abscons. Pour la plupart des acteurs, ce sont des querelles d’experts ou d’initiés. Ce qui est en partie vrai.
Aussi n’ai-je pas cherché de mot globalisant, qui est aussi une caractéristique de la génération des baby boomers.
J’ai davantage cherché à incarner mon analyse à travers la révolution encore souterraine entre les deux générations, à mettre en évidence les risques lourds que nous avons à ignorer leurs différences radicales à l’heure, où les équilibres politiques, économiques, culturels, … sont lourdement affectés.
On l’a vu avec la réforme des retraites, on le voit avec les enjeux de l’éducation …, de la santé…

Je voudrais aussi partager avec vous un écho personnel : Beaucoup de personnes qui ont lu le livre m’ont dit qu’elles avaient réalisé à quel point il était particulièrement difficile de faire partager à sa propre famille l’ expérience de leur génération. L’une d’elle l’a offert à ses enfants en leur disant : « voici comment pense ma génération ». Une autre m’a dit que son fils lui avait conseillé en disait « tiens, cela va t’aider à comprendre« . Une autre personne encore, de 30 ans, m’a dit : « je comprends maintenant pourquoi je m’engueule avec mon boss« . ( Cette personne ne parlait pas de conflit personnel, mais plutôt du fait qu’elle avait réalisé à quel point il existait deux « visions du monde » qui se confrontaient).
Je n’avais pas imaginé, avant d’avoir ces remarques, à quel point ce livre pouvait aussi , à titre privé, aider à rendre explicite, ce qui en général reste implicite dans une génération. C’est évidemment ce qui m’a le plus touchée.

Denis Failly « En clin d’œil à l’un de vos précédents ouvrages, les « années 2000 » rêvent-elles encore et à quoi peuvent-elles rêver ? »

Les baby boomers ont cru qu’en apportant à leurs enfants un confort qu’ils n’avaient pas connu, ils faisaient en soi oeuvre de transmission. Mais devant les défis actuels, ils s’aperçoivent à quel point ils ont eu de la chance.

Les années rêvent qu’elles peuvent encore rêver … et notamment ici, en France.
Elles rêvent de laisser à leurs enfants un monde mieux préparé qu’aujourd’hui,
Elles rêvent que leurs enfants aient mieux qu’elles, alors qu’on annonce partout, que les rêves de croissance se sont déplacés à l’autre bout de la planete …
Les films d’ailleurs le prouvent. certains sont très réalistes, violents, lourds, d’autres jouent sur le fantastique, le mystère…

Denis Failly Pascale je vous remercie

 

Pascale Weil est Associé de Publicis Consultants et Directrice de « Identité & Management ».
Elle conseille les entreprises sur la redéfinition de leur identité et sur l’appropriation du management de leur nouveau projet.
Elle est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages dont « Et moi, émoi » sur l’individualisme dans les années 80, « Communication Oblige ! » sur la communication de management , « A quoi rêvent les années 90 ? » sur les nouveaux imaginaires et récemment de » Tels Pères, quels fils ? » sur la révolution silencieuse entre les baby boomers et leurs enfants.

 

View blog reactions

La construction et la Modélisation du Knowledge Marketing de produits personnels

medium_theseCurbato.2.pngLa thèse de Doctorat en Sciences de Gestion d’Oleg Curbatov
introduisant la notion de Knowledge Marketing
Télécharger la thèse (en Pdf, 371 pages, 895 ko)

Quelques mots d’Oleg Curbatov


Denis Failly – « Oleg Curbatov bien que non stabilisé sur le plan sémantique, vous proposez l’approche Knowledge Marketing, pourriez-vous nous en dresser les contours ? »

Oleg Curbatov medium_Oleg_Curbatov_foto_1.2.JPG« Bien que sur le plan conceptuel et opérationnel, j’ai proposé en 2000-2001 l’approche et le terme « Knowledge Marketing » pour faire une rupture avec les modèles traditionnels du marketing. D’une part, elle rejoint la vision conceptuelle post-moderne de la consommation et d’autre part, elle intègre les éléments du Knowledge Management dans sa démarche opérationnelle. La particularité majeure de ma proposition consiste dans l’apprentissage organisationnel entre les clients et les membres de l’entreprise. Cela présuppose que le client est intégré dans l’entreprise physiquement ou virtuellement via le web et crée la connaissance par le biais des actions de co-conception et de co-production. Un autre apport consiste dans la mobilisation des connaissances dites tacites des clients qui ont été négligées par les marketers du 20ème siècle.
L’un des antécédents du Knowledge Marketing est le concept de Customer Empowerment qui reste une philosophie de base de cette approche – donner le pouvoir au client de gérer les variables du marketing – mais qui reste toujours une approche conceptuelle, voire philosophique. Le Knowledge Marketing est un ensemble de procédés plutôt opérationnels qui s’inspire de cette philosophie et qui la met en œuvre par le biais du développement des compétences et des connaissances des clients et des entreprises.
Il s’agit ici de reconnaître les compétences du client et non de le traiter comme un « idiot » ; il s’agit d’apprendre DU client en développant ses compétences, ses expertises et plus particulièrement ses diverses connaissances. L’apprentissage du client aura un impact sur l’apprentissage des membres de l’entreprise et aboutissement dans la plupart des cas à des changements, à des innovations. »

Denis Failly – « Avez – vous un ou deux exemples explicites de l’approche Knowledge Marketing ? »

Oleg Curbatov « L’exemple le plus illustratif du Knowledge Marketing et qui a validé les premières propositions est le « Studio des Fragrances » de la Maison des Parfums de Galimard à Grasse. Cette entreprise propose aux clients de créer leur parfum personnel au cours de deux heures en interaction avec le parfumeur. D’ailleurs, le parfumeur qui est le créateur des parfums personnels avec les clients mais aussi des parfums de la Maison, apprend implicitement à partir des expériences. J’ai aperçu au cours de l’étude de ces créations que les compétences du parfumeur évoluent au cours de l’apprentissage des clients, ce que lui permet d’innover. Remarquons que ce mode de co-création de produits est différent de ceux pratiqués par les sociétés qui permettent à des consommateurs de créer/personnaliser les produits par Internet, de type « Nike », «Smart», etc. La différence se trouve dans le degré d’implication du corps physique et le partage des éléments tacites des connaissances corporelles et sensorielles dans les expériences de co-production et d’apprentissage. Alors, le deuxième projet que j’ai co-piloté avec France Télécom R&D sur l’invention du web parfumé « exhalia » a démontré encore une fois cette proposition : les sites parfumés qui ont bénéficié de l’apport du Knowledge Marketing sont celle de la Ville de Grasse et du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne qui ont privilégié le contact direct lors des présentations aux salons et lors des démonstrations locales. Je suis au point final de l’étude sur la photographie numérique demandé par France Télécom et Orange, qui traite les expériences de photo des clients comme procédé de création et de partage des connaissances expérientielles via le Photoblog.
Certaines sociétés sont imprégnées de la philosophie de Customer Empowerment et nous pouvons voir l’implication des potentiels du client dans la co-production des produits/services. Alors que les entreprises doivent porter attention au potentiel du consommateur qui est sa connaissance tacite difficilement détectable par les outils traditionnels du marketing. Les projets Knowledge Marketing doivent être construits avec un soin particulier et intégrer cette dimension cachée de cette connaissance dans leurs procédés.

Denis Failly – « Les approches traditionnelles du marketing – management (postulat de satisfaction des besoins…) auxquelles ont été formé moult « Marketers » aux commandes aujourd’hui, ne vous semblent – elles pas dépassées et comment évangéliser efficacement sur les nouvelles approches (type Societing de B. COVA…) »

Oleg Curbatov Pour répondre à cette question, j’aimerais vous citer une bonne histoire racontée par Michel Serres. Il raconte sous forme de métaphore l’exemple des sportifs qui courent le 100 mètres. Combien de temps cela dure-t-il ? Vous dites : dix secondes… ? Mais la réponse est toute différente. Regardez le départ, les athlètes sont à genoux, les deux mains posées à terre devant eux, le coup de pistolet retentit, et les voilà partis. Vous les filmez et vous voyez que, dans les 40 premiers mètres, ils se relèvent peu à peu. Le 100 mètres dure exactement un million et demi d’années parce qu’il relate exactement, en un raccourci foudroyant, la totalité de la transformation du quadrumane en homme moderne ! Le marketing-management et son postulat de « satisfaction des besoins » est un petit fragment épisodique que tout le monde voit dans le développement du commerce et des relations marchandes. Le marketing comme une approche formalisée existe depuis moins d’un siècle, alors que les racines des relations marchandes, mais aussi non-marchandes, durent, par analogie à l’exemple précédent, plus longtemps quand l’on regarde du coté pragmatique, chronométrique. D’où la nécessité de voir les expériences des hommes dans la construction de la société du coté marchand et non-marchand et de considérer conjointement comment les modes de création de connaissances sont évaluées depuis l’époque ancienne jusqu’à l’apparition de la société de consommation actuelle. A mon avis, une façon efficace est de se projeter et comprendre comment les hommes ont construit leurs connaissances et leurs compétences au cours du développement de la société et comment le consommateur actuel crée et créera sa connaiss
ance avec les entreprises, autres consommateurs autour de leurs activités et expériences. Ceci est la réponse fondamentale que peut donner le Knowledge Marketing. Alors que si l’on regarde du coté opérationnel, les activités du marketeur ne doivent pas être extérieures à l’expérience du client, mais être intégrées, partagées dans les mêmes expériences, permettant leur apprentissage collectif. « Si il s’agit moins d’apprendre SUR le client (approche classique) que DU client, de nouvelles formes de négociations, de régulations sorte de « data deals » ne vont – elles pas se développer ; En somme demain, moi consommateur je serais en position de force pour négocier moyennant contrepartie (monétaire ou non) les données que je « consens » à délivrer aux marketers » Je trouve votre question très pertinente, car depuis 10 ans nous parlons du consommateur co-producteur, mais c’est toujours ce dernier qui paye pour les produits/services. Evidement que les formes de négociation vont se développer et les entreprises qui bénéficient d’une part de connaissances et de compétences de la part des clients doivent directement ou indirectement les « rémunérer ». Les bénéfices que l’entreprise gagne en terme de réduction des coûts d’exploitation ou de recherche et développement doivent être répercutés aux clients et la forme actuelle de ces répercutions est la pratique des prix « low-cost » ou des réductions que l’on trouve le plus souvent. En revanche, le client pourra concevoir une offre personnelle au sein de l’entreprise et la promouvoir auprès d’autres clients, équivalent aux achats groupés, alors que la différence constituera aussi les aspects immatériels – tout le réseau de clients pourra aussi bénéficier des nouvelles connaissances et compétences. Imaginons que vous rénover votre maison, vous y installez un équipement électrique nouveau, vous concevez une façon originale pour de votre habitat de la consommation d’électricité. Votre modèle de réseau électrique, de maison et de consommation pourra être repris par l’entreprise ou par d’autres consommateurs qui n’ont pas les mêmes compétences dans leur projet de rénovation. Plus particulièrement, vous formez votre communauté d’expertise et de pratiques qui pourront être utilisées par l’entreprise et par cette communauté de clients. Effectivement, vous pourriez demander à l’entreprise en question des services optionnels gratuits pour votre conception, une aide à l’installation, son expertise, par exemple. Ici, l’entreprise a plus d’intérêt à apprendre du client et développer ses compétences que d’apprendre sur lui de manière informative et quantitative. Sur le plan immatériel vous pouvez partager également votre passion autour de votre habitat auprès la communauté. Tout cela à condition que les clients et l’entreprise aient la volonté et le potentiel d’apprendre et d’interagir. Encore une fois je le répète, la performance de ce mode de collaboration dépendra de deux axes : la puissance de développement des compétences et la volonté d’implication physique et intellectuelle des clients et des membres des entreprises.

Denis Failly – « Face a la demande d’Expérience, d’E(-)motion sorte d’injonction « h to h » (human to human), les approches CRM actuelles (ou le R de Relationship dans sa dimension qualitative est souvent négligé), la rhétorique sur la fidélisation tout azimut et les « mécaniques » commerciales à vocation uniquement quantitatives ne s’essoufflent –elles pas ? »

Oleg Curbatov – Je me permets de revenir à la question précédente pour compléter le propos relationnel pour le concept de Knowledge Marketing, en précisant que toute la dynamique de création de connaissance et des compétences aboutit à des relations continues entre les clients et l’entreprise. La fidélisation-client provient donc du fait de la volonté de création dynamique de connaissances entre les personnes impliquées dans un projet ou une expérience de consommation. Alors que le CRM suppose des relations discontinues et uni-directionnelles, il est vrai qu’il exclut l’aspect de socialisation important dans le processus de création de connaissances. J’ai souvent remarqué que les offres d’entreprises sont basées sur la dimension fonctionnelle et l’usage, facilement quantifiable par les outils de CRM mais qui n’intègrent pas des données expérientielles. Par exemple, pour le projet du web parfumé, au début du projet on s’intéresse peu au vécu du client, alors que les fragrances ont un lien direct avec celui-ci. Les expériences de vie humaine qui peuvent provoquer une émotion, peuvent également avoir une conséquence sur l’apprentissage et la consommation. Je me souviens, lors de la création de son parfum personnel chez Galimard, le Président Eltsine a évoqué au parfumeur les expériences de sa jeunesse dans les environs des forets de l’Oural, ce qui a permis au parfumeur de comprendre sa personnalité et de proposer les fragrances adéquates à ces expériences, à aboutir à un parfum formidable ! La simple saisie ou la demande quantitative d’essences olfactives auprès du parfumeur, je pense, ne permettait pas d’obtenir un tel bouquet olfactif, d’apprendre sur le parfum et de revenir à Galimard un an après la création.

Denis Failly – « A la complexité, la transversalité , la multi – dimensionnalité d’un Marketing en (ré)-invention va devoir répondre une expertise, un savoir être et un savoir faire adapté, quelles sont pour vous les qualités nouvelles du Marketer de demain ? »

Oleg Curbatov – « Nous sommes ici dans une approche socioculturelle caractérisée par la complexité et la diversité de création des connaissances. La richesse des entreprises est constituée par cette diversité marquée. Attention, il ne faut pas prendre la connaissance en soi comme la richesse, mais les modes, procédures de création des connaissances, car c’est par le biais de ces procédures qu’on développe nos expertises, nos compétences. Pour revenir à l’exemple de Galimard, le parfumeur et ses collaborateurs apprennent sur les nouvelles tendances de parfums via le croisement, la transversalité des compétences provenant du client, des membres de l’entreprise et ses partenaires. Le marketeur de demain doit disposer de compétences relationnelles qui permettent à ses clients et à des partenaires de créer de nouvelles connaissances pour leurs produits et pour réinventer, créer sa propre vision du marketing. La formation en marketing que je dispense s’appuie sur ce principe – donner la multi-représentativité AUX marketingS en fonction des compétences mobilisées dans les projets d’entreprise.


Denis Failly – Quelles spécificités voyez – vous à l’approche Knowledge Marketing dans le contexte interactif et collaboratif que permet Internet (Web 2.0…) ?

Oleg Curbatov – Tout d’abord d’intégrer les éléments tacites des connaissances qui sont souvent exclus du web, comme les connaissances corporelles, sensorielles, expérientielles. C’est pourquoi je suis longtemps resté sur l’étude du projet de web parfumé afin de pouvoir comprendre comment intégrer les connaissances expérientielles du consommateur dans la production et la diffusion des savoirs communs clients – entreprises. A cet égard, la participation des internautes à la création de leurs blogs parfumés me semble une solution plus adéquate qu’un simple « parfumage » des sites commerciaux, cela intègre les connaissances expérientelles, plus qualitatives dans la démarche relationnelle qui peuve
nt être partagées par l’entreprise et la communauté des consommateurs. Le future de l’Internet consiste donc à donner le pouvoir de créer son univers virtuel sans priver ses consommateurs de leurs expériences de la vie réelle.
Denis Failly – « Oleg je vous remercie »


Le site du Knowledge Marketing pour le projet du web parfumé

Bio : Oleg Curbatov est enseignant chercheur en Marketing à l’Université Paris 13

Darknet : La guerre d’Hollywood contre la génération digitale

medium_couv_darknet_200.jpg

JD Lassika, M2 Editions, Mai 2006
Préface de Howard Rheingold.

Titre original : « Darknet, Hollywood’s War against the Digital Generation. »

 

Denis Failly – JD Lasica could you portray us this mysterious underground universe that you name Darknet (stakes, rules, main actors, strategies…) ?

JD Lasica medium_jdlassika.2.jpg-« Darknet » works on several levels. It refers to the universe of blogs and small, independent websites outside the bright glare of mainstream media sites. These may be small and obscure sites on their own, but collectively they’re becoming as significant and weighty as traditional media.
It also refers to the hundreds of underground sites, in the dark recesses of the Internet, where users can communicate and exchange files in relative security, outside the orbit of the legal system.
Usenet, Internet Relay Chat and university « top sites » are examples of this.
Most importantly, « Darknet » refers to what may happen to the Internet itself should current trends continue. The forces of control, exercised by the entertainment and media companies and backed by their allies in the United States government and unthinking governments abroad, refuse to embrace their digital futures.
This is in no way an endorsement of unfettered file sharing, which is wrong, plain and simple. But the public is largely unaware of the restrictions being placed on on our digital devices — from portable music player to home networks to digital televisions — which prevent law-abiding citizens from using legally purchased media in ways they’ve come to expect. »

Denis Failly – What is your vision of Peer to Peer tomorrow, and is there any limits ?

JD Lasica – « Yes, certainly there are limits. Few reasonable people believe that because a file has been digitized, it’s therefore free for all the world to copy.
An interesting phenomenon has emerged in the past year: the birth of legal peer-to-peer services. Several companies, such as Outhink.com and Pando.com, allow users to exchange large video files with other via p2p. But these services emphasize that users are to exchange files that they’ve created, such as home movies.
I think that’s the future: more and more we’ll see p2p used in legal ways, allowing us to exchange large digital files that we own or created. This will become even more pronounced as we move into the era of high-definition video. »

Denis Failly – Do you believe the Personal media era that you describe in your book, is a epiphenomenon or is it a deep and viable trend in the long run ?

JD Lasica – There’s no question that the personal media revolution is a long-term, lasting phenomenon. All the signs suggest that this era is here to stay. Millions of people are turning to grassroots media sites like YouTube.com and Ourmedia.org for their entertainment, news and information.
The question is, where do we go from here? I think people will quickly tire of the short silly videos you see on some of these sites. We’ll be looking for something deeper and meaningful, something outside the formulas and cliches seen in traditional television.
One prediction: grassroots media will get better, more polished and professional-looking, as the tools of creativity get easier to use and as small groups of people get together to collaborate on higher-quality works.
Second prediction: Many people will start making money for grassroots videos they’ve created.
Final prediction: In the next year we’ll see several deals between traditional media companies and small startups to bring grassroots media works into television channels, cell phones and other distribution networks. »

Denis Failly – Which solutions are possible according to you to (re)conciliate the interests of Majors and the « darknet users » ?

JD Lasica -The solution is apparent for all to see: Entertainment companies need to embrace their digital destinies and start experimenting with new business models for music, video and games. If not, the darknet users will force their hand. My concern is not with the bottom line of the media companies but with the artists and creative individuals who need to receive a fair payment for their creations.
Currently, the music system is out of balance, with the vast majority of artists receiving little or no income for their efforts. If we blew up the current music distribution system and started from scratch, there’s no way we’d come up with anything resembling the current system.
I don’t believe Hollywood faces the same threat to its well-being that the music labels are facing. Swapping and watching Hollywood movies is still a practice you find on college campuses and among geeks, but it hasn’t penetrated the middle class, and probably won’t. But the film industry needs to be aware that people want to watch movies on their terms, without the absurd kinds of restrictions encumbering digital devices.

Denis Failly – As observers of Internet, I suppose you begin to have a idea about the possible scenarios in term of news uses, news economic models for next years ?

JD Lasica – « I recently returned from a trip to Seoul, South Korea, where I attended the International Citizen Reporters’ Forum. It was amazing to see so many people passionate about citizen journalism from all over the world — places like Brazil, Chile, Cameroon and Nepal.
I think smart news organizations are waking up to the fact that the public no longer wants to be spoonfed the news as passive consumers.
Many of us want to engage in a conversation about the news, and to participate in a meaningful way. That means blogs, citizen media videos and podcasts are all part of today’s media equation.
Newspapers and television news networks will find a way to survive — as they must. Professionals still bring a lot to the table that amateurs cannot emulate. But traditional news outlets also must evolve to the new participatory realities or perish. »

Denis Failly – « Thank you JD »


Le blog de JD Lasika
Le blog français autour du livre

 

Bio : JD Lasica, journaliste et blogueur américain reconnu, a écrit de nombreux articles pour des journaux comme le Washington Post, Salon, le Industry Standard… Il est le fondateur du site ourmedia.org qui est au centre du phénomène du journalisme citoyen au niveau mondial. Auparavant, éditeur du principal quotidien de Sacramento, le Sacramento Bee, pendant 11 ans et responsable de l’équipe éditoriale dans trois startups.