Guide pratique de l’intelligence relationnelle

cade513a3487c5065105e1019a1cf48d.jpgGUIDE PRATIQUE DE L’INTELLIGENCE RELATIONNELLE
Olivier Zara, directeur de la société « Axiopole »

 

Interview Catherine Fournier-Montgieux, CFM Conseil pour Nextmodernity

Avant d’évoquer l’intelligence relationnelle, pouvez-vous rappeler ce qu’est l’intelligence collective ?

L’intelligence collective (IC) peut se définir comme la capacité à unir nos intelligences et nos connaissances pour atteindre un objectif. Elle se matérialise au quotidien par des coopérations intellectuelles que l’on observe en particulier dans les temps de réflexion collective. Cependant, la réflexion collective dans les entreprises est souvent faible pour des raisons de cultures, d’habitudes managériales et de technologies déficientes.
Contrairement à une croyance populaire, l’intelligence collective n’a rien à voir avec la notion de décision collective. L’intelligence collective contribue certes au processus d’émergence de la décision, mais n’impacte pas directement la prise de décision. On peut réfléchir à 10 ou à 100, et à la fin du processus, le décideur décide seul !
Le management de l’intelligence collective (MIC) regroupe l’ensemble des outils, des méthodes et des processus, qui permettent de mettre en réseau, de faire coopérer les intelligences individuelles pour atteindre un objectif commun, réaliser une mission ou un projet.
Nous pouvons comprendre l’intelligence collective comme 1+1 = 3. Il s’agit de connecter des intelligences pour produire plus et mieux. L’intelligence collective n’est finalement rien d’autre que la mise en pratique de la théorie des avantages comparatifs et des économies d’échelle au niveau des idées. Les industriels cherchent à produire au meilleur coût avec les plus compétents tous les composants d’un produit. Il en va de même dans le monde des idées avec le management de l’intelligence collective.

 

La littérature, d’une manière générale, évoque la « culture de masse », terme souvent péjoratif , qu’elle oppose à la culture élitiste, où l’intelligence est le fait d’une petite élite uniquement ; va-t-on, avec l’intelligence collective, vers l’émergence d’une nouvelle donne sociologique ?

La littérature parle de « culture de masse » parce qu’elle est produite par « l’élite intellectuelle ». L’intelligence collective remet en cause leur monopole implicite de l’intelligence. En simplifiant, on pourrait décrire leur vision du monde ainsi :
– il faut des idiots pour que les intellectuels existent
– il faut beaucoup d’idiots, qui deviennent la masse, pour que les intellectuels deviennent l’élite.

Etre un intellectuel permet ainsi de faire partie d’une élite qui monopolise implicitement le droit à l’intelligence. A l’inverse, si on reconnaît le principe d’une diversité d’intelligences, si on pense que chacun apporte une valeur ajoutée à sa manière dans ce qu’il fait ou ce qu’il dit, si on admet que chacun à des forces et des faiblesses tant au niveau de ses connaissances que de ses intelligences, alors tout le monde devient plus ou moins intellectuel et l’élite n’est plus une élite ! La pyramide hiérarchique qui irrigue nos cultures s’effondre et laisse place à la transversalité (fonctionnement en mode projet, décloisonnement des modes de communication et de collaboration,…) et au management de l’intelligence collective, qui ne remet pas en cause la répartition du pouvoir mais son exercice. L’objectif du management de l’intelligence collective n’est pas de donner un pouvoir égal à tous, mais d’inciter ceux qui ont le pouvoir à mobiliser toutes les intelligences et les connaissances de chacun.

L’intelligence collective semble donc être perçue par les experts, universitaires ou intellectuels comme une menace. L’intelligence, c’est quand même leur fond de commerce ! Mais, leurs attaques contre l’intelligence collective sont souvent implicites, sournoises, cherchant à semer le doute et la confusion, car si elles devaient devenir explicites, alors il faudrait répondre à cette question : si l’intelligence collective est un mythe, est-ce que cela signifie que la c… collective est une réalité ?

 

Dans l’entreprise, quelles sont les difficultés les plus souvent rencontrées lorsqu’on cherche à mettre en oeuvre une culture de coopération ?

L’intelligence collective a toujours existé. Elle existe dans les entreprises comme ailleurs. Mais elle est informelle, artisanale et au bon vouloir des uns des autres en fonction des affinités. Nos ancêtres pouvaient certainement s’en contenter pour la chasse, la cueillette ou l’agriculture. Mais aujourd’hui, la complexité des marchés, des technologies et la mondialisation nécessitent une démarche volontaire et structurée pour rendre efficace les coopérations intellectuelles. Les crises financières mondiales et les faillites brutales de grands groupes illustrent l’urgence du changement.

Cependant, la diffusion de l’intelligence collective est encore très lente pour de nombreuses raisons. Les structures des entreprises sont par exemple trop souvent organisées sur un mode pyramidal/hiérarchique qui brise le potentiel d’intelligence collective qui existe dans l’organisation. Il y a également le manque de compétences : savoir coopérer n’est pas naturel, c’est une compétence ! Il y a malheureusement beaucoup d’autres freins. Le management incantatoire et gesticulatoire du type « Coopérez ! » n’aidera pas à lever ces freins…

Le « guide pratique de l’intelligence relationnelle » est-il un outil pour tout manager ? Ou faut-il avoir une sensibilité à la culture coopérative avant de s’engager dans la démarche ?

Lorsque j’ai écrit mon premier livre “Le management de l’intelligence collective”, je voulais montrer les pré-requis à l’implémentation des technologies qu’on appelle aujourd’hui “Web 2.0″. Ces pré-requis, on peut les résumer ainsi : un vouloir coopérer, un savoir coopérer et un pouvoir coopérer.
Durant mes missions, je me suis rendu compte qu’il y avait aussi des pré-requis au vouloir, savoir et pouvoir coopérer ! Ce constat a conduit à la conception d’une pyramide du management (comportemental) :

Au sommet de cette pyramide, on trouve le management de l’intelligence collective. A la base, on trouve l’intelligence relationnelle (management individuel et collectif). Le guide pratique de l’intelligence relationnelle est donc un outil pour tout manager quel que soit son niveau hiérarchique. L’intelligence relationnelle est un pré-requis à l’intelligence collective. C’est le socle sur lequel repose l’intelligence collective.

 

Olivier Zara, directeur Axiopole

Pour aller plus loin :
– De l’intelligence relationnelle à l’intelligence collective
http://blog.axiopole.info/2007/06/07/intelligence-relationnelle-intelligence-collective/
– De l’efficacité culturelle à l’efficacité collective ?
http://blog.axiopole.info/2007/04/05/efficacite-culturelle-efficacite-collective/

Jusqu’au 31 décembre 2007, il y a une offre de lancement pour obtenir le guide pratique de l’intelligence relationnelle gratuitement. Après cette da
te, pour ceux qui ne seront pas déjà inscrits, l’accès au site du livre sera payant : 39$ CAD ou 27 euros.

http://guide.axiopole.info/

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