Petit précis de l’efficacité collective, Tome #1 « Travailler autrement »

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Le Tome 1 « Travailler autrement » du Petit Précis d’Efficacité Collective est un ouvrage collectif produit et réalisé par Richard Collin, fondateur et dirigeant de ICCE (Intelligence Collective, Coopération et Efficacité – International Centre for Collective Efficiency www.icce-link.com ) dans le cadre de EC2006 parrainé par Microsoft France

 

Quelques mots de Richard Collin
Denis Failly – Richard Collin, a l’occasion de la parution du Tome 1 « Travailler autrement » du Petit Précis d’Efficacité Collective pourriez vous nous retracer brièvement les étapes et les enjeux qui ont donné naissance à cet ouvrage ?

Richard Collin – medium_richard.png« Cet ouvrage – et la démarche qui a conduit a sa réalisation – se place dans la perspective de l’évolution des modes de travail. Il pose la question de la nécessaire prise de conscience des transformations rapides des modes d’organisation et des processus requis au sein des entreprises mais aussi vise à une plus grande compréhension, mobilisation, envie et appropriation des salariés eux-mêmes pour d’autres manières de travailler.
Il formalise une connaissance approfondie et précise de la situation en matière de « work style » dans le travail au quotidien de ceux qui travaillent. Il dresse également un tableau sur les contextes des usages et des pratiques. Mais aussi sur les perspectives qui peuvent se dessiner et les freins qui existent. Au travers du processus de réalisation de ce premier tome, autant que dans les résultats et analyses formels, nous nous sommes attachés à détecter et formaliser les points soulignant les bénéfices aussi bien que les propositions envisagées pour développer les usages en matière de travail collaboratif et d’efficacité collective. Parallèlement, il nous donne l’occasion de mieux et précisément connaître la réalité du terrain aussi bien que de se munir de faits et d’arguments pour adapter et mettre en place les stratégies requises par les uns ou les autres.
Dans les premiers mois de 2006 une large investigation a été conduite pour permettre à chacun de mieux comprendre et mesurer son style de travail mais aussi pour se doter d’un instrument pour mieux apprécier pour la France les enjeux et la réalité du travail collaboratif et de l’efficacité collective pour lesquels notre pays présente des spécificités.

Vecteur de la visibilité réelle des usages et du décalage existant entre les pratiques au quotidien et les possibilités offertes simplement, la démarche entreprise EC2006 (Efficacité Collective 2006) était tout autant un outil de pédagogie qu’un outil d’analyse et de découvertes personnelles. Chaque participant a ainsi reçu une analyse individuelle et personnalisée lui permettant de se comparer et de situer par rapport aux autres participants et à son entourage.

Le choix a été fait de rendre transparentes et neutres les méthodes, la construction, la réalisation et la diffusion de EC2006 et d’associer un collectif de partenaires qui garantissent la validité, la rigueur et la pertinence de la démarche. Mais aussi sa légitimité et sa diffusion pour porter le débat. C’est dans ce cadre que l’AFNeT, la FING, l’ENSAM, EMSI GEM se sont mobilisés avec le soutien du CIGREF, de l’ACFCI et de DEMOS et le parrainage et engagement de MICROSOFT France; LA TRIBUNE et RADIO CLASSIQUE étant les partenaires media de EC2006. La mission de maîtrise d’ouvrage et d’opérateur donnée à ICCE – Intelligence Collective, Coopération et Efficacité – qui s’est notamment appuyé sur Next Modernity-DVA et TRIVIUM complète le dispositif qui a offert les garanties requises.

Ce premier ouvrage se place dans une perspective à long terme et constitue le socle pour faire évoluer les analyses autant que comparer les résultats d’une année sur l’autre au moins sur les deux prochaines années 2007 et 2008. Cet ouvrage sera distribué le 19 et 20 octobre 2006 à tous les visiteurs et participants des prochaines Rencontres ICC’2006 au Palais Brongniart (accès libre et gratuit).
On peut aussi le commander gratuitement sur www.microsoft.com/france/entreprises/peopleready


Denis Failly – « A qui s’adresse ce petit précis et quels en sont les enseignements majeurs ? »

Richard Collin – « Cet ouvrage s’adresse à tous ceux qui se sentent concernés par la question de l’efficacité à plusieurs et au travail collaboratif et qui veulent activement développer cette compétence autour d’eux. Ainsi, quelles que soient les responsabilités de chacun, quelle que soit la taille ou le type d’organisation, les réflexions présentées dans cet ouvrage nous concernent tous directement. Car le sujet est d’importance. Il y a un savoir-f
aire particulier à mettre en œuvre pour que les énergies soient alignées dans la même direction et s’additionnent harmonieusement. Chacun de nous, en tant que membre d’organisations formelles et informelles, peut choisir d’être acteur d’une amélioration du fonctionnement collectif, ou de subir les pesanteurs et frictions venant des autres. En choisissant de devenir acteur, on se donne la possibilité de poser les bonnes questions et d’obtenir des changements visibles au moins au niveau local, avec l’espoir de faire changer les pratiques à un niveau plus large. Et même si les besoins d’amélioration sont connus, les solutions pertinentes restent largement à découvrir ou à formaliser. En lisant cet ouvrage et en lançant des démarches innovantes, chacun pourra très concrètement aider à accélérer des transformations utiles pour tous. »

 

Denis Failly – « Parmi les témoignages y en a-t-il un en particulier qui vous parait particulièrement éclairant et dont vous souhaiteriez nous parler ? »

Richard Collin – « Difficile de ne retenir qu’un seul témoignage. Je préfère retenir quelques repères essentiels que nous ont livrés des responsables, animateurs d’initiatives intéressantes. « La culture d’entreprise et la confiance sont les enjeux stratégiques pour réussir » (Schneider Electric), « C’est aujourd’hui que la networking attitude est partagée par un nombre vraiment significatif que les solutions technologiques peuvent jouer leur rôle » (Groupe Danone), « L’aventure collective que sont les nécessaires réformes hospitalières ne peut se vivre et se construire qu’au travers d’une démarche de partage et de reconnaissance (Ministère de la santé et des solidarités), « Quand on parle de performance, c’est autant sur l’efficacité collective que sur l’efficacité individuelle qu’il s’agit de progresser » (Microsoft) »

 

Denis Failly « Peut –on parler d’une spécificité française quant à l’approche et la pratique des organisations en matière d’efficacité collective ? »

Richard Collin – « L’enjeu est important pour les entreprises françaises qui sont particulièrement à la traîne des pays européens pour tout ce qui touche le fonctionnement et le travail en réseau et collaboratif au cœur des transformations en cours. Alors que beaucoup d’entreprises rencontrent des difficultés face à la complexité, à l’imprévisibilité du monde, à la globalisation, les entreprises françaises et ses managers sont vraisemblablement affectés par une trop forte logique cartésienne et de rationalité d’ingénieur, associée à une culture à la fois centralisatrice et individualiste qui les poussent à la modélisation et la formalisation des processus au détriment de l’efficacité collective, et ce faisant les éloignent des fondements de la compétitivité actuelle. Un de nos défis est de s’affranchir de quelques freins naturels qui nous sont spécifiques, qui pèsent et nous empêchent souvent d’avancer vite pour s’adapter aux exigences de l’efficacité collective. Les quelques questions suivantes sans encore de réponse complète soulignent bien les paradoxes spécifiques de la société et de nos entreprises et institutions françaises :

  • Comment partager nos informations et connaissances alors que souvent notre éducation nous conduit à systématiquement punir les « copieurs » ?

 

  • Comment éviter de penser à la place des autres alors que la culture d’une partie de l’élite française est construite sur ce modèle ?
  • Comment percevoir que la richesse est dans la circulation et le flux d’information et de connaissances alors que notre mentalité nationale d’épargnant nous fait penser à tort que c’est en capitalisant dans des « bas de laine » d’informations et de connaissances statiques que nous devenons riches ?
  • Comment faire vivre vraiment des communautés d’experts ou d’apprentissages et plus largement le travail collaboratif alors que nos comportements individualistes et de défiance à priori sont souvent des freins majeurs au partage ?
  • Comment prendre des risques alors que la viscosité sociale aussi bien que la culture d’ingénieur ou technocratique propre à notre pays ne facilite pas des approches socialement novatrices sur le « travailler autrement »?

 

  • Sommes-nous vraiment prêt à prendre à notre compte – individuellement et collectivement – une transformation qui s’appuie sur une  » networking attitude »  » généralisée, une organisation performante et des technologies innovantes ?


Dans cette Europe de la connaissance et de l’innovation dans laquelle nos entreprises et nos institutions françaises doivent prendre leur place, nous devons encore progresser et investir. En somme mieux et plus vite transformer nos organisations par l’information et les connaissances partagées; pour construire et conduire les changements nécessaires pour cette société en réseau, de l’interaction, du « co-design » et de l’efficacité collective chaque jour plus présente. En se souvenant que tout changer, ce n’est pas tout détruire, c’est tout sauver. C’est tout le sens de la démarche entreprise par la publication de cet ouvrage. »

 

Denis Failly – L’efficacité collective est encore peu enseignée et pourtant elle ne s’improvise pas. Si les entreprises et les organisations ont bien conscience de l’enjeu, n’y a-t-il pas un risque que tout cela reste très théorique faute de compétences opérationnelles pour développer l’efficacité collective ?

Richard Collin – « Il s’agit d’un point essentiel. On aura compris que le travail collaboratif et l’efficacité collective ne sont pas obligatoires…ils sont devenus incontournables. Les communautés de métiers et de pratiques, les réseaux sociaux sont désormais reconnues comme des leviers clés pour le partage et la création de connaissances dans l’entreprise, permettant à la fois de générer de la valeur, de l’innovation et fournir des résultats mesurables pour des investissements et des coûts limités. Lorsqu’elles s’accompagnent d’un lancement réussi et d’une animation performante, les communautés et les activités en réseau ont un impact direct sur la productivité et l’efficacité globale des entreprises. Et nous n’avons pas appris à le faire de façon opérationnelle et concrète Dans notre pays, il y a encore un déficit formidable de formation et d’apprentissage organisationnel sur ces q
uestions. C’est dans ce contexte que vient de se créer l’
Académie de l’Efficacité Collective et  du Travail Collaboratif avec Grenoble Ecole de Management au sein de la Chaire « Efficacité Collective, Travail Collaboratif et en réseau, Organisations » et DEMOS, organisme leader en matière de formation. Au travers de modules spécialisés de formation, il s’agit de se donner les conditions de la réussite pour concevoir, organiser, animer et modérer une communauté et un espace collaboratif mais aussi y participer. En somme acquérir les méthodes et concepts fondamentaux pour être très opérationnel en matière de travail collaboratif ; et pour faciliter et promouvoir l’usage des pratiques collaboratives dans son environnement de travail. Il s’agit également de comprendre et mieux maitriser les impacts des évolutions technologiques sur les modes de travail »


Denis Failly – Avant d’être la résultante de solutions techniques, l’efficacité collective est avant tout affaire d’homme, en ce sens n’est-elle pas avant tout dépendante du management ?

Richard Collin -« Pour répondre, je rebondirai sur un des 2383 commentaires libres et détaillés que nous avons recueillis  » Le collaboratif est d’abord une culture. Collaborer nécessite un investissement. Dans un univers où le temps et la culture collaborative dont deux grands quasi-absents, vouloir régler le problème de la performance de l’entreprise seulement par de la technologie, est un contresens » . Il est clair que le management est essentiel ett c’est un des points exigeant à découvrir et inventer. C’est ce que fait, par exemple, l’EMSI – Grenoble Ecole de Management qui travaille sur les questions des nouvelles formes de management associés aux nouvelles technologies et aux systèmes d’information. C’est aussi l’objet du deuxième tome du Petit Précis à paraître en 2007  » Manager autrement ».

Denis Failly – Merci Richard


Bio:
Richard Collin est Fondateur et dirigeant de ICCE (Intelligence Collective, Coopération et Efficacité – International Centre for Collective Efficiency www.icce-link.com), Vice Président de l’Association Française des utilisateurs du Net et du e-business (AFNeT, www.afnet.fr), Fondateur et animateur des Rencontres Innovation, Compétitivité et Connaissances (www.rencontres-icc.com), Visiting Professor à Grenoble Ecole de Management (www.grenoble-em.com ) titulaire de la Chaire « Efficacité collective, Travail collaboratif et en réseau, Organisations innovantes » et responsable de EIKE ‘European Institute for the Knowledge Economy », Richard COLLIN, pionnier et praticien du travail collaboratif et des organisations en réseau, est un expert et consultant international reconnu qui accompagne, conseille, coache et forme les entreprises, les institutions, les territoires et les hommes dans leur évolution et leur transformation compétitive vers la société en réseau et l’économie de la connaissance.
Contact : collin@icce-link.com

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